Disc, de la méth.^ 3^ part., ï, 146, sqq
« temps quelques heures que j'employais particulière- « ment à la pratiquer en des difficultés mathématiques, « et même en quelques autres que je pouvais rendre « quasi semblables à celles des mathématiques, en les « détachant de tous les principes des autres sciences « que je ne trouvais pas assez fermes, comme vous ver^ « rez que j'ai fait en plusieurs qui sont expliquées en ce « volume ^ » Ce n'est pas encore la prodigieuse activité scientifique d'où vont sortir, à partir de 1629, le traité du Monde^ le Discours de la méthode^ la Dioptrique^ les Météores^ la Géométrie et plus tard les Principes. Ce n'est pourtant pas simplement une époque de recueillement et de purification intellectuelle. Descartes n'a pas seulement affaire à d'anciennes façons de penser dont il se délivre peu à peu; déjà il abonde en pensées nouvelles, vérités mathématiques d'abord, puis vérités d'une autre espèce, au signalement desquelles il est impossible de ne pas reconnaître des vérités physiques. Que seraient en effet ces difficultés, qu'il parvenait à rendre quasi semblables à celles des mathématiques, et qu'il traitait en les détachant des principes incertains des autres sciences? Descartes, avant 1629, c'est-à-dire avant d'avoir pris parti sur les questions métaphysiques, avait donc conçu et commencé à construire une physique indépendante, aux procédés mathématiques. D'ailleurs ses biographes en contiennent. D'après Ghanut, un de ses exécuteurs testamentaires, celui-là même qui le poussa à venir en Suède, dès 1620