Disc, de laméth.^ '6« part., I
il aurait eu l'idée d'une alliance des mathématiques et de la physique. Mais, sans remonter si haut, il est certain qu'avant sa retraite en Hollande, c'est-à-dire avant 1629, il avait reconnu, sans avoir encore abordé la métaphysique, les vrais principes de la physique. C'est à la suite d'entretiens avec le cardinal de Bérulle qu'il se livra définitivement et tout entier à la philosophie, et que, pour y vaquer, il fit retraite dans un pays où, plus qu'en France, il serait en repos. Or voici comment Baillet parle, d'après les mémoires manuscrits de Claude Clerselier, des confidences par lesquelles Descartes répondit aux exhortations du cardinal de Bérulle : « Il lui fit en- « trevoir les suites que ces pensées pourraient avoir si « elles étaient bien conduites, et l'utilité que le public « en retirerait si l'on appliquait sa manière de philosoft pher à la médecine et à la mécanique, dont l'une pro- « duirait le rétablissement et la conservation delà santé, « l'autre la diminution et le soulagement des travaux des a hommes. » Et quelques hgnes plus loin Baillet ajoute : « Jusque-là, il n'avait encore embrassé aucun parti dans « la philosophie ' . » Descartes entrevoyait donc déjà quelques-unes des plus lointaines applications de sa physique. Gomment dès lors douter qu'il n'en possédât pas encore les principes générateurs? D'autres faits d'ailleurs, et plus précis, viennent à l'appui de cette conclusion. Les premières et les principales découvertes de Descartes en physique sont relatives à la lumière. Or nous Hsons dans Baillet que, durant les années 1627
d. La vie de M. Desc, II, 14.
et 1628, M. Mydorge lui fit tailler à Paris des verres pour des lunettes et des miroirs, et que ^ rien au monde « ne lui fut plus utile pour connaître et pour expliquer, K comme il a fait depuis, dans sa Dioptrique^ la na- « ture de la lumière, de la vision et de la réfraction, a M. Mydorge lui en avait fait faire de paraboliques et « d'hyperboliques, d'ovales et d'elliptiques. Ce qui fut « d'un secours merveilleux à M. Descartes, non seule- « ment pour mieux comprendre qu'il n'avait fait jus- « qu'alors la nature de l'ellipse et de l'hyperbole, leurs « propriétés touchant les réfractions, la manière dont on « doit les décrire, mais encore pour se confirmer « dans plusieurs belles découvertes qu'il avait « déjà faites auparavant touchant la lumière « et les moyens de perfectionner la vision ' . » Quelle autre preuve faudrait-il que les lois principales de l'optique, lesquelles, en son système, supposent connues les lois primitives de la matière, avaient été trouvées par Descartes avant 1629^?
Mais venons à des raisons d'un autre ordre. Dans le traité du Monde, dans le Discours de la méthode^ dàïïsles Principes, Descartes asseoit sa physique sur sa