Méd., I
Sur ce point, Descartes n'a pas varié, a Quelqu'un, dit-il « dans les Principes^ pourra demander d"où j'ai appris « quelles sont les figures, grandeurs et mouvements « des petites parties de chaque corps ; je réponds que j'ai « premièrement considéré en général toutes les notions « claires et distinctes qui peuvent être en notre enten- « dément touchant les choses matérielles, et que n'en « ayant point trouvé d'autres, sinon celles que nous « avons des figures, des grandeurs et des mouvements, a et des règles suivant lesquelles ces trois choses peu- <c vent être diversifiées l'une par l'autre, lesquelles règles « sont les principes de la géométrie et de la mécanique, « j'ai jugé qu'il fallait nécessairement que toute la con- « naissance que les hommes peuvent avoir de la nature « fût tirée de cela seul, pour ce que toutes les autres « notions que nous avons des choses sensibles, étant «' obscures et confuses, ne peuvent servir à nous don- « ner la connaissance d'aucune chose hors de nous, « mais plutôt la peuvent empêcher * . »
Les principes de la physique, à savoir cette double affirmation que toute chose sensible est composée d'étendue figurée, et que toute affection de la matière revient au mouvement, sortent donc de la méthode, et cela directement, sans aucun circuit de pensée. De là cette forme mathématique de la physique cartésienne ; de là cette déduction qui s'étend graduellement vers des phénomènes de plus en plus particuliers, faisant pénétrer partout avec elle les clartés et les nécessités de la