‹ DescartesChapitre 59 sur 172 · La vie de M. Besc, H · texte numérisé non relu

La vie de M. Besc, H

3. Cf. Baiilet, La vie de M. Besc., II, G. ■4. Bise, de la méth., 3" part., 1, Ml.

contraires aux texte des livres sacrés, ne se fût pas accommodée d'un système de physique uniquement fondé sur les mathématiques? Le prêtre Gassendi ne conciUait-il pas alors avec les exigences de sa foi et de sa profession les théories atomistiques d'Épicure, comme de nos jours le P. Secchi le mécanisme le plus absolu?

Comment alors s'expliquer ce recours superflu à la métaphysique? Descartes n'a pas été sans voir, les textes cités plus haut le prouvent, que les principes de sa physique venaient naturellement de sa méthode. Pourquoi donc leur a-t-il en même temps assigné, à quelques-uns du moins, une autre origine? Pour le comprendre, il faut ne pas oubher que, d'intention première, Descartes est un métaphysicien. De nos jours, la science et la métaphysique ne se confondent plus; elles occupent des domaines séparés et emploient des procédés distincts pour répondre à des questions difTérentes : quelles sont les lois des phénomènes, quelles en sont les premières causes? les solutions de l'une sont indépendantes des solutions de l'autre. Au temps de Descartes, ce départ entre la recherche des lois et celle des causes premières n'était même pas entrevu; les questions se posaient encore comme au temps de la sagesse antique ; l'explication de l'univers n'était pas scindée, et une science qui n'eût pas tenu au principe premier des choses eût semblé chimérique et ruineuse. Pourtant les voies ouvertes par Descartes aboutissaient logiquement à cette séparation. Si, en etTet, le vrai se reconnaît à la clarté et à la distinction, si les notions que nous avons des choses extérieures recèlent comme éléments simples,

irréductibles, clairs et distincts, vrais par conséquent, les notions de l'étendue figurée et du mouvement, quel autre fondement faut-il chercher à la science de la nature? Descartes réagit donc, d'une façon sans doute inconsciente, contre les tendances et la logique de sa méthode lorsqu'il incorpore sa physique à sa métaphysique; ses instincts unitaires se prêtaient mal à expliquer le monde en partie double, ici par les lois, là par les causes. Aussi fait-il effort pour effacer une distinction qu'avec plus de docilité aux enseignements de sa méthode il eût avouée et accentuée, et à peine a-t-il établi, sur la foi de la clarté et de la distinction qui lui apparaissent en elles, les lois générales du mouvement, qu'il les fait dépendre de l'idée du premier principe des choses. Reconnaissons-le, cependant, ce recours à l'idée de Dieu a moins pour but de poser de nouvelles prémisses à la mécanique universelle que de fournir, aux principes scientifiques d'où elle émane , une caution "^ métaphysique. En ce sens, et malgré les apparences, Descartes n'a ni méconnu ni compromis l'indépendance de la physique, que pour la première fois sa méthode établissait soUdement.

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