‹ DescartesChapitre 6 sur 172 · Bise, de la méth., 2* part., I, lil · texte numérisé non relu

Bise, de la méth., 2* part., I, lil

B^gulie ad directionem ingenii^ où son empreinte est si fortement marquée. Sans doute les règles du Discours énoncent les prescriptions maîtresses de la méthode : n'admettre pour vrai que ce qui est évident, c'est-à-dire éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et ne rien comprendre de plus en ses jugements que ce qui apparaît si clairement et si distinctement qu'on n'ait aucune raison de le mettre en doute ; diviser chacune des difficultés qui se présentent en autant de parties qu'il se peut et qu'il est requis pour les mieux résoudre; conduire par ordre ses pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus faciles à 'connaître, pour s'élever peu à peu, comme par degrés, jusqu'à la connaissance des plus composés; faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales, que l'on soit assuré ^e n^avoir omis rien \ — Mais que de questions soulevées par l'obscure simplicité de ces formules ! Qu'est-ce que la clarté et la distinction? Gomment les discerner? Quelles sont les choses claires et distinctes? D'où tirent-elles la force de résister aux plus puissantes raisons de douter? Pourquoi la division éclaircit-elle l'obscurité des questions composées? Où doit-elle tendre? Où doit-elle s'arrêter? Pourquoi, d'autre part, dans l'enchaînement des questions, aller du simple au composé? Quels liens rattachent les problèmes les plus complexes aux questions les plus aisées à connaîti'e? De ces brefs énoncés ne se dégagent nettement ni l'unité de la méthode, ni la pensée qui en

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