Disc, de la méth., 6e part., I
2. Cf. Baillet, La vie de M. Desc, liv. II. Cf. Disc, de la méth., i'» part., I, 131.
ce l'ardeur qu'il avait pour cette connaissance le faisait « presque aller tous les jours chez un boucher pour lui « voir tuer les bêtes, et que de là il faisait apporter dans « son logis les parties de ces animaux qu'il voulait « anatomiser plus à loisir. Il en usa de même très sou- « vent, dans tous les autres lieux où il se trouva depuis, « ne croyant pas qu'il y eût rien de honteux pour lui, « ni rien d'indigne de sa condition dans une pratique « qui était très innocente en elle-même et qui pouvait « devenir très utile dans ses effets *. »
Les relations de quelques-unes de ces expériences nous ont été conservées. Elles attestent à quel point ce mathématicien, épris de la méthode à "priori^ était un observateur attentif et scrupuleux de la nature. Il dissèque des fœtus de veaux et d'oiseaux à divers stades de leur développement, et, s'il ne crée pas l'embryologie, il la pressent du moins ^. Le premier peut-être il pratique la vivisection et cherche les secrets de la vie, non sur le cadavre inerte, mais dans l'animal vivant : « Après avoir ouvert la poitrine d'un lapin vivant et en « avoir de part et d'autre rangé les côtes, en sorte que « le cœur et le tronc de l'aorte se voyaient facilement, j'ai « lié avec un fil l'aorte assez loin du cœur et l'ai séparée « de toutes les choses auxquelles elle touchait, afin « qu'on ne pût soupçonner qu'il n y entrât des esprits « et du sang d'ailleurs que du cœur; ensuite je l'ai « ouverte avec une lancette entre le cœur et la ligature, a et j'ai vu manifestement que, dans le même temps que