‹ DescartesChapitre 66 sur 172 · Priticip., liv. Il, art. 4(3, sqq; 111, 160 sqq · texte numérisé non relu

Priticip., liv. Il, art. 4(3, sqq; 111, 160 sqq

« quoi consistent ces deux qualités d'être dur et d'Mre « liquide. »

Telles sont les lois qui doivent expliquer le monde et ses phénomènes.

Or, suivant la remarque de Descartes lui-même, ces principes sont si « amples qu'on en peut déduire beaucoup « plus de choses que nous n'en voyons dans le monde, « et même beaucoup plus que nous n'en saurions par- « courir par la pensée dans tout le temps de notre « vie. » La déduction pourrait donc s'égarer et porter l'esprit vers un monde différent du nôtre. Descartes la prémunit contre toute fausse route, en demandant à l'observation les problèmes à résoudre. C'est ainsi qu'il décrit le soleil, la terre, la lune, les apparences et les principaux phénomènes des astres; et les problèmes ainsi posés, la déduction s'en empare et les résout, et à mesure qu'elle avance, à mesure que des voies plus nombreuses s'ouvrent devant elle, de nouvelles questions lui sont posées par l'expérience.

Ces remarques vont nous expliquer pourquoi Descartes, de 1629 à 1637, se contente d'expériences générales, et pourquoi plus tard, en 1644, il déclare, dans la préface des Prmcipes^ avoir laissé, sans les résoudre, un grand nombre de questions, faute d'expériences suffisantes. « Je vous remercie, écrit-il à Mersenne « en 1629, des autres remarques que vous m'écrivez « touchant les couronnes (que l'on voit autour de la (( flamme d'une chandelle), et vous m'obligerez de con- « tinuer de m'écrire ce que vous jugerez de plus re- « marquable touchant quoi que ce soit de la nature, mais

ROLE DE L'EXPÉRIENCE DANS LA PHYSIQUE lvî5

« principalement des remarques universelles et que tout « le monde peut expérimenter, qui sont celles dont j'ai a entrepris de traiter K » De même, on lit dans le Discours de la méthode : « Mais je remarquai, touchant « les expériences, qu'elles sont d'autant plus néces- « saires qu'on est plus avancé en connaissance, car, « pour le commencement, il vaut mieux ne se servir <« que de celles qui se présentent d'elles-mêmes à nos « sens, et que nous ne saurions ignorer, pour peu « que nous y faisions tant soit peu de réflexion, que « d'en chercher de rares et étudiées ^ » La déduction procède du général au particulier; les faits dont l'explication s'impose tout d'abord à une physique déductive doivent être par conséquent les plus généraux de tous; des principes universels aux faits les plus particuliers, il y a un abime qui doit être comblé peu à peu par les progrès de la déduction. Mais, à mesure que celle-ci avance, les problèmes deviennent moins généraux; si le nombre des faits à expliquer s'accroît, le champ de chaque explication se restreint. Ainsi, dans les Principes ^ à la théorie de la formation des cieux, du soleil, de la terre, de la lune, succède l'explication des phénomènes dont nous sommes les témoins sur la terre, la pesanteur, la lumière, la chaleur, le flux et le reflux de la mer, les sucs, les essences et les huiles, les vapeurs et les exhalaisons, la distribulion des métaux, les tremblements de terre, la foudre

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