Princip., liv. lil
et les éclairs, les propriétés des différents corps, les efTets du feu, les propriétés des corps transparents, celles de l'aimant, etc. A chaque pas, le cercle se rétrécit ; les routes où la déduction peut s'engag-er s'entre-croisent plus nombreuses, et par suite les expériences à instituer pour poser les questions deviennent de plus en plus éloignées de ces observations générales ouvertes à tous.
Mais l'office de l'expérience, dans la physique cartésienne, ne consiste pas seulement à présenter les faits à la déduction qui doit les expliquer, et, suivant une heureuse parole de Descartes lui-même, à venir au devant des causes par les effets K Elle est aussi l'un des facteurs delà certitude scientifique. On ne peut que s'en étonner au premier abord. Descartes ne refuse-t-il pas tout crédit à ce qui vient des sens? N'est-il pas constamment obsédé par l'idée d'édifier la théorie entière du monde extérieur avec les seules notions de l'entendement? Ne fait-il pas de l'évidence, cette marque de la certitude, le monopole exclusif de la clarté intellectuelle, tout à fait étrangère à l'obscurité des choses sensibles? Pourtant, tout en ne voyant dans la nature que nombres, figures et mouvements, il a plus d'une fois invoqué les vérités de fait, et ici, par cette expression, nous n'entendons pas seulement cette primitive expérience de nous-mêmes, par laquelle nous saisissons tout ensemble notre pensée et notre existence, et qu'exprime le Cogito ergo sum mais les faits de l'ordre extérieur et physique. Ne dit-il