‹ DescartesChapitre 68 sur 172 · Disc, de la méth., 6« part., I · texte numérisé non relu

Disc, de la méth., 6« part., I

pas dans son Traité de la forînation du fœtus : « Et, bien que je n'aie pas voulu jusqu'ici entreprendre « d'écrire mon sentiment touchant cette matière, à « cause que je n'ai pu encore faire assez d'expériences « pour vérifier par leur moyen toutes les pensées que « j'ai eues...? » Ne déclare-t-il pas d'une façon plus explicite encore, en répondant aux objections de Fromondus, qu'il a voulu se servir d'une façon de philosopher où nulle raison n'est admise qui ne soit mathématiquement évidente et dont les conclusions sont toutes appuyées sur des expériences très certaines ^? N'invoquet-il pas les faits les plus familiers, tels que la dissemblance de la parole et des idées qu'elle signifie, pour établir sa thèse favorite et fondamentale de la différence essentielle des sensations et des choses senties ~? Enfin ne va-t-il pas jusqu'à écrire à M*** que, si l'Église rejette le système de Tycho et de Gahlée, elle ne pourra jamais contraindre les esprits à revenir à celui de Ptolémée, « vu qu'il est manifestement contraire à l'expérience ^ » Voilà donc l'expérience érigée, ce semble, en juge, ou du moins en caution delà validité des découvertes scientifiques. Gomment s'expliquer cette apparente infidélité à une méthode dont l'essence est de n'ajouter foi qu'à l'évidence mathématique et rationnelle?

Pour s'en rendre compte, le mieux est, croyons-nous, de considérer la procédure actuelle des sciences expé-

Page 1