‹ DescartesChapitre 73 sur 172 · e Méd., I · texte numérisé non relu

e Méd., I

2. Rcp. aux objcct., I, 467 : « Les raisons de douter qui sont ici reçues pour vraies par ce philosophe (Hobbes) n'ont été proposées par moi que comme vraisemblables. »

3. « Pour ce qui concerne les idées, si on les considère seulement en elles-mêmes et qu'on ne les rapporte point à quelque autre chose, elles ne peuvent, à proprement parler, être fausses. » {S^Méd.. I, 2(57.) — « Je n'ai nié que les préjugés, et non point les notions, qui se connaissent sans aucune affirmation ni négation. » {Rép. aux objcct. , II, 306.)

LiARD. — DESCARTES. 10

est dans leur nature. L'idée est, en effet, « cette forme de « cliaciine de nos pensées^ par la perception immédiate de « laiiuelle nous avons connaissance de ces mêmes pence sées '. » Simple état de conscience, l'idée est réelle à ce titre; mais on ne saurait dire qu'elle est, en elle-même, vraie ou fausse; ce qui est vrai ou faux, c'est le jugement par lequel nous affirmons ou nions qu'elle exprime ou non une réalité. 11 peut se rencontrer cependant en elle « une certaine fausseté matérielle, à savoir lors- « qu'elle me représente ce qui n'est rien comme si « c'était quelque chose ^; y> mais, au fond, cette représentation eiTonée est un jugement implicite. Ainsi toutes les notions sont hors de cause; elles ne sauraient par elles-mêmes nous induire en erreur; l'idée d'un centaure ou d'une chimère n'est ni moins vraie ni plus fausse que celle d'un triangle ou de Dieu, puisqu'elles sont également considérées « seulement en elles-mêmes, « et qu'on ne les rapporte point à quelque autre chose ^ » Descartes ne se demande pas si les liaisons par lesquelles soLit unis les divers éléments d'une notion complexe ne reposent par sur des jugements susceptibles de vérité ou de fausseté, et si, par suite, la possibilité de l'erreur n'est pas introduite dans les idées elles-mêmes. Pour lui, l'erreur ne devient possible qu'avec le jugement exprimé. Toutes les idées sont ainsi soustraites en bloc aux prises du doute.

Puisque les jugements seuls, et non pas les idées qu'ils

i.Rép. aux object., 1. 452.

Page 1