‹ DescartesChapitre 74 sur 172 · Mcd., I · texte numérisé non relu

Mcd., I

assemblent, sont sujets à l'erreur, les jugements seuls seront l'objet du doute. Mais il en est de deux sortes : les uns par lesquels j'affirme ou nie « que les idées qui sont « en moi sont semblables et conformes à des choses qui « sont hors de moi ' ; » les autres par lesquels j'unis des notions, sans affîrnier ou nier que ces liaisons correspondent à quelque réalité hors de moi \ Ainsi, quand je me représente une tour ou une montagne, quand je conçois un triangle ou un nombre, je juge que c'est idées de choses réelles, et non pas simplement représentations ou conceptions dans mon esprit; mais je puis aussi penser que les trois angles d'un triangle valent deux droits, que 3 et 2 font 5, sans assurer, pour cela, qu'il y ait au monde aucun triangle, aucun nombre. En d'autres termes, de mes jugements, les uns sont objectifs, les autres subjectifs; dans un cas, je juge que mes idées concordent avec quelque chose de réel; dans l'autre, je juge seulement qu'elles s'accordent avec elles-mêmes. Le doute méthodique trappe-t-il d'interdit ces deux catégories de jugements, ou seulement l'une ou l'autre?

Les remarques plus haut faites sur l'instant et la façon dont se pose, dans la philosophie cartésienne, le pr/)blème de la certitude, nous font déjà présumer que la réalité de choses correspondant à nos idées est d'abord mise en cause. L'examen des textes confirme cette présomption.

C'est d'abord les représentations sensibles qui sont

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