‹ DescartesChapitre 75 sur 172 · Diic. de la méth · texte numérisé non relu

Diic. de la méth

appelées à produire leurs titres à la créance. Elles sont toutes rejetées pour deux raisons : en premier lieu les erreurs des sens, puis l'absence d'une distinction nettement tranchée entre la veille et le sommeil. Les sens m'ont trompé souvent. Quelle garantie peuvent-ils produire de ne pas me tromper toujours? Les images qu'ils me présentent comme des réalités, dans l'état de veille, se représentent à moi dans les fantaisies de mes songes. Qui m'assure alors qu'elles n'étaient pas aussi, dans le premier cas, de pures illusions '? On dira peut-être qu'à tout le moins les images sont faites de matériaux empruntés à la réalité, comme les tableaux les moins semblables à des choses existantes sont composés cependant à l'imitation de choses réelles, des yeux, des mains, des corps, des couleurs et des ombres. Mais que sont ces éléments de nos représentations, sinon des représentations encore, c'est-à-dire des images peut-être factices et illusoires^? Nous douterons donc, en premier lieu, si, — « de toutes les choses qui tombent sous nos sens ou que « nous avons jamais imaginées, il y en a quelques-unes « qui soient véritablement dans le monde \ » Voilà donc exclues de la créance toutes les sciences qui se rapportent à la réalité extérieure, et « dépendent de la considération des choses composées *. » •

Mais ces choses composées se représentaient à moi par des images obscures et confuses. Or ces repiosen-

4. Cf. Disc, de la méth., 4.e part., I, VÔ7 ; l^e Mcd., I, 237.

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