l>-e Méd., I
tations recèlent des éléments simples et universels, « du mélans^e desquels, ni plus ni moins que de celui de quelques véritables couleurs, toutes ces images des choses qui résident en notre pensée, soit vraies et réelles, soit feintes et fantastiques, sont formées*. » Si donc les choses sensibles, représentées par des images, sont obscures et confuses, douteuses par conséquent, la clarté des éléments intelligibles dont elles sont composées n'est-elle pas la marque cherchée de la réalité? Je devrais donc douter des choses extérieures telles qu'elles apparaissent à mes sens, mais croire à la réalité des facteurs intelligibles qui les composent. Le monde réel serait alors un monde purement géométrique et mécanique, obscur et silencieux, confus aux sens, clair à l'entendement, et les sciences qui, comme « l'arith- « métique et la géométrie, ne traitent que des choses « fort simples et fort générales ^ », seraient invinciblement vraies. Ainsi, la clarté des notions mathématiques, voilà, ce semble, une barrière infranchissable au doute, et le signe cherché de la vérité objective.
Descartes paraît s'être un instant arrêté devant ces considérations. Ne répugnait-il pas à son génie mathématique de traiter en chimères ses objets ftivoris? Pouvait-il méconnaître la réahté des figures étendues, ■ des nombres, du temps, de l'espace et du mouvement? Pouvait-il ne pas se rendre à la clarté souveraine de ces notions? Pourtant, par un dernier scrupule, et comme poussé aux extrêmes par un parti pris irrévocable, il