Ire Méd., I
3. Le doute cartésien porte tout d'abord sur la réalité de choses correspondant à nos idées, et non pas sur les idées elles-mêmes. Aux
Le doute va respecter au moins, ce semble, ceux de nos jugements par lesquels nous unissons nos idées, « sans nous inquiéter de savoir si elles sont dans la na- « ture ou si elles n'y sont pas*. » Ces liaisons dérivent en effet de l'essence même des idées accouplées. Une fois le sens de 2, de 3 et de o clairement entendu, comment douter que 3 et 2 Fassent 5? Une fois donnée l'essence du triangle, comment douter que ses trois angles équivalent à deux droits ? Le triangle aura toujours certaines propriétés nécessaires, « encore qu'il n'y ait peut-être en (( aucun lieu du monde, hors de ma pensée, une telle « figure, et qu'il n'y en ait jamais eu 2, » De tels jugements contiennent donc « quelque chose de certain et
preuves qui précèdent, on peut ajouter les textes suivants, dont le sens esl des plus clairs : « Nous douterons en premier lieu si de foutes les choses qui sont tombées sous nos sens, ou que nous avons jamais imaginées, il y en a quelques-unes qui soient véritablement dans le monde. » {Princip., liv. !*■■•, art. 4, III.) — « Jusqu'à cette heure, ce n'a point été par un jugement certain et prémédité, mais seulement ])ar une aveugle et téméraire impulsion, que j'ai cru qu'il y avait des choses hors de moi et dilïerentes de-mon être. » S'^ Méd^, I, 272. — A la même page Descartes fixe en ces termes le but à atteindre : « Rechercher si, entre les choses dont j'ai en moi les idées, il y en a quelquesunes qui existent hors de moi. » — I/auteur des troisièmes objections ne s'est pas mépris sur le caractère objectif du doute cartésien. « Il pai'ait assez, dit-il, par co qui a été dit dans cette méditation, qu'il n'y a point de marque certaine et évidente par laquelle nous puissions reconnaître et distinguer nos songes d'avec la veille et d'avec une vraie perception des sens; et, partant, que ces images ou ces fantômes que nous sentons étant éveillés, ni plus ni moins que ceux que nous apercevons étant endormis, ne sont point des accidents attachés à des objets extérieurs et ne sont jioint des preuves suftisitntes pour montrer que ces objets extérieurs existent véritablement. » [Object., I, 466.)