‹ DescartesChapitre 8 sur 172 · ReguL, Reg. 4, XI · texte numérisé non relu

ReguL, Reg. 4, XI

2. ReguL, Reg. 2, XI, 207 : « Rejetons, continue Descartes, foutes les connaissances qui ne sont que probables. » Il en résulte que, dès ' l'entrée de la méthode, l'arithmétique et la géométrie sont seules tenues pour sciences véritables, « car elles seules ont des objets si simples ei si clairs qu'il n'est besoin de rien supposer qui puisse être révoque en doute par l'expérience, et qu'elles consistent uniquement dans des conséquences liées ensemble par la voie du raisonnement, s

D'après Descartes, toutes les connaissances ne sont pas de même ordre; il en est de relatives, il en est d'absolues. L'absolu, « c'est tout ce qui contient en soi « la nature pure et simple que l'on cherche. » Le relatif, c'est ce qui participe de la nature de l'absolu et en dérive '. Tels sont, par exemple, la cause et l'effet, l'égal et l'inégal, l'un et le multiple. Bien que corrélatifs, ces termes accouplés sont, l'un absolu, l'autre relatif; ainsi a cause est absolue par rapport à l'effet, l'égal par rapport à l'inégal, l'unité par rapport à la multiplicité, car, sans la cause, l'égal et l'unité, l'effet, l'inégal et le multiple ne seraient pas connus. Ainsi l'absolu est connu par soi, le relatif est connu par l'absolu.

De là, le signe auquel ils se discernent l'un de l'autre. En tout ordre de connaissances, le relatif, c'est ce qui peut être décomposé et réduit à des éléments plus simples. L'absolu, c'est le résidu simple qui résiste à la décomposition, c'est tout ce dont « la connaissance est « si claire et si distincte que l'esprit ne le puisse diviser « en un plus grand nombre d'autres choses dont la con- « naissance soit encore plus distincte ^ » Telles sont, dans les choses matérielles, les notions de la figure, de l'étendue et du mouvement; dans les choses intellectuelles, connues par la lumière intérieure, sans le secours d'aucune image corporelle, les notions de la connais-

1. Reytil. , reg. 6, XI, 227. A la définition du relatif, Dcscartes ajoute : « Les choses relatives s'éloignent d'autant plus des choses absolues, qu'elles contiennent plus de rapports subordonnés les uns aux autres. »

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