Princip., liv. I-^^ art. 5, III
3. Prbicip., liv. 1er, a,.t, g^ m^Qn ; Cf. Disc, de la méth., 4* part., 1, 157.
4. « Après avoir reconnu qu'il y a un Dieu, pour ce qu'en même temps j'ai reconnu aussi que toutes choses dépendent de lui, et qu'il n'est point trompeur, et qu'ensuite de cela j'ai jugé que tout ce que je conçois clairement et distinctement ne peut, manquer d'être vrai, encore que je ne pense plus aux raisons pour lesquelles j'ai jugé cela
puissant n'a-t-il pas fait « que je me trompe aussi toutes « les fois que je tais radclition de 2 et de 3, ou que je « nombre les côtés d'un carré, ou que je juge de quelque « chose plus facile, si l'on se peut imaginer rien de plus (( facile que cela '? » — « S'il a permis que nous soyons « trompés quelquefois, ainsi qu'il a été déjà remarqué, « pourquoi ne pourrait-il pas permettre que nous nous « trompions toujours? Et si nous voulons feindre qu'un « Dieu tout-puissant n'est pas l'auteur de notre être, et « que nous subsistons par nous-mêmes ou par quelque « autre moyen, de ce que nous supposons cet auteur
être véritable, pourvu seulement que je me ressouvienne de l'avoir clairement et disUnctement compris, on ne me peut aj3porter aucune raison contraire qui me le fasse jamais révoquer en doute. » (5« Méd.^ I, 320.) — « Il y a d'autres choses que notre entendement conçoit aussi fort clairement, lorsque nous prenons garde de près aux raisons d'où dépend leur connaissance, et pour ce que nous ne pouvons pas alors en douter; mais, parce que nous pouvons oublier ces raisons et cependant nous ressouvenir des conclusions qui en ont été tirées, on demande si l'on peut avoir une ferme et immuable persuasion de ces conclusions, tandis que nous nous ressouvenons qu'elles ont été déduites de principes très évidents... Et je réponds que ceux-là en peuvent avoir, qui connaissent tellement Dieu qu'ils savent qu'il ne se peut pas faire que la faculté d'entendre qui leur a été donnée par lui ait autre chose que la vérité pour objet, mais que les autres n'en ont point.' » {Rép. aux object., I, 4-35.) — « Il suffit que nous nous ressouvenions d'avoir conçu une chose clairement pour être assurés qu'elle est vraie, ce qui ne suffirait pas, si nous ne savions que Dieu existe et qu'il ne peut être trompeur. » {Rép. aux object.. II, 7.^.)
1. li-e Méd., I, 241. — Cf. 3e Méd., I, 265 : « Lorsque je considérais quelque chose de fort simple et de fort facile touchant l'arithmétique et la géométrie, par exemple que 2 et 3 joints ensemble produisent le nombre de 5, et autres choses semblables, ne les concevais-je pas au moins assez clairement pour assurer qu'elles étaient vraies? Certes, si j'ai jugé depuis qu'on pouvait douter de ces choses, ce n'a point été pour autre raison que parce qu'il me venait dans l'esprit que peut-être quelque Dieu avait pu me donner une telle ^nature que je me trompasse même touchant les choses qui me semblent les plus manifestes. »
I,>i LA MÉTAPHYSIQUE
« moins puissant, nous aurons toujours d'autant plus de <( sujet do croire que nous ne sommes pas si parfaits que '( nous ne puissions être continuellement abusés '. »
Le doute n'épargne donc aucune vérité; les jugements objectifs et les jugements subjectifs y succombent tour à tour. Que laisse-t-il dans l'esprit, après avoir été, à deux reprises, porté au comble par l'intervention paralogique de Dieu? Des images et des idées sans liaison. La mémoire retient les matériaux de la science; mais toute science, toute logique même ont disparu ; plus de croyance à la réalité des choses; plus de croyance à la nécessité des rapports qui dérivent de l'essence des idées. Si ce n'est pas, comme on l'a dit souvent, le vide de l'esprit, c'en est la dissolution ; ce serait même, à la rigueur, la ruine de la vie consciente, car la conscience devrait naître et mourir avec chacune de ces notions désunies, flottant comme au hasard, desquelles on ne saurait même pas dire qu'elles se succèdent, car la succession implique le temps, et le temps est une liaison Mais^ ne l'oublions pas, un tel doute est une hyperbole métaphysique, et, d'ailleurs, de l'extrémité du mal va sortir le remède.
i . « Nous avons ouï dire que Dieu, qui nous a créés, peut faire tout, ce qu'il lui plaît, et... nous ne savons pas encore si peut-être il n'a point voulu nous faire tels que nous soyons tonioiirs trompés, même dans les choses que nous pensons le mieux connaître. » (Princip., liv. le, art. 5, III, 6S.)