‹ DescartesChapitre 82 sur 172 · eJ/M., I · texte numérisé non relu

eJ/M., I

parlic de la question sera résolue, si, parmi nos idées, il en est une au moins à laquelle l'existence soit attachée d'une manière indissoluble, et si ce fait nous fournit un signe, exempt d'incertitude, pour reconnaître d'autres existences.

Faisons donc la revue de ces idées que le doute n'atteint pas. — Il est une existence dont elles témoignent toutes sans exception : c'est ma propre existence. J'entends, je conçois, j'affirme, jenie, je veux, je ne veux pas, j'imagine, je sens ' ; peut-être rien ne répond, hors de moi, à ces divers sentiments; mais du moins, moi qui les éprouve, je suis; chacun d'eux est un état défini de conscience, qui implique mon existence; je pense, c'est-àdire j'ai conscience ; donc je suis : Cogito ergo sum \ Je puis supposer qu'il n'y a pas de Dieu, pas de ciel, pas de terre, pas de corps, pas d'étendue, pas de nombres réels ; une répugnance invincible m'empêche de « con~ « cevoir que ce qui pense n'est pas véritablement en « même temps qu'il pense ^ » — « Cette proposition : je « suis, j'existe, est nécessairement vraie toutes les fois « que je la suppose ou que je la conçois en mon « esprit *. » Le doute même qui la suppose la prouve. « J'étais sans doute, si je me suis persuadé ou seule- (( ment si j'ai pensé quelque chose ^ » Aucune raison de douter ne peut rompre cette liaison de l'cxisteucc et

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