‹ DescartesChapitre 83 sur 172 · M éd., I · texte numérisé non relu

M éd., I

n. !2= MeU., 1, 248.

de la conscience, car chaque raison de douter est une conception, une idée, un état de conscience, un témoin par conséquent de mon existence. La pensée d'un malin génie, ou d'un Dieu trompeur qui m'abuserait, est sans force contre elle. Ne serais-je pas, en effet, par cela même que je serais abusé ^? Ainsi, dans le fait de la pensée, la conscience et l'existence sont invinciblement unies l'une à l'autre.

Mais quelle est la nature du lien qui les unit? Est-ce par un raisonnement que du fait de ma pensée je conclus le fait de mon existence? Dans ce cas, avant d'avoir la certitude que je suis, je devrais être certain de quelque principe, tel que : Pour penser il faut être^ que j'appliquerais, comme un cas particulier, au fait de ma pensée. Mais, si Descartes a parfois placé de tels principes dans les réserves de la pensée soustraites au doute, il reconnaît « que ce sont là des notions si simples que « d'elles-mêmes elles ne nous font avoir la connaissance « d'aucune chose qui existe \ » D'ailleurs il professe, en plus d'une rencontre, que le général, loin de précéder le particuher, en procède. Ainsi, répondant aux deuxièmes objections, il se défend d'avoir déduit par syllogisme son existence de sa pensée. Car alors il aurait dû connaître auparavant cette majeure : Tout ce qui pense est ou existe. Or cette proposition, au lieu d'être antérieure à la connaissance qu'il a de lui-même, lui est « ensei-

1. 2« Méd., I, 248 : « Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui etnpioie toute son industrie à me tromper toujours. 11 n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe. »

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