‹ DescartesChapitre 84 sur 172 · Princip., liv. I*--, art. 10; UI · texte numérisé non relu

Princip., liv. I*--, art. 10; UI

« guée de ce qu'il sent en lui-même qu'il ne se peut « pas faire qu'il pense s'il n'existe. » — « Car, ajoute-t-il, (c c'est le propre de notre esprit de former les proposi- « tions générales de la connaissance des particulières '. » La même objection est reproduite par un autre adversaire; elle provoque une semblable réponse. « L'erreur « qui est ici la plus considérable est que cet auteur « suppose que la connaissance des propositions parti- « culières doit toujours être déduite des universelles, « suivant l'ordre des syllogismes de la dialectique, en « quoi il montre savoir bien peu de quelle façon la « vérité se doit chercher, car il est certain que, pour la « trouver, on doit toujours commencer par les notions « particulières pour venir après aux générales, bien « qu'on puisse aussi réciproquement, ayant trouvé les « générales, en déduire d'autres particulières ^ » Ce n'est donc pas « par la force de quelque syllogisme que « l'existence est unie à la pensée consciente ^ ».

Est-ce par l'analyse de la pensée? Pas davantage. Il est ici digne de remarque que par pensée Descartes n'entend nullement la pensée nue et abstraite, une sorte de puissance qui ne serait pas encore passée à l'acte. La pensée est pour lui tout fait défini et concret de conscience, un désir, une notion, une volonté, une affirmation, une négation, une image, le sentiment même d'un de ces faits qu'avant le doute nous rapportions au corps. En ce sens, il est aussi vrai de dire : fiespiro

i. Rép. aux object., I, 4;27.

"2. Piép. aux object.^ H, 306.

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