‹ DescartesChapitre 86 sur 172 · Rép. aux object., I · texte numérisé non relu

Rép. aux object., I

2. Disc, de la mcth., I, 158. Cf. Princip., liv. I", art. 7 ; III, 07.

apparence n'est pas une illusion ; peut-être suis-je « capable de les produire de moi-même ' . » L'existence en nous d'idées claires n'est pas une preuve suffisante de l'existence hors de nous de choses qu'elles représenteraient. Au point où nous sommes, nous devons penser « qu'il n'y a rien hors de notre pensée qui soit véritablement ou qui existe ^ »

Le doute méthodique nous a-t-il donc acculés dans une impasse? Et devrons-nous payer la certitude de notre existence individ^iélle d'une incertitude incurable sur toute autre réalité? L'idéahsme subjectif serait-il le premier et aussi le dernier mot de la philosophie, et nous faudrait-il tenir la science que nous nous figurions avoir d'un monde extérieur, pour un songe composé d'idées claires? Poursuivons l'examen de nos idées. Chacune d'elles m'atteste ma propre existence. Mais font-elles toutes parties de moi-même au même titre? S'il en est qui constituent plus particulièrement mon essence, comme celles de ma pensée, de ma volonté, de mes désirs, de mes sentiments, n'en est-il pas d'autres dont les essences seraient différentes de la mienne? Certes, si l'on peut dire que mes idées des figures étendues font partie de moi-même, en ce sens qu'elles sont pensées et qu'elles témoignent ainsi de mon existence, on ne saurait cependant soutenir que l'étendue m'est essentielle comme la pensée. Loin de là, je puis défalquer de mes idées toutes celles qui ont rapport à

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