‹ Descartes [microform]Chapitre 16 sur 94 · Réponses aux deuxièmes objections · texte numérisé non relu

Réponses aux deuxièmes objections

simple démonstration géométrique, me trompe! « Use peut faire aisément, continue Descartes, que je doute de sa vérité (le théorème des trois angles égaux à deux droits), si j'ignore qu'il y ait un Dieu. »

Gassendi le raille : « Le dites-vous tout de bon?... Vous ne trouverez personne qui se persuade que vous avez été autrefois moins assuré de la vérité des démonstrations géométriques que vous l'êtes à présent que vous avez acquis la connaissance d'un Dieu... Mais ces démonstrations sont d'unO telle évidence et certitude que sans attendre notre délibération, elles nous arrachent le consentement... »

Je vois, insiste Descartes, des gens qui se trompent alors qu'ils se croient le plus certains de ce qu'ils affirment. Je puis me tromper quand j'affirme que deux et trois font cinq.

Cependant il ajoute qu'il est d'autres gens qui aimeront mieux refuser à Dieu tant de puissance et accorder aux choses plus de certitude.

Or quels sont ces gens-là? Nous les avons rencontrés déjà, et Gassendi parait être de leur compagnie. Ce sont les dogmatiques, précurseurs ou disciples de Leibnitz, qui contemplent d'abord les idées nécessaires et éternelles, et pour qui l'existence de ces idées éternelles est la preuve de l'existence de Dieu. Malheureusement Kant nous a montré que ces vérités éternelles n'étaient que des formes de notre propre esprit. Et déjà Descartes, précurseur de Kant, suppose qu'elles ont pu être inventées pour nous décevoir.

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