Deuxième Méditation
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DE l'homme.
certains modes ou façons de ma pensée sans les vouloir rapporter à quelque autre chose d'extérieur, à peine me pourraient-elles donner occasion de faillir. »
Saint Thomas avait écrit déjà avec une précision et une brièveté merveilleuses : « Fallimur per sensum circa rem,... non circa ipsum sentire. » Et saint Thomas remarquait que dans l'intuition complète et adéquate d'un objet réel extérieur, il y avait un jugement : « Veritas polest esse in sensu, vel in intellectu cognoscendo quod
quid est'. »
Restent donc les jugements qui peuvent me tromper ; ils me trompent surtout, quand j'estime que les images qui sont en moi ressemblent à certaines choses extérieures.
Le théologien Catérus, auteur des premières objections, est de la même opinion. « Je crois, dit-il, que tout ce que je pense est vrai... Les sens mêmes ne se trompent point, car la vue voit ce qu'elle voit, l'oreille entend ce qu'elle entend : et si l'on voit de l'oripeau on voit bien; mais on se trompe lorsqu'on détermine par son jugement que ce que l'on voit est de l'or. »
Nous passons maintenant au second plan de classification indiqué dans la lettre à Clerselier, et exposé dans la 3" Méditation. Il a classé les idées d'après leur nature ; il va les classer d'après leur origine. D'où me viennent toutes ces idées? Elles sont innées, ou adventices ou fabriquées par moi-même. Qu'est-ce qu'une