‹ Descartes [microform]Chapitre 47 sur 94 · Medilatio lerlia, passim · texte numérisé non relu

Medilatio lerlia, passim

.( De cela seul que j'existe... » Ces mots, au moment où la démonstration s'achève, rappellent ce qu'il a d'abord montré, et ce qui fut la première assise de son raisonnement. Descartes approuverait, car elles résument toute la marche de ses idées, ces paroles superbes de Pascal : « La belle chose de crier à un homme, qui ne se connaît pas, qu'il aille à Dieu! Et la belle chose de le dire à un homme qui se connaît M » Il s'est vu luimême, avant d'avoir la connaissance de l'Être parfait.

Leibnitz, dans le Journal des savants de l'année 1686, a examiné une démonstration cartésienne, fondée sur l'idée de l'Être Parfait, et proposée par le père Lami. Il la jugerait définitive s'il était évident à priori qu'un tel être fût possible. S'il est possible, il est réel. La preuve est considérable; elle a une yaleuv présomptive, car tout être doit être regardé comme possible, tant que le contraire n'est pas démontré.

Leibnitz préfère cependant un langage plus simple, et qui va ressembler beaucoup à celui de saint Anselme. Ne cherchez pas, n'accumulez pas, en un seul être, toutes les perfections; il pourrait s'en trouver d'incompatibles entre elles, et l'idée ne serait pas clairement conçue. Considérez l'être qui est par lui-même, sans conditions

Page 1