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Lodge, p. li

DU MÉCANISME

sont faits d'une même matière... La matière dont la nature consiste en cela seul qu'elle est une chose étendue, occupe maintenant tous les espaces imaginables où d'autres mondes pourraient être; et nous ne saurions découvrir en nous l'idée d'une autre matière ^ »

Il y a quelques années M. Berthelot inaugurait, place de la Madeleine, le monument de Lavoisier. Il s'exprimait ainsi :

« Lavoisier a établi une distinction capitale et méconnue avant lui entre les corps pondérables et les agents impondérables, chaleur, lumière, électricité. Cette distinction fondamentale entre la matière pondérable et les agents impondérables est une des plus grandes découvertes qui aient été faites. C'est une des bases des sciences chimiques, physiques et mécaniques actuelles. »

Cette base parait ébranlée. La distinction n'est plus aussi nette entre la matière pondérable, formant çà et là des amas dans la profondeur des cieux, et une série d'agents immatériels s'employant sur elle et autour d'elle. Nous n'imaginons plus la grêle d'atomes séparés par le vide, telle que l'imaginaient Démocrite ou Lucrèce, et où chaque atome avait une existence distincte. « La molécule individuelle, écrit le professeur Larmor, n'est plus une chose isolée comme une des monades de Leibnitz, secouée entre ses voi-

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