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CHAPITRE X

DE LA CONTINGENCE

L'explication mécanique et géométrique, aidée au besoin de l'expérience, sans y avoir recours obligatoirement, suffirait donc à faire comprendre le monde. L'étendue et le mouvement en sont les seuls éléments. Les principes et les lois qui le gouvernent ne sont pa& éternels, nécessaires, et par là extérieurs à moi et objectifs : Descartes, nous l'avons soigneusement fait observer, est fort éloigné du dogmatisme. Ces principes sont simplement invariables et rigoureux.

Us sont, parce que l'Être parfait le veut ainsi ; et je les vois clairement et distinctement en moi-même, quand je m'en donne la peine, parce que l'Être parfait ne me trompe pas. Une intelligence humaine peut donc, à elle seule, en elle-même, reconstruire le monde. Et le penseur n'aura pas besoin d'aller voir et toucher le monde réel : la raison lui suffit, de même que la Foi suffisait à

igQ DESCARTES.

saint Louis lorsque, suivant lantique légende, il refusait d'aller voir le Christ apparu par miracle sur un autel. M Boutroux, qui, plus que tout autre philosophe, a le don de résumer un long système en une formule saisissante, juge comme il suit la méthode scientifique que nous avons exposée au chapitre précédent. Il ne prononce pas le nom de Descartes : mais comment ne pas

le reconnaître?

Dès le début de son beau livre sur la contingence des

lois naturelles, il s'exprime ainsi :

« L'entendement placé au-dessus des sens, prétend se passer d'eux et construire à lui seul la science du monde. Il lui suffira, semble-t-il, de prendre pour pomt de départ celles de ses idées qui lui paraissent évidentes par elles-mêmes et de les développer suivant ses propres lois». Cette doctrine ne rend pas un compte suffisant de la nécessité absolue de l'observation et de l'expérimentation dans les sciences positives-. »

Telle est en effet la pensée de Descartes, bien que M. Boutroux ne nomme pas l'auteur des principes; elle ne saurait être mieux exprimée. Il ne jugeait l'expérience utile que pour abréger le raisonnement et courir au but. Elle lui est commode, non nécessaire.

Nous comprenons moins bien les passages suivants :

„ La doctrine qui place dans l'entendement le point

de vue suprême de la connaissance a pour effet de

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