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OBJECTIONS
de ces cosmologies que les philosophes nous oflrent et qui embrassent le monde sans nous renseigner sur ce qui nous importe avant tout, ni réserver à l'homme
une place suffisante.
Or la philosophie nouvelle nous a-t-elle offert autre chose? Au début, M. Bergson nous invitait à nous défier de semblables méthodes, à nous attacher, en historiens, à la réalité des faits. Nous apprenons cependant que le torrent de vie, ou de conscience, ou de durée (car ces mots semblent synonymes), producteur d'indétermination, porteur d'événements imprévisibles, est lancé en souterrain à travers la matière brute et mord sur elle; celle-ci le contient, le divise, lui barre la route, et ne laisse enfin remonter au jour que le ruisseau le plus vigoureux! M. Bergson aurait pu se servir des paroles mêmes que Virgile consacre aux héros qui s'échappent des enfers :
Sed revocare gradum superasque evadere ad auras Hoc opus, hic labor est : pauci quos ajquus araavit Jupiter aul ardens evexit ad sethera virtus Dis geniti poluere...
Sommes-nous donc délivrés par là des constructions métaphysiques? L'homme refusera-t-il désormais, suivant le mot de Brunetière, d'habiter ces palais d'idées? Allons-nous vraiment revenir à la réalité historique? Ce qu'on nous propose, cependant, est beaucoup plus
qu'un symbole.
Au milieu des plus ingénieuses analyses psychologi-
ques, et des richesses d'une vaste érudition, se découvre un nouveau système de l'Univers. L'élan Vitel, dans dans le Cosmos de M. Bergson, est comparable à ce que furent les tourbillons de Descartes, les Atomes d'Épicure, le Feu d'Empédocle, l'Eau de Thaïes de
Milet.
Descartes, incontestablement, accordait à l'homme une place plus grande dans l'Univers. Et la Science après deux cent cinquante ans de recherches prodigieusement fécondes, n'a pas découvert un enseignement préférable au sien. « Je pense, donc je suis », avait dit Descartes. Et quel est le testament de Henri Poincaré? « La pensée n'est qu'éclair au milieu d'une longue nuit. Mais c'est cet éclair qui est tout. »
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