‹ Descartes [microform]Chapitre 92 sur 94 · T. 1, p. 182, éd. Faugère · texte numérisé non relu

T. 1, p. 182, éd. Faugère

l'hecre présente. 271

La savante ignorance que Pascal prône ici ressemble beaucoup au doute méthodique de Descartes. Mais nous avons vu Descartes se dégager du doute par la raison. Et que nous ofire Pascal pour nous tirer de ce mauvais pas? Un pari. « Pesons le gain et la perte, en prenant croix, que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est sans hésiter». »

Nous avons vu le même enseignement donné par M. William James. Tout le pragmatisme est résumé par avance en ces lignes célèbres; et la forme d'une gageure lui convient à merveille.

Après cela, Pascal a écrit : « Descartes, incertain et inutile ». « Écrire contre ceux qui approfondissent trop les sciences. Descartes «. » Ces deux notes, de la main de Pascal, sont jointes à la pensée que nous venons de transcrire, et à celle où il proclame que toute la philosophie naturelle ne vaut pas une heure de peine.

C'est, cependant, à cette philosophie naturelle qu'après la crise du Relativisme et l'abandon momentané de la métaphysique, l'esprit français s'est courageusement adonné. Le xix» siècle a été chez nous une période de prodigieuses découvertes. La science était cultivée pour elle-même et pour la vérité par les Ampère, les Cauchy, les Pasteur. L'influence toute pragmatique des Saint- Simoniens la poussait en même temps vers les applications utiles. Condorcet, Renan avaient attendu d'elle

Page 1