‹ DescartesChapitre 3 sur 63 · SA VIE ET SES ECRITS II · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES ECRITS II

conquête de cette méthode fut l'application de l'algèbre à la géométrie qu'une note des Olympica permet vraisemblablement de fixer au 1 1 novembre. Dans une des nuits de cette période de crise il vit en rêve un volume d'Ausone, ouvert sur sa table et y lut ces mots : Quod vitœ sectabor iter ? Or il venait de trouver son chemin. Interprétant ce songe comme une révélation, Descartes fit le vœu d'aller à Lorette avant la fin de novembre et de s'y rendre à pied de Venise. Cependant, il se remit à voyager, curieux de spectacles nouveaux, n'ayant sans doute pas encore assez lu dans le livre du monde pour réaliser de suite son grand dessein. En 162 1 il prit probablement part à la bataille de la Montagne- Blanche, assista à l'assemblée des Etats de Breslau et visita Hambourg. Au cours d'une promenade en barque il comprit que les matelots complotaient de le dépouiller et de le jeter à l'eau. Tirant son épée, il les prévient et par son attitude énergique, les tient en respect et les force à le débarquer sain et sauf. Pendant l'hiver de 1 621 -1622, il habita La Haye où il fit la connaissance de l'électeur palatin exilé Frédéric V et de ses deux filles les princesses Elisabeth et Louise. Il se rendit ensuite en Bretagne et vendit ses terres pour se procurer des ressources. Repartant aussitôt, il assiste à Venise au mariage du Doge avec l'Adriatique, à Rome, aux fêtes du Jubilé, accomplit son vœu à Lorette et, rentrant en France par les Alpes, calcule la hauteur du Mont-Ccnis, et y fait des observations météorologiques. Il était passé à Florence sans chercher à voir Galilée alors illustre. De 1625 à 1628 il vécut à Paris oii le tourbillon de la vie mondaine le reprit qulquc temps. Dans une assemblée philosophique tenue chez le nonce du Pape, il argumenta si brillamment que le cardinal de Berulle, saisi d'admiration pour son génie, lui fit un cas de conscience de .se livrer définitivement à la philosophie.

A Paris, trop de distractions l'auraient détourné de la vie laborieuse. A la fin de mars 1629, il partit pour la Hollande : il devait y demeurer vingt ans. « Il ne tient qu'à moi, écrit-il à Balzac, de vivre ici inconnu de tout le monde. Je me promène tous les jours à travers un peuple immense, presque aussi tranquillement que vous le pouvez faire dans vos allées. Les hommes que je rencontre me

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