Le premier des satiriques latins
4. Né l'an 32 de l'ère chrétienne, à Volterra, Perse, mort à vingt-neuf ans, n'a laissé que six satires.
5. Le « prince des poètes lyriques » a laissé des satires, qui ont servi de modèle à notre Despréaux, qu'on est surpris de ne point voir cité plus loin à côté de Régnier, de Sigongne et de Berthelot. Il est vrai que Boileau vivait encore.
6. On a dit de Martial, qui laissa 14 livres d'épigrammes, qu'il eût mieux fait de n'écrire que 14 épigrammes.
7. L'auteur semble croire que l'École des Femmes date de l'époque des pérégrinations en province : peut-être quelques scènes étaient-elles en germe dans une des • petites farces de la jeunesse de Molière », telle que le Docteur amoureux, mais le chef-d'œuvre ne fut représenté qu'à Paris, e 26 décembre 1662.
même1. Ces petites Farces sont de fort peu de conséquence, et s'il n'avoit pris la Satyre, il faut avouer qu'elles n'auroient pas eu l'approbation qu'elles se sont acquise. Ce ne sont point des Poèmes où il soit nécessaire d'un grand attachement, et quand il en a voulu faire d'achevés, il a réussi fort avantageusement pour sa gloire.
Mais Plante*, qui se trouva là, Dit : t Je n'accorde pas cela :
L'Amphitryon3 est mon Ouvrage, Il nie Va pris de bout en bout".
Et ce qui me met dans la rage Est qu'il en tire un avantage
i. Mascarille dans les deux premières, Arnolphe dans la troisième.
2. Plaute, célèbre comique latin (227-183 av. J.-C), était de Sarcine.
3. L'Amphitruo passe pour la meilleure des vingt pièces que nous a laissées Plaute. Que ne proflte-t-il de l'occasion pour réclamer aussi son Aulularia}
4. De quoi Plaute se plaint-il ici? D'avoir été joué devant le public parisien dix-huit siècles après sa mort ? Pouvait-on jouer Amphitryon en latin sur le théâtre du Palais-Royal, et, s'il lui fallait un traducteur, où pouvait-il en trouver un meilleur que Molière, qui, de l'avis général, a de beaucoup surpassé son modèle ?
ai x champs i. r.i/i. i:s. 35
Qui luy donne du nom par tout.
favoieray que le Dialogue
De Mercure avecque la Nuit*
Mérite défaire du bruit, Et que c'est un galant Prologue.
Mais quant au sujet, par mafoy, Le Galant Va tout pris de moy*. »
— « D'autres Poètes ont fait la même chose en matière d'ouvrages, dit Molière; les Menechmes* et la vieille pièce d'Amphitryon en machine jouée au Marais4 m'en sont d'irréprochables témoins, et vous ne vous estes pas emporté contre les Compositeurs. De plus, on a fait les Deux Semblables* à vostre imi-
i. Le prologue d'Amphitryon est imité d'un dialogue de Lucien.
2. Rappelons ce que disait un savantasse, cilé par Grimarest : « Molière a tout pris sur Rotrou, et Rotrou sur Plaute; je ne vois pas pourquoi on applaudit à des plagiaires ». ( T "te de Molière, 1705.)
3. Les Menechmes, comédie de Rotrou (i632), imitée de Plaute.
4. Ou Hercule furieux, tragédie en cinq actes, en vers, de Lhéritier Nouvelon, i638.
5. Ou les Deux Alcandres, tragédie en cinq actes, en vers, de Boisrobert (1640), réimprimée en 1642, in-40, sous le titre des Deux Semblables. « Mauvaise copie des Menechmes de Plaute », disent les frères Parfaict {Hist. du Théâtre français VI, 101).
tation, les Deux Sosies1, le Feint Scaramouche-, et un certain Postillon le Rival de son Ombre*.
— Ces gens là sont indignes de ma colère, répondit Plaute. Ils n'ont jamais acquis aucune gloire de leurs sottises.
— Mais, dit Molière, on devroit s'emporter contre beaucoup d'autres faiseurs de Vers. On a fait deux pièces du Médecin Volant* sur le modèle des Italiens qui ne se sont pas estomaquez de cela, et mêmes parmy les Illustres il a esté mis en lumière
i. Les Sosies, de Rotrou, au Théâtre du Marais (i636). Rappelons que l'Amphitryon de Molière fut quelquefois désigné sous le titre des Deux Sosies (éditions de 1682 et 1607).
2. Pièce inconnue, probablement imitée d'une farce italienne, Scaramouche ermite.
3. S'agit-il de l'Ombre de son Rival, ou les Frayeurs de Crispin, comédie en un acte, en vers, de Jean Crosnier, encore inédite en 1674, imprimée en 1681 à La Haye (Gérard Rammazeyn), en 1682 à Leyde (Félix Lopez), in-12, et dans laquelle une scène entre Crispin et Turlin est imitée de la scène de Sosie et de Mercure dans Amphitryon ?
4. L'une, farce en un acte, dont le texte a été un peu légèrement attribué à Molière lui-même ; l'autre, comédie en un acte, en vers, de Boursault, représentée en 1661 à l'Hôtel de Bourgogne. L'original italien s'appelait Arlichino medico volante.
\ i | ciia M PS É i.l/i : 3;
deux pièces des (icticrcux Ennemis 1 et deux So/onisbcs a.
— Vous avez raison, dit Plaute, mais aussi on a veu la mauvaise réussite qu'ont eu les derniers qui n'ont esté qu'à la confusion de leurs Autheurs.
Molière promit de n'avouer de Y Amphitryon que son Prologue : et Plaute se contenta, ou feignit de se contenter de cela.
1. En 1664, Thomas Corneille avait donné les Illustres Ennemis à l'Hôtel de Bourgogne. L'année suivante, Boisrobert y donne les Généreux Ennemis, comédie en cinq actes, en vers, publiée chez G. de Luynes, i655, in-12.
L'Écolier de Salamanjue de Scarron, représenté sur le Théâtre du Marais, a pour sous-titre les Généreux Ennemis (i655). Léns prétend (p. 164) que, Scarron ayant lu sa pièce a Boisrobert, ce dernier en fit usage avec peu de changements, et se pressa même de se faire représenter avant lui. Voir l'anecdote racontée plus au ong dans les Anecdotes Dramatiques, t. I", p. 288.
2. La Sophonisbe de Mairet, est de 1629 (Marais) ; celle de Pierre Corneille, de i663 (Hôtel de Bourgogne).
On aurait pu ajouter à ces ouvrages : les deux Saint-Genest. les deux Amant libéral, celui de Guérin du Bouscal et Beys, et celui de Scudéry, le Gardien de soi-même de Scarron, donné la même année (i655) que le Geôlier de soi-même de Th. Corneille ; les deux Coups de l'Amour et de la Fortune de Quinault et de Boisrobert (i656); les deux Mère Coquette de Quinault et Vize; les deux Bérénice de Corneille et Racine (1671), etc., etc.
Ensuite l'Huissier cria tout haut si personne ne vouloit plus rien dire contre luy, et ne s'estant trouvé personne, Pluton prononça que Molière estoit digne d'estre impatronizé des Champs-Elizées, qu'à raison de son mérite il seroit mené triomphamment,
Puisque pour avoir ce bonheur Sans s'estre repenty des deffauts de sa vie Qui de cent crimes fut suivie, Il estoit mort sans confesseur.
On procéda alors à sa réception, qui fut telle : Premièrement, marchoient tous les Turlupins1, Jean Farines2, et autres Suposts des Théâtres, de deux en deux, selon Tordre de leur réception. Ensuite on portoit tous les Ouvrages de Molière au bout de quelque fourche, de la façon que l'on portoit anciennement à un triomphe des Romains les tableaux de leurs conquestes, et les trophées de leurs victoires. Après, tous les Poètes satyriques anciens et modernes, parez
i. Turlupin, célèbre farceur (1587-1634) s'appelait de son vra nom Henri Le Grand; il prenait, dans la tragédie, celui de Belleville.
2. Jean Farine, opérateur qui fit débuter Bruscambille sur ses tréteaux en 1598, fut un des premiers farceurs dits « farinés » dont le type s'étendit à Gros-Guillaume et à Gros-René.
AUX < il \ M i-s ELIZÉEfl. 39
des couleurs de la Folie», de la Beauté, de la Jalousie et de l'Amour profane. Tartuffe marchoit ensuite avec une mine modeste en se donnant de temps en temps la discipline avec une queue de Renard2. Celle de sa robe estoit portée par le pacifique de Brecour3 paré de vestemens quasi semblables, mais fort mauvais. On voyoit venir les casques du Triomphant portez par du Verger4, Baron5, Beauchamp0 et du Parc7. Il estoit quasi de la hauteur de celuy d'Amboise8, et son Triomphe se mêlant avec les leurs faisoit une petite Forest ambulante qui ne donnoit pas un petit ornement cà cette magnifique action.