XII NOTICE
la scène se passe aux Champs-Elysées, avecPluton,Minos,Rhadamante,Caron, Molière et plusieurs types de ses comédies (précieuses, marquis, médecins, etc.) comme principaux personnages.
La pièce parut, sans nom d'auteur, chez Barbin; V achevé d'imprimer est du 2 mai 1674.
Au même moment paraissait à Lyon la Descente de l'âme de Molière dans les Champs-Elysées qui, sous la forme d'un songe, fidèle à la poétique du genre, mettait en scène les mêmes personnages, plus Rabelais, Plaide, Dorimond, Prosper, Braguette, etc.
L'auteur anonyme doit-il être compté parmi les amis ou les ennemis de Molière ? Son libelle, au total, tient plus de la satire que du panégyrique.
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Nous avons parlé de Somaize, qui trouvait Molière « un bouffon trop sérieux »: il pourrait n'être pas étranger à la Descente de l'âme. L'impression de cet opuscule à Lyon par V imprimeur de la ville et du clergé*, nous avait fait penser d'abord à l'avocat lyonnais Claude Basset, élève des Jésuites, secrétaire de l'archevêché, poète érudit et dévot auquel on doit une tragédie d! Irène2 représentée à Lyon par la troupe de Molière en 1653, et auquel des comédiens de passage, les Raisin, Deschamps de Villiers fils'% ou Mlle de
i. Antoine Jullieron, d'une ancienne famille d'imprimeurs lyonnais. En 1694, Guichard Jullieron était nommé imprimeur du Roy. (A. Vingtrinier, Histoire de l'Imprimerie à Lyon. 1894, in-8°.)
2. Claude Basset fut échevin de Lyon en i685. Son Irène ne parait pas avoir été imprimée.
3. Les Raisin et Villiers faisaient, en 1674, partie de la troupe de comédiens de l'hôtel de Villeroy, où le souvenir de Molière était encore vivant après plus de seize ans. N'est-ce pas à Lyon que furent imprimés, au lendemain de sa mort, les Stances et les Epitafhes en placards, publiés par le Molieriste (avril 1879)?