‹ Description abrégée de la cathédrale d'AmiensChapitre 32 sur 58 · II. — CHŒUR ET SANCTIAIRE · texte numérisé non relu

II. — CHŒUR ET SANCTIAIRE

L'entrée principale actnelle du chœur date de 17G1. Elle fut faite sur les dessins de Michel-Ange kSlodtz, seul])teur et dessinateur ordinaire de la chambre et du cabinet du Roi, pour rem{)lacer l’ancien jubé, démoli en ITôr), ou plutôt deux immenses autels mis d'abord à la place de celui-ci, mais qui, jugés troj) encombrants, furent reportés dans les travées 2r) h c et 2(1 h c, où ils sont encore.

La grille qui ferme cette entrée, dessinée, elle aussi, par Michel-Ange iSlodtz, est l’œuvre de Jean Veyren, dit Vivarais, serrurier à f'orbie. Elle est d'une fort belle exécution, quoique son dessin, un peu raide, conçu dans le style dit Louis XVI, se prête moins bien ,à l’art du fer forgé que les courbes capricieuses du rocaille. La croix qui la surmonte est en bois, et remplace, de})uis le commencement du xix® siècle, celle de fer avec crucifix de cuivre ciselé, qui avait été enlevée pendant la Révolution. Le chiffre de la Vierge, qui est au milieu du couronnement de cette grille, supprimé aussi à la même époque, fut refait en fer forgé en 1890, aux frais de M. Edmond Soyez.

A droite et à gauche de la grille, le dossier des stalles qui font retour de ce côté est masqué par deux massifs de maçonnerie en style pseudogothique, tel qu'on le concevait au xviii® siècle, ün somptueux perron de six marches de marbre s’étend en avant de l’entrée.

CATHÉDRALE d’aMIEXS

En 1832, on plaça devant chacun des deux massifs de maçonnerie, à droite et à gauche de la grille, deux statues colossales de pierre. L’une, représentant saint Charles Borromée, avait été faite en 1755 par Jean-Baptisti-Michel Dupuis, pour l’autel qui occupe aujourd’hui la travée 26 h c, d’où elle fut alors enlevée pour faire place à une statue de saint Joseph. L’autre est un saint Vincent de Paul, qui fut commandé aux frères Duthoit pour lui faire pendant

Il faut convenir que ces deux massifs de style bâtard et les deux statues d’une allure outrageusement mouvementée, qui les accompagnent, ne sont pas d’un heureux effet

Mi

Vue génér.ile des stalles.

Cliché Hacquart.

Le chœur n’a d'autre meuble que ses admirables Stalles, qui en occupent trois côtés.

Elles ont été commencées le 3 juillet 1508. Pour leur exécution, le chapitre jiassa marché avec Arnould Boulin, hucher à Amiens, auquel un autre hucher de la même ville, Alexandre de Heudebourg, dit de Huet fut bientôt associé. Pour l’exécution de soixante-douze histoires des sellettes ou miséricordes, il fut fait marché à jtart avec Antoine Avernier, tailleur d’images

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aussi à Amiens. Arnould Boulin avait pour serviteurs Linard Le Clerc, Guillaume Quentin et Pierre Meurisse. Nous savons aussi qu’un nommé Breton travailla aux stalles. Enfin un autre ouvrier, le seul, transmit son nom à la postérité en récrivant deux fois sur les stalles même, ce qui l’a fait considérer trop souvent comme leur principal auteur, mais, répétons-le après Jourdain et Duval, il n’en est rien et il ne figurait sur les registres du chapitre que comme simple ouvrier. Il se nommait Jean Turpin ou Trupin.

Voilà tout ce que les documents, presque tous de seconde main, nous ont transmis sur les ouvriers qui ont travaillé à cette magnifique œuvre de menuiserie. Il dut encore y en avoir d’autres, mais, leurs noms ne nous sont point parvenus.

Suivant la plupart des auteurs qui ont pu voir les registres du Chapitre, le travail fut terminé en 1519. Le total de la dépense s’éleva à 9.488 1., 11 s., 3 d. obole.

La plus grande partie des bois provient de La Neuville en Hez, d’autres, des censes du chapitre. On fit aussi venir du fameux « bois d’Illande » d’Abbeville et de Saint- Valéry.

Le 16 mai 1615, un commencement d’incendie détruisit presque entièrement la pyramide qui termine la rangée des stalles hautes du côté sud, vers le sanctuaire. On la remplaça par le couronnement en bois sculpté d’un mai de procession,

ACCESSOIRES

CHŒUR

qui est du même style que les stalles ; et bien que l’ajustement ait été fait d'une façon assez sommaire, et sans doute provisoire, on ne s’en aperçoit ^uère qu'en y regardant de près.

Lors de la démolition du jubé, en 1755, on supprima à droite et à gauche de cette entrée quatre stalles hautes et quatre stalles basses, afin d’élargir la porte du chœur, qui était très étroite. La suppression ne se fit que sur des stalles ordinaires : on déplaça seulement les deux maîtresses stalles et on les rapprocha de celles qui furent conservées.

A une époque qu’on ne saurait jiréciser, on a dû aussi supprimer une stalle basse de chaque côté, à l’extrémité vers le sanctuaire, et reculer d’autant la rampe qui termine les stalles basses de ce côté. L’arcature en bois ornée de deux anges tenant des écussons aux armes du chapitre et datée de 1521 a été rajustée après coup pour clore le passage aux stalles hautes, mais elle ne fait pas partie de l’œuvre primitive : elle est loin d’en avoir la finesse d’exécution.

Un semis de fleurs de lis ornait jadis le dossier des stalles. Supprimées à la Eévolution, ces fleurs de lis furent rétablies en 1814 et 1815, puis enlevées de nouveau en 1831.

Sous le premier empire, un essai de vernis qui, heureusement, ne fut pas continué, fut tenté sur les stalles. On en voit encore des traces à la base de la jouée de la stalle 31.

CATHKDIÎALE d’aMIEXS

Pendant une nuit de mars 1839, plusieurs statuettes furent dérobées, alors que l’on faisait dans le chœur les préparatifs du service funèbre de Mgr de Galben de Chabons, évêque démissionnaire d’Amiens.

Les stalles, disposées sur deux rangées, stalles hautes et stalles basses, occupent des deux côtés du chœur les travées 17-19a, 19-21 a, 18-20 a,

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