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Cette progression est merveilleuse et constante. Elle présente deux grands aspects : l'augmentation des brebis et l'augmentation des bêtes soumises à la tonte. Mais la quantité réelle de moutons était plus grande que celle accusée par le tableau, comme le démontre l'exportation de vingt et un millions de peaux en quatre ans. Une telle mortalité ne peut correspondre qu'à un plus grand nombre de bêtes et je vais expliquer, en effet, pourquoi on ne tondait pas toutes les brebis de la République.
Tout d'abord, il faut faire observer que le calcul de 7 toisons par arrobe exclut celles des agneaux que l'on peut évaluer à 25 0/0 de la totalité.
J*ai dit qu'autrefois peu de brebis étaient tondues par suite des chardons, de la boue et des maladies qui en inutilisaient la laine. Le paysan n'était pas habitué à donner de la valeur à une marchandise de rebut; mais, à mesure que le commerce extérieur acquit de l'expansion, la laine fut demandée et les plus arriérés commencèrent à nettoyer les toisons, à détruire les plantes pernicieuses et à tondre.