MOYEN
En outre, la Cavagne « Plomer » vend des béliers NegreU* hors de choix au prix de 1 2 à 3o piastres monnaie nationale chacun, provenant du troupeau typique, originaire de i838, et dont les brebis ont été toujours saillies par des béliers européens ou de la réserve de la Cavagne,
Les récompenses obtenues par cette dernière sont importantes et correspondent aux trois expositions où elle a concouru, ainsi que je le dis ailleurs.
VIII. — La Cavagfie « Bernardino Rwadavia » est située à une demi-heure de chemin de la gare Marcos Pa{^ de l'embranchement de Merlo au Saladillo^ sur un champ de 200 cuadras. Elle a été fondée et est dirigée par M. Enrique Meyer dont la réputation de spécialiste est établie depuis son passage dans les remarquables établissements de Poronguitos et de Nuestra Senora del Pilar,
M. Meyer s'était adonné à la production des béliers de Cai'agfie et de troupeaux ordinaires. Ses Negi^ete se vendaient annuellement sur place avantageusement, mais la Cavagne fut liquidée en 1886.
Parlettredu 25 février 1887,^!/. ^\/i?j^^r me dit, entre autres choses : « Je n'ai pas cueilli beaucoup de lauriers, mais « mes produits ont toujours été bien vus dans toutes les '< expositions rurales où je les ai présentés. On les a dis- « tingués par les plus hautes récompenses, prix d'honneur « et diverses médailles d'or, d'argent et de bronze.
« Si la Cavagne « Rivadavia » a pris fin, ce fut par suite u de ma propre volonté, n'ayant pas trouvé de compensations « en harmonie avec les efforts et les sacrifices faits. J'ai assez « travaillé obtenant ce que beaucoup à'2LUtresCavagnes n'ont « pu faire : c est-à-dire me soutenir à niveau^ malgré les « frais immenses, et laissant au propriétaire un intérêt très <( convenable du capital inverti, au bout de cinq ans, et à la « conclusion de mon contrat avec lui. »
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' Les produits annuels de la Cavagfie ont toujours été vendus en totalité. Les premières enchères chez Adolfo Bullrich s'élevèrent à la somme de 800.000 piastres monnaie courante ( 160.000 francs). En i883 et 1884, elles furent de 600.000 piastres (120.000 francs) chacune, plus des ventes annuelles de 200 et 25c.ooo piastres monnaie nationale dans les foires du sud. « En i885 nous vendîmes à Buenos Aires, K tant à Tencan qu'à des particuliers, pour 25. 000 piastres K monnaie nationale de béliers nés à la Cavagne et pour i( 32.000 piastres nionnaie nationale (de 5 francs nominal) de <( béliers importés, soit une somme de Sy.ooo piastres en un <( an.
« L'année dernière, en 1886, nous avons vendu à des par- « ticuliers pour 10.000 piastres d'animaux et, aux enchères (c de liquidation, pour 43.000 piastres; soit en tout « 53.000 piastres monnaie nationale. »
M. Meyer a organisé une nouvelle société sur les bases de l'ancienne. Les brebis Negrete^ acquises dans le pays ou importées et ses béliers d'origine Maas donneront d'excellents résultats s'il a des éléments d'action suffisants, car sa compétence n'est pas discutable.
M. Meyer n ét?îit pas satisfait des progrès obtenus par la première société et aurait désiré, pour arriver au développement auquel il aspirait, faire personnellement en Europe un choix spécial de reproducteurs. Il semblerait que les tendances de son associé ne concordaient pas avec les siennes, au point de vue technique que doit poursuivre tout éleveur.
La nouvelle Cavagne^ avec l'expérience acquise et la complète liberté d'action du directeur, ira sans doute plus loin.
Je le désire vivement, car je ne saurais dissimuler la sympathie que m'inspire un praticien modeste dont le savoir et l'expérience de vingt années de labeur sont toujours mis,
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d'une façon désintéressée, au service des éleveurs qui y ont recours -
IX. — A une heure et demie de la capitale, sur Tembranchement de Temperley à Canuelas se trouve la belle estancia *i San Martin », propriété de Téleveur argentin Don Vicente Cas ares.
Cet établissement se compose d'une étendueconsidérable de belles prairies intelligemment subdivisées, où paissent des troupeaux de plusieurs races aussi choisis que nombreux. Dans le beau parc, quoique petit, où domine le chalet du maître de maison entouré d'arbustes et de fleurs, se trouvent les hangars, solides, commodes, sévères et économiques, ainsi que les instruments agricoles de grande puissance et autres accessoires obligés d'une vaste exploitation rurale.
Non loin du parc, et sur le versant d'une grande colline qui forme une belle prairie naturelle se trouve la Cavagnc mérinos dont la variété Negrete progresse d'année en année. Je ne puis la suivre depuis son origine et dans son développement, car son propriétaire ne m'a pas fourni les renseignements voulus et il faut m'en tenir à ceux qui sont de notoriété publique.
A l'Exposition de la Sociedad Rural Argentina de 1876, cette Cavagîie obtint des récompenses pour une bande de quatre béliers Negrete et, à l'Exposition internationale de 1886, dans la lutte le plus grandement disputée entre les éleveurs un second prix et deux troisièmes.
Les lots de béliers Negrete de San Martin vendus aux enchères chez MM. Bullrich en 1886 et 1887 obtinrent des résultats avantageux, les prix de quelques-uns ayant atteint au ijiveau de ceux des meilleurs du marché.
La Cavagne est dirigée par M. Casares en personne, et son administration, comme celle de toute V estancia ^ est digne d'étude et d'éloges.
X. — L'établissement San Juan de M. Leonardo Pereyra^ situé à une heure et demie de Buenos Aires et à une demi-heure de la Plata, sur la ligne ferrée qui unit ces deux villes et se bifurque sur les ports de Punta de Lara et de La Plata^ mérite en toute justice l'étude de l'observateur.
Son étendue de cinq lieues, immense par rapport à la position que l'établissement occupe entre les deux grandes capitales du pays, les milliers de têtes du bétail raffiné qui paît dans ses prairies solidement entourées et plantées d'arbres nombreux, l'ancienneté et la réputation de tout rélevage, ainsi que le parc grandiose de ïestancia elle-même, — véritable œuvre d'art et d'ornement national qui paraît dépasser les forces d'un particulier et être le fait de la prodigalité de l'État, — tout cela forme un ensemble qui donne justement à cet établissement la notoriété dont il jouit au dehors comme au dedans de la République.
Je désirerais le décrire, mais l'occasion m'a manqué de m'inculquer tous les détails des matières compliquées qu'il renferme.
Ce n'est pas assez de le visiter une fois, comme j'ai eu le plaisir de le faire, il faut y habiter quelques jours pour en admirer l'ensemble et se pénétrer de l'ordre systématique et du but recherché auxquels obéissent tous les résultats obtenus.
M. Pereyra^ esprit sérieux et observateur, est aussi un des travailleurs éclairés, persévérants et modestes de la grande œuvre qu'on pourrait appeler : la transformation civilisatrice des campagnes argentines.
Depuis le voyage d'instruction qu'il fit en Europe en 1857, il n'a pas cessé d'introduire dans le pays d'utiles procédés et des animaux remarquables ; employant de grands capitaux et un travail constant au perfectionnement des races qui font
de San Juan et de ses autres estancias une source intarissable à laquelle les capagttistes et les estancieros viennent puiser les éléments nécessaires à T installation ou à Tamélioration de leurs établissements.
Finalement, son action morale est incorporée au labeur fécond de la Sociedad Rural Argent ina et unie à toutes les initiatives qui apportent un progrès ou une conquête à notre agriculture. M. Pereyra est une notabilité argentine comme homme d'idées et d'action contribuant à l'œuvre commune du travail et de la prospérité nationale ; c'est un des précurseurs émérites de la révolution qu'a soufferte notre élevage.
Parmi les nombreuses races élevées à San Juan^ celle de Negrete est d'un type et d'une qualité satisfaisants. M. Pereyra ne s'occupe pas comme cavagnhte de présenter des reproducteurs sur les marchés ; il obéit à la nécessité d'en fournir ses nombreuses estancias^ dont l'une, située au Tandil, se compose de multiples troupeaux Negrete.
L'exposition rurale de 1881 lui fournit cependant l'occasion de se mesurer avec les premiers cavagnistes du pays ; et les produits de San Juan y obtinrent trois prix.
XI. — La Cavagne de M. German Frers^ située au Baradero sous le nom de Rincon del Rosario^ forme partie du bel établissement de ce nom.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir son troupeau Negrete^ mais les antécédents de l'éleveur et l'acquisition qu'il fit en 1886 d'un bélier remarquable de la bergerie de Maas autorisent l'éloge des efforts tentés par M. Frers qui est un des membres les plus dévoués de la Sociedad Rural Argent ina.
Cette C a J^agne fut fondée en i856 avec des brebis descendantes de celles de^. John Hannah. Pour multiplier cette souche, M. Frers importa des béliers Negrete : en 1860, 10 béliers d'Allemagne; en 1862 5 brebis et 3 béliers
deHafwah; en i863, 2 béliers allemands de Retschendorf et un d'Arusdorf; en 1866, 2 béliers Gadegast.
Le troupeau a toujours répondu au désir de produire une laine fine et abondante sur un animal de taille aussi grande que possible, subordonnant plus d'une fois cette intention aux exigences du marché ou aux nécessités de l'établissement.
XII. — MM. Ocampo Hermanos exploitent au Pergamino dans Vestancia San Miguel le troupeau Negi^ete vendu par la société Olivera Hermanos et dont j'ai donné les antécédents au commencement de ce chapitre.
Ils font vendre annuellement à l'encan leurs lots de béliers Negrete par MM. Bullrich et C et ont obtenu un second prix à l'Exposition de 1881, plus deux autres prix de même valeur à l'Exposition internationale de 1886.
Je ne m'étends pas davantage sur cette Cavagne n'ayant pu obtenir les renseignements nécessaires.
XIII. — Je n'ai point reçu non plus ceux que j'ai demandés sur la Cavagne Negrete des Ranchos appartenant à un éleveur anglais: M. David A. Shennan.
Ses produits ont remporté des succès aux Expositions. M. Shennan obtint le quatrième prix en 1878, pour six béliers Negrete^ et se maintint en bonne position à l'Exposition de 1 88 1 qui lui accorda deux seconds prix. M. Bullj^ich vend annuellement un nombre réduit de reproducteurs que lui envoie cette Cavagne.
XIV. — La Cavagne « Laiira », propriété du Général Francisco B. Bosch ^ située dans le département de Marcos Pa{^ près de la capitale, est un des grands établissements d'élevage de la République.
La grande variété des races qu'on y entretient, ses immenses prairies artificielles et ses vastes installations lui assignent un rang émérite. Elle comprend, comme éléments de cet ensemble remarquable, deux variétés de l'espèce
ovine : le Negrete et le Lincoln; elle a déjà présenté à la foire qui eut lieu au mois d'octobre 1887 des lots de béliers nourris en liberté et d'autres sous hangars.
Les livres que je publierai sur les espèces bovine et chevaline me fourniront une occasion plus appropriée de revenir sur cet établissement.
XV. — M. Antonio Galarce a fait construire sur son bien de campagne, situé à une lieue au sud du village de Navarro, les installations de son importante Cavagne « El Bosqiiejo ».
De solides et spacieux hangars, destinés à l'élève des animaux fins, y sont pourvus de toutes les commodités nécessaires, telles que abreuvoirs, greniers à fourrages et tous les accessoires que réclament les opérations journalières d'une cavagne.
Ces installations sont peu communes dans le pays et éveillent justement l'attention du voyageur.
La maison àuCavagfiistc Qst un petit édifice, de style rural français, entouré de jardins. Le département de la Cavagne obéit au système prévoyant de la concentration qui rend Taction administrative plus efficace et plus constante. Les grandes prairies artificielles sont reliées à la Cavagne par un chemin de fer Decauville.
La nouvelle Cavagne « El Bosquejo » est l'établissement le plus remarquable du département de Navarro et elle a contribué d'une façon indéniable à augmenter la valeur des terres qui l'entourent ainsi qu'à la prospérité locale.
Parmi les diflFérentes races dont M. Galarce entreprend rélevage, j'ai vu un groupe de Negrete^ de l'Amérique du Nord, dont les résultats, au point de vue des intérêts du pays, sont encore à l'essai.
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