BUT DES ÉLEVEURS
Sommaire : Premières idées. — Infusion de sang Electoral. — Défauts. — Eleveurs de laine fine. — Ce qui convient au pays. — Réaction. — Le sang Negrete. — Ses résultats. — Nouveaux horizons. — Adoption du mérinos Rambouillet pour la production de laine et de viande. — Hauts prix. — Toisons de i838. — Cavagne de Benavente. — Paroles de Hannah, — Chute de Rosas. — Horizons définis. — Eleveurs méritants. — Buts actuels. — Classification des troupeaux.
— Eleveurs d*animaux à laine et à viande, à viande seule, à laine seule, Je mélange de races. — Discussion de ces tendances. — Energique condamnation des destructeurs des troupeaux mérinos. — Ignorance. — Danger public. — Opinion de MM. Olivera, Lo^^ano, Gibbson, E^curra, Aguirre, Senillosa et autres. — Critérium rationnel pour adopter une race quelconque. — Urgence d^empôcher de nouvelles erreurs. — Remarquables opinions de Steiger, Mass et Bohn sur la destruction de la laine mérinos en Allemagne et sur Pavenir de la République Argentine. — Le trésor du sang mérinos. — Sang anglais. — Discussion de détails — Toisons plissées. — Toisons lisses. — Diverses opinions. — Résultats. — Résumés. — Statistique d'importation de reproducteurs.
— Ce qu'elle enseigne. — Prédominance de reproducteurs allemands et anglais.
— Distribution de ces reproducteurs dans la République. — Importations dangereuses.
L'exposition historique de ce livre démontre que la première impulsion des éleveurs tendait à raffiner la laine des brebis de type indigène pour l'introduire sur les marchés européens. Par conséquent les premiers troupeaux arrivés à Buenos Aires étaient principalement allemands de Saxe où VÉlecteur avait implanté et conservé le plus noble sang du mérinos espagnol, Escorial et Infantado^ producteur de laine extra-fine.
Mais le croisement de la race pampa rustique^ au corps
et à la taille développés , avec la race saxonne , avait sacrifié le volume de l'animal, la longueur de la laine et le poids de la toison à la finesse du brin et nos troupeaux commençaient à présenter le type irrégulier, petit, faible et eflféminé de V Électoral.
Ce croisement n'obéissait pas, d'un autre côté, à une direction scientifique, et il y avait des éleveurs qui payaient 60 piastres fortes un reproducteur saxon, pris abord, n'ayant pas encore de dents. C'était le rebut des bergeries européennes qu'on importait.
Ce système aurait pu convenir aux producteurs de laine voisins des centres industriels de l'Europe, mais il ne convenait pas aux éleveurs argentins, placés à des milliers de lieues de distance par navire à voiles des marchés consommateurs, et enracinés dans un pays où le rare développement des cultures forçait les populations à la consommation sans mesure de la viande. Ces idées furent comprises après quinze ans d'essais du type Électoral^ et les éleveurs les plus remarquables, comme Sheridan^ Harrat, Hannah, Oliver a ^ Stegman^ Martinei de Ho{^ Newton et autres, commencèrent, dès i838, à introduire des reproducteurs allemands et français, principalement de la [variété Negrete qui réunit au plus grand volume et à la noblesse * de la toison un corps plus fort sans être plus volumineux et d'une conformation plus symétrique.
En 1837, Sheridan obtint un lot de brebis et de béliers
I. Entendant par noblesse de la toison un ensemble des qualités de la laine, à savoir : Frisée, douce et soyeuse au toucher, couleur uniforme et vigoureuse, élasticité, longueur proportionnelle à la variété ou sous-race et la finesse accompagnant ces éléments, une laine peut ôtre noble sans ôtre lUdéal de la finesse. La finesse, sans les caractères généraux d'une bonne nature, ne constitue pas à elle seule la noblesse de la toison. En certains cas on peut lui préférer une laine moins fine mais possédant un plus grand ensemble d'autres qualités.
Negrete d'Allemagne. Hannah, qui les reçut, dit : « Je me « souviens très bien que les bergers allemands qui sont « arrivés en iS3j restèrent surpris de la taille des béliers et « des brebis mérinos qu'ils trouvèrent à Vestancia. »
En i838, la Cavagne de Sheridan et iîjrrtz/ produisait des brebis de 6 et 7 livres de toison et des béliers de i o et 12 livres, poids très élevés, surtout si l'on se souvient que dix ans auparavant les brebis donnaient 2 livres 1/2 de laine.
Peu d'années de croisement du métis et du créole avec le Negrete suffirent pour ouvrir de nouveaux horizons à l'activité des éleveurs, déjà animés de la conviction qu'il était possible d'obtenir une toison plus épaisse et plus noble avec une forte taille abondante en viande.
En 1845, ces idées flottaient dans Tatmosphère argentine et les reproducteurs Rambouillet arrivaient fréquemment, parfaisant l'évolution, et donnant à nos troupeaux un développement en volume et en toison qui leur a valu une réputation très méritée. Pour ces reproducteurs, parmi lesquels il y en avait de remarquables, on paya depuis i5 £. jusqu'à i5oet 200 £.
En 1849, ^^ Argentin travailleur et sagace, Don Manuel Benavente, de Quilmes^ formait, comme je l'ai dit plus haut, la Cavagne modèle à la Canada de Gaete^ dont la prospérité est arrivée jusqu'à nos jours, dans le but d y élever de préférence le type Rambouillet. On a dit avec raison que le succès de ce compatriote fut très surprenant, car, sans préparation scientifique et sans avoir parcouru les bergeries européennes, il trouva dans son esprit observateur les ressources nécessaires pour fonder et développer un établissement remarquable par ses résultats et ses installations.
Hannah, qui avait passé successivement du Saxon au Negrete^ se décida à la fin pour le Rambouillet des difFé-
rentes familles (Impériale et Gilbert, etc.) et, en iSSg, il faisait connaître les résultats de son travail en ces termes éloquents : « L'élevage Rambouillet a servi à fortifier la « race et à lui donner une toison plus épaisse et plus lourde. « J'ai eu des béliers de cet élevage qui produisaient jusqu'à « 22 livres de toison (laine en suint) et dont le poids vif était « de 236 livres. Leur laine est moins fine que la saxonne et a cependant il y a des animaux de race Rambouillet dont « la finesse de laine est admirable. »
A la chiite de la tyrannie de Rosas, en i852, quand les horizons de la civilisation argentine devinrent plus clairs et que les industries et les capitaux commencèrent à entrer dans une nouvelle phase économique dans le Rio de la Platay le problème difficile de l'élevage des races ovines les plus convenables au pays était résolu. L'ingénieur Pe/legrini écrivait en i853: « Sans rien ôter au mérite des ï< autres éleveurs de mérinos, parmi lesquels nous sommes « heureux de citer les membres de la Sociedad Pastoril : « MM. White, Pouce l, Mac Clymon, Halbach^ Bell, « Arana, Dick, Miller^ Hannah^ Bis hop, Dia{ Vele{, « Flintj Gowland, Miro, Dorrego, Pere^ Mendo^a, etc., « nous pouvons dire que Don Juan Harrat et Don « Claudio Stegman, pour -s'être convaincus les premiers t< que, dans un pays comme le nôtre, il est convenable « d'élever une race ovine de grande taille et de beaucoup « de laine, ont rendu un immense service à ce pays en « fixant définitivement la position qu'il doit occuper dans « cette branche de la production. »
Le pays a continué dans cette voie et si l'on observe le type général des troupeaux argentins, le but des éleveurs peut se classer en quatre groupes : i° Producteurs de laine et de viande ; 2° Producteurs de viande ou races anglaises ; 3^ Producteurs de laine fine; 4° Destructeurs de races à laine
et de races anglaises par des mélanges sans raison d'être.
Les troupeaux producteurs de viande et de laine ont pour base une constante infusion de sang Rambouillet, c'està-dire des différentes bergeries de France et d'Allemagne. Ces troupeaux acclimatés principalement à Buenos Aires et en partie à Santa Fé et à Entre Rios^ forment la somme la plus élevée dans la statistique ovine et les plus remarquables Capagnes du pays ont pour but de produire des reproducteurs qui joignent à une grande taille une toison noble et bien fournie.
Les troupeaux producteurs de viande avec une laine inférieure, longue, cassante et légère, viennent en second lieu comme importance numérique et ils ont pour base le croisement des races du pays et du métis mérinos avec les béliers et les brebis à face blanche et noire d'Angleterre : les Leicester, les Costwoold, les Lincoln, les Romney-Marsh, les Rockeman, les Southdojvn, les Ox/orshiredojpn, les Hampshiredown, les Dorset et les Shropshiredown. Dans quelques régions éloignées, la race pampa est encore élevée.
Je m'explique qu'un propriétaire de troupeaux mérinos dont le champ s'est transformé en perdant ses fourrages tendres, comme c'est le cas en ce moment dans l'ouest de Buenos Aires, ou qui est obligé de peupler un champ primitif, je m'explique, dis-je, qu'il fasse un croisement en recherchant la plus grande rusticité et la plus grande résistance des animaux sans sacrifier sa rente : la laine. C'est un cas où l'on se décide à perdre la partie pour sauver le tout. Mais le faire par plaisir et par système, en oubliant que les races à laine et à viande donnent à elles seules le plus haut rendement en matière d'espèce ovine, ou qu'il est nécessaire de cultiver les races à viande sans mélange, c'est là tomber dans une erreur dont l'Allemagne se repent profondément, car on y sacrifie la race mérinos aux convenances transitoires
de la consommation et les résultats furent désastreux. La République Argentine en profite maintenant et ses laines occupent dans l'industrie européenne le vide produit par Timpré vision des éleveurs techniques.
Heureusement je n'ai pas rencontré de cavagniste distingué qui ait eu pour programme celui des routiniers.
MM. Olipera Hermanos, qui ont fait époque dans la matière, sont franchement producteurs de mérinos à laine et à viande et n'ont jamais eu l'idée de former un type hybride en croisant le Leicester ou le Hampshiredojvn avec le Negrete de leur ancienne cavagne liquidée, ou avec le Rambouillet de la postérieure.
Les Gibbson et les E{curra se sont maintenus invariablement dans la ligne productrice de viande sans avoir la velléité de rechercher plus de prix pour la laine par une infusion de sang Rambouillet ou Negrete.
M. Manuel Aguirre me disait dans sa lettre : « Le but « que je me propose est d'arriver au plus haut degré de « noblesse dans la laine : je suis lainier. » Et il Test sans transactions, sans mêler la question du volume à son objectif: il est l'admirateur et le partisan des béliers de Kent{lin !
Le savant M. Felipe Senillosa m'écrit dans les termes suivants :
« Quand, par la mort de notre père, nous nous chargeà- « mes de la direction des estancias^ en i858, il n'y avait que « quelques milliers de brebis dont quelques-unes du pays et « la plus grande partie métisses.
« Dès lors nous commençâmes leur amélioration avec « constance en nous servant de béliers mérinos Negrete de la fameuse Cavagne « Los Poronguitos » de Stegman. Mais ce « qui favorisa le plus le rapide progrès de cet élevage fut la << sélection. Tous les ans on séparait des troupeaux ce qu'il « y avait de moins fin et de plus défectueux et on le réunis-
« sait en un lot qu'on vendait facilement parce que l'abon- « dance n'était pas encore arrivée par le rapide accroisse- « ment de l'espèce.
« Quand la baisse des prix se prononça en i865 et que « les champs appropriés à Télevage de la brebis firent « défaut, on commença à tuer dans les graisseries et, comme « l'espèce était si dédaignée, les grands propriétaires d'ani- « maux, en général, firent peu de cas du raffinement et « remirent sans réserve les brebis entre les mains des contre- « maîtres de ces établissements.
« Nous autres, comprenant qu'il se produirait un chan- « gement favorable, nous établîmes, pour éviter la dégéné- « ration, une graisserie au Venado et nous pûmes bénéficier « de tout ce qu'il y avait de vieux et de défectueux; par suite, « la sélection augmenta. Aussi, lors de la réaction, nous « trouvions-nous avec des troupeaux aussi bons, et peut-être « meilleurs, que ceux des établissements qui, en 1864, étaient « en première ligne.
« Depuis i858 jusqu'à 1869, le raffinement fut cherché « au moyen du mérinos Negrete^ suivant en cela la généra- « lité.
« Après nous nous décidâmes pour le Rambouillet^ « parce que nous considérâmes que, bien que les laines « extra-fines eussent toujours leur mérite, leur production « n'était pas économique. La laine Negrete est connue par « sa grande quantité de suint d'où il résulte qu'elle donne « peu de rendement net.
« Nos deux Cavagnes sont actuellement de race Ram- « bouillet pure, c'est-à-dire de la Bergerie Nationale de H France.
« Nous lui avons donné la préférence parce qu'elle joint (c à un volume et à un poids moyens entre les races de « laine inférieure et les saxonnes une finesse suffisante pour
« les tissus les plus nécessaires et les plus généraux, réunie « à une frisure et à une élasticité fort appréciées des fabri- « cants.
« On a dit, avec raison peut-être, que la grande taille « du mérinos Rambouillet est due à l'amélioration . Nous « croyons qu'elle est due à la constante sélection.
<( Gilbert disait, en 1798, que les grains n'entraient dans « la ration des animaux qu'à certaines époques de l'année. « Plus tard on augmenta l'alimentation et l'usage des « grains et des fourrages se fit plus général; mais il y a « longtemps (depuis 1845) que le régime à Rambouillet est « fixe. Grâce à cela et à la sélection pour la finesse de la " laine, il s'est opéré une diminution du poids vif du produit « des animaux et une considérable augmentation du produit « de la laine, plus grande même si on la compare au poids « des animaux.
« Ces conditions de la race sont déjà normales, nous ne « croyons pas que cet avantage soit l'apanage de certains « reproducteurs appartenant à des races en formation qu'on « importe depuis quelque temps. D'autre part, ceux qui « dirigent la Bergerie nationale^ établissement de l'État, « sont obligés de rendre publics leurs procédés comme les « faits observés.
« Des bergeries allemandes qui nous envoient leurs grands « béliers, que savons-nous? Connaissons-nous quels ont été « les moyens dont elles se sont servies pour obtenir tant de « volume? Les croisements n'y sont-ils pour rien? S'il en « est ainsi, il est clair que c'est au moyen de la sélection et « d'une alimentation excessivement substantielle qu'on y est « parvenu. Nous inclinons à penser qu'il doit y avoir un « peu de tout cela car, sans croisement, il leur eût fallu « beaucoup plus de temps pour arriver à ces résultats dont « on peut dire qu'ils dépassent et forcent la nature.
« Nous disons cela parce que nous croyons convenable « que cette question soit élucidée avec tous les renseigne- « ments possibles, en vue de ce qu'une erreur ou une tromc< perie en l'espèce peut être fort nuisible à la production « du pays.
« Le Rambouillet national, de taille moyenne, pâture en « moins de temps que les susnommés Rambouillet d'AUe- « magne et les fourrages ras lui suffisent, ce qui augmente « sa résistance aux époques de pénurie. De ce^'fait, il est « possible d'avoir un plus grand nombre de métis Rambouillet a dans un espace déterminé sans préjudice pour les bêtes « proprement dites à viande de l'espèce bovine qui s'aliu mentent des hauts fourrages.
« Pour en finir de ce qui se rapporte à votre question au « sujet des races de choix, nous dirons que les troupeaux « ordinaires, grâce aux Rambouillet et à la sélection, nous « donnent dans Vestancia u San Felipe », année moyenne, « 6 livres et jusqu'à 620 livres de laine par tête sur un « chiflfre de 40.000 têtes que nous avons.
« Le Venado produit moins de laine, ce qui s'explique « par une plus grande finesse que Ton a recherchée dans « ses troupeaux au commencement (de i858 à 1869) et par « la dégénération survenue dans la qualité des fourrages « pour avoir rechargé les prairies en brebis et n'y avoir « gardé que peu de vaches.
« Les laines de ces établissements ont obtenu, depuis « quelques années, les meilleurs prix, à l'exception de celles « de la Magdalena et d'autres régions de faible rendement.
« Les moutons de boucherie ont atteint à des prix qui « varient selon les époques entre 2 piastres monnaie natio- « nale et 2.90 vendus ici.
« Le poids de nos béliers Rambouillet^ ainsi qu'on peut « le voir aux pages 260 et 26 1 de la Repista Popular de la
n Exposicion Rural Internacional y est de 125 à 220 livres, « animaux de un et deux ans, et les brebis du même âge « donnent de 90 à 120 livres. Les poids généraux pris à la « Cavagne « El Venado » accusent un terme moyen de « 169 livres pour les béliers.
« Ayant pleine confiance dans le choix de la race par les « résultats obtenus, nous continuerons à sputenir le type « actuel sans oublier jamais la frisure et l'élasticité de la « laine, conditions de grande importance pour obtenir de « bons tissus; nous avons confiance également en l'avenir « des laines fines parce qu'on peut les produire seulement « ici et en Australie. Les pays trop peuplés, ne pouvant « entrer en concurrence économique avec ces deux pays, « producteurs de laines fines, doivent forcément rechercher « la production de la viande principalement. D'ailleurs, la « mode revient à l'usage des étoffes fines. »
A la suite de ces érudites informations, je dois ajouter que MM. Senillosa Hermanos sont aussi éleveurs de Z.//2coln mais conservent à l'état pur les deux courants de leur féconde activité.
M. Lo{ano marche à la poursuite de buts déterminés comme il le dit ainsi : « L'objectif que je me suis proposé « est d'obtenir un animal bien développé, de grande taille « régulière, de laine fine et abondante, de bonne qualité et « de poids élevé tant pour l'animal que pour la toison.
« J'ai pesé plusieurs fois les bêtes que j'envoie aux « enchères et elles m'ont donné un minimum de 78 livres, un « maximum de 25o, un lot de 20 béliers pesant en moyenne « 240 livres. Cette année le bélier 840, envoyé à Texposition- « foire de Mercedes , y a pesé 262 livres.
« Je ne puis connaître le poids des toisons des béliers que « je vends par la raison que ce sont les acheteurs qui les « tondent ; mais cette année j'ai eu l'occasion de voir tondre
« quelques béliers que m'a achetés l'année dernière mon « ami Don Manuel J. Aguirre^ lesquels n'avaient que dix « mois de laine et ont donné de 20 à 23 livres, après la « monte. Le troupeau que j'ai soin de peser tous les jours, « me donne de 10 à 22 livres, ce dernier poids pour peu « d'animaux. •
« Avec le Negrete je me propose de produire un animal « de laine fine, noble, d'un caractère bien prononcé, assez « serrée, de beaucoup de corps et d'une taille moyenne. Je « sais par quelques éleveurs qui ont acheté de mes béliers « qu'ils ont obtenu jusqu'à 3o livres et d'autres seulement 18. « Mon troupeau Negrete donne de 9 à 20 livres par brebis. »
Ces opinions et ces fermes tendances d'éleveurs dont quelques-uns marchent en tête du marché, démontrent l'erreur économique et scientifique que commettent beaucoup de nos e5to/iaero5 en sacrifiant leurs laines pour une chimère, puisqu'il est évident qu'il n'est pas incompatible d'obtenir la noblesse de la laine sur des mérinos de 262 livres poids vif, comme ceux de Loiano.
Les éleveurs ne peuvent atteindre des résultats satisfaisants, s'ils ne conforment pas leurs actes à un raisonnenient rationnel. A cet égard, il faut adopter la race qui convienne le mieux à la qualité du champ comme au climat et non ce qui plaît le plus aux yeux et à nos théories.
En conséquence, l'éleveur de mérinos doit méditer beaucoup avant d'embrasser cette exploitation et ensuite y employer toutes ses ressources et sa constance sans mélange ni réticences : c'est ainsi qu'on arrive aux grands succès. C'est aussi par cette même voie que les éleveurs de races anglaises sont arrivés à exhausser le volume de leurs machines à produire de la viande.
Je considère urgente la divulgation de ces idées pour détruire des erreurs doublement funestes à l'intérêt privé
comme à l'intérêt public et je vais appuyer cette opinion de celle de quelques éleveurs allemands renommés.
Le cavagitiste Steiger écrivait à M\ Lo{ano^ le 25 juillet 1886, ce qui suit: « Heureusement les prix des laines « ont beaucoup monté et il y a apparence pour cela que « les cavagnistes se décideront à acheter beaucoup de « béliers. J'ai parlé dernièrement aux divers grands fabri- <t cants de ce pays qui ont envoyé des agents spéciaux à « Buenos Aires pour y acheter la laine dont ils ont besoin, <( et ils m'ont communiqué qu'aujourd'hui ils achètent de « préférence les laines de cette provenance.
« En Allemagne un grand nombre de cavagnistes (qui « n'élèvent que des moutons de boucherie) ont fait descendre « les prix de la laine, par le fait d'avoir introduit le sang « anglais dans leurs troupeaux de mérinos dont personne ne « veut acheter la laine croisée.
« Les fabricants payent en conséquence de moindres prix <« pour les laines, parce qu'ils savent parfaitement que les «< sud-américaines sont restées inérinos pur^ tandis que « celles de ce pays n'offrent pas toujours de garanties.
« J'ai prévenu plusieurs fois les éleveurs d'ici de ne pas « altérer leurs laines, par des croisements avec des béliers (c anglais ou d'autres animaux communs. Maintenant que « les fabricants ont perdu confiance dans ces laines, les susc< dits éleveurs sont convaincus que mon troupeau ne peut « produire assez de béliers pour suffire à la demande qu'on (1 m'en fait, afin de pouvoir corriger les fautes commises. »
Le directeur de la fameuse bergerie Negrete de Kentilin, M. Mass^ écrivait au même éleveur argentin, à la date du 21 octobre i885, ce qui suit : « Ici, en Allemagne, « les temps actuels sont durs pour les agronomes. Les « grains sont à bas prix et les détenteurs de grosses laines « ne trouvent pas d'acheteurs. Ce dernier point me favorise.
(( Cela m'a procuré beaucoup de demandes de béliers.
« Il n'est pas douteux que les Allemands n'aient commis « la légèreté de laisser perdre leurs bonnes laines par Tin- « troduction du sang anglais. Les propriétaires de ces berce geries ont fait de mauvaises aflfaires cette année, car ils << n'ont pas vendu un seul animal.
(( Le discrédit de la laine allemande a favorisé la sud- « américaine et c'est pour cela que nos laines sont recher- « chées et obtiennent de bons prix.
« On parle d'imposer des droits d'entrée sur les laines, « ce que je n'approuve ni ne crois réalisable; mais cepen- (( dant je conseille aux éleveurs sud-américains de ne pas <( laisser perdre leurs laines par de mauvais reproducteurs, La « réputation se perd bien vite et je le dis avec d'autant plus « de raison, que les Allemands aujourd'hui travaillent fort à « regagner la leur. »
Le cavagftiste distingué, aujourd'hui retiré et professeur d'agronomie, M. Bohn^ écrivait aussi à M. Lo^ano^ le 10 mars i885, dans les termes suivants :
(( Je regrette on ne peut plus que vous n'ayez pas été « satisfait de mon dernier envoi, car j'étais complètement « convaincu de vous avoir remis de véritables types pour « les diverses castes de l'Amérique du Sud.
« Après avoir visité en compagnie de Blaeschke (le « berger de Lo^ano) pendant un mois les principales bcr- « geries d'Allemagne, me rendant compte ainsi des vues et « opinions du susdit Blaeschke^ je restai convaincu de « n'avoir pas choisi les animaux les plus convenables à vos « besoins, mais je ne puis croire que les exigences aussi « fortement accentuées de Blaeschke soient les seules justes « dans votre pays, et j'ai demandé leur opinion à nos <t éleveurs les plus réputés, tels que MasSj von Homeyer^ « Kayser et autres.
« Blaeschke s'appuie, pour Télève des brebis en Allemagne, sur des opinions qu'on reconnaissait justes, il y a trente ans, mais que depuis lors on a abandonnées comme étant entièrement erronées. Il exige avant tout que la laine ait beaucoup de suint. J'admets que (comme dans la Russie méridionale) les fortes chaleurs de votre pays et la circonstance que vos brebis restent exposées à Tair libre toute Tannée exigent la présence d'un peu plus de suint que pour notre climat (où nous gardons en outre nos brebis à Tabri), afin de former une couche plus solide par l'oxydation de la sueur et de la boue à la superficie de la toison qui résiste plus à la terre; mais, malgré tout, cette sueur ne doit pas être en trop grande proportion et moins encore doit-on la cultiver; puis, ensuite, cette couche doit être de nature très légère et facile à dissoudre; je ne puis m'associer à la théorie de Blaeschke qui dit :
« — Nous tondons là-bas avec la laine noire en dessus et la sueur et la boue donnent un plus grand poids.
« Cette opinion était fort généralisée en Allemagne, il y a trente ans et plus, même pour la laine lavée avant la tonte, mais nos fabricants et négociants en laine renoncèrent bien vite à payer comme laine cette matière fort pesante et ils firent dès lors baisser on ne peut plus à leur avantage les prix des laines de cette catégorie appelées pesantes. L'éleveur allemand doit donc s'attacher à produire une laine très légère. Peut-être les négociants de votre ville auront-ils déjà reconnu la justesse de cela.
« De toute façon ils le reconnaîtront bien vite et ne manqueront pas d'y conformer leurs opérations. Les cas ne sont pas rares où Ton voit nos fabricants, acheteurs de laine dans ces terres transatlantiques, dire que la laine de la Plata est très bonne, mais qu'elle a l'inconvénient
« d'être trop chargée^ c'est-à-dire que la couche de sueur « et de boue est trop forte.
« Blaeschke exige en outre des animaux /or/ plissés, « Ils doivent, tout au moins, avoir des plis au cou, à la « poitrine et une fleur à la queue. J'admets la justesse de « la théorie qui veut qu'un certain nombre de plis laisse « présumer l'existence d'une laine plus épaisse; mais, selon « nos idées et d'après notre expérience, ces plis doivent « seulement exister dans le jeune agfieau^ répandus sur « tout le corps et sous la forme très délicate qui s'appelle « %'er de terre; chez l'agneau déjà gr nd^ ils se perdent « dans la toison, ne peuvent s'apercevoir à première vue « mais seulement en divisant la laine jusqu'à découvrir « l'épiderme. Nous appelons cela épiderme replié. Les « grands plis sont généralement Tindice d'un épiderme « gras, spongieux et l'alimentation des brebis qui en « sont pourvues est très difficile et fastidieuse sans compter « que l'animal produit une laine débile et comme macérée.
« Les Allemands autrefois se sont totalement trompés à « cet égard mais ils se sont corrigés après avoir eu à <c souffrir beaucoup.
« Blaeschke exige aussi une laine très fine. Aussi justi- « fiée que puisse être cette exigence dans une brebis de « laine courte, il sera toujours difficile, sinon impossible, <c d'y arriver pour une brebis de laine épaisse. Pendant que « nous pouvons, en toute justice, exiger dans la brebis de « laine courte un rendement de tout premier choix, dont « la dernière classe ne soit pas inférieure à prima /, nous « devons nous contenter avec la brebis de laine serrée de « ne trouver que de la laine prima et, dans la plupart des <i cas, de la laine segimda. Et cela est tellement vrai que, « même à Rambouillet^ on ne trouve pas de meilleur ren- « dément.
« Vous m'avez proposé de faire un voyage en France " en compagnie de Blaeschke. Hé bien, l'établissement de « Rambouillet serait le seul où Ton pourrait trouver quelque « chose d'adoptable à votre pays; mais les brebis de cette « bergerie ont la réputation (peut-être avec raison) d'être « attaquées de la maladie de Tépine dorsale, circonstance ^< qui fait qu'aucun Allemand n'achète de Rambouillet,
« Blaeschke exige encore, de plein droit, dans tous les « animaux, des formes très développées et nous n'en avons « pu trouver que fort peu parmi les Negrete; à Kent{lin « seulement il existe des brebis renommées à bon droit en « Allemagne ; tous les autres troupeaux sont, sinon perdus, « du moins dégénérés.
« J'ai cru remplir un devoir en montrant à Blaeschke '< les brebis qui sont aujourd'hui les plus renommées de « r Autriche, celles de Remisjit{ en Moravie^ mais en " aucune façon nous n'avons été satisfaits bien que nos « exigences aient été on ne peut plus modestes... »
Par lettre du 25 février 1886, M. Mass, de Kent{lin^ disait à M. Lo{ano :
« Les échantillons de laine de votre troupeau sont « excessivement intéressants pour moi; déjà plusieurs per- « sonnes les ont vus et je me chargerai de les présenter « dans les expositions. Ce qui m'intéresse le plus, c'est la « laine admirablement fine et en partie non susceptible d'être « améliorée : vous avez là un type d'avenir pour la laine.
« Le temps est passé pour la laine grosse, et croyez-le « bien : vous ferez chez vous de mauvaises affaires avec « elle à l'avenir.
« Ici, en Allemagne, on se plaint beaucoup de ce que « les laines d'outre-mer sont actuellement très mauvaises « et grosses : c'est ainsi qu'un négociant en gros de Berlin « a perdu 200.000 marks sur la laine de Buenos Aires.
« L'exportation de la viande a séduit beaucoup de « monde et cela s'explique, car, jusqu'à présent, elle laissait « quelques bénéfices; mais son prix a baissé d'un tiers et « partant on ne pourrait plus parler de bénéfice en Texpor- « tant.
« Vous en supporterez bientôt les conséquences. »
Voilà la science et l'expérience unies pour engager les éleveurs argentins à conserver et purifier avec constance et intelligence le trésor de sang mérinos, unique par son importance dans le monde, que possède la République. Je ne condamne pas cependant la culture du sang anglais dans notre pays, puisque moi-même j'en suis plus fort éleveur que de sang mérinos, mais nous devons l'exploiter pur et sur une grande échelle sans le faire servir à détruire les progrès du type mérinos qu'ont la plupart de nos troupeaux : les deux courants conviennent aux pays mais en marchant indépendants, avec vigueur chacun dans sa sphère d'action.
Nos éleveurs de mérinos diflFèrent dans les détails et discutent sur des types et des qualités.
Les uns désireraient plus de finesse de laine, d'autres un peu plus de corps et une bonne laine ; tous la toison serrée et grande. Il y a des partisans radicaux du mérinos officiel français, méprisant ce qu'ils appellent la facture allemande comme il y en a du type allemand dédaignant n'importe quelle autre sous-race. 11 y a des partisans du type allemand sans plis, mais il y en a aussi — et ce sont les plus nombreux — du bélier dont la poitrine est ornée de gros colliers et d'une grande cravate à la queue.
La tète et les pattes pelées, qui ont leur raison d'être dans les troupeaux qui enlèvent la carretilla des champs et la boue des abreuvoirs naturels, ne sont pas estimées : on préfère et recherche principalement une tête recouverte jusqu'au museau et des pattes fourrées jusqu'aux sabots.
Ce type grand, vif, nerveux, serré, de tête contournée et de cornes en spirales quelque peu courtes et fermées, emporte la. palme dans les ventes publiques. La laine peut en être très mauvaise, n'importe : le monde raisonne avec les yeux.
Dans le sang anglais, nous retrouvons aussi divisé l'attachement des éleveurs entre toutes les variétés de face blanche ou noire. Tous ces thèmes provoquent des discussions et passionnent les esprits.
Mais au sein de tant de divergences d'opinions et de désirs, il résulte que nos éleveurs se préoccupent surtout de produire de la viande et de la laine avec un seul animal. C'est à cela que répond le sang Rambouillet dans ses diverses variétés.
Dans le courant de cet objectif, il y a des degrés ; les uns recherchent plus de corps et moins de finesse et emploient dans ce but le Rambouillet modifié de volume, d'autres préfèrent une meilleure laine et une moyenne taille et emploient le mérinos officiel de France ou le mélange Rambouillet Negrete.
La production de viande absorbe ensuite l'attention des éleveurs employant des béliers mérinos allemands croisés anglais dont l'importation est une calamité pour le pays, car ils viennent détruire le type de nos Cavagnes.
La culture du sang anglais spécialement est rationnelle et a donné dans le pays les plus féconds résultats. Les différentes races s'adaptent parfaitement à notre climat comme à nos champs; elles se développent plus promptement et plus vigoureusement qu'en Europe.
Les éleveurs de laine extra-fine sont, comme je l'ai dit, en minorité, mais ils augmentent en force et en troupeaux, ainsi que le démontre l'apparition de diverses Cavagnes
Negrete nouvelles, bien qu'ayant évidemment un mélange Rambouillet.
Les éleveurs de races de viande se sont décidés avec raison pour le type Lincoln comme croisement avec des mérinos et des Pampas. Ce choix a en sa faveur l'expérience et est sans doute opportun, surtout quand on y voit clair en allant toujours de l'avant en employant des pur sang.
Les races de face noire sont encore en essai, bien que peu d'éleveurs en aient des troupeaux assez importants pour pouvoir opérer avec grande expérience.
Le type face noire est plus économique que le Lincoln pour rélevage sur une grande échelle car sa sobriété lui permet 4e se développer dans les pâturages inférieurs où ne peuvent engraisser les races bovines, et il offre une étonnante résistance à l'action des intempéries, des tempêtes et des maladies. La gale, cette plaie universelle des bêtes ovines, ne l'attaque pas dans la proportion des autres races surtout par rapport au Lincoln qui paraît le plus apte à la culture et au développement de ïaccarus.
Dans mon troupeau type face noire de i883 à 1888, je n'ai pas eu de gale.
Quant à l'autre plaie, le piétin, ce type est aussi plus résistant par suite de la dureté de son pied. Je n'ai presque jamais vu d'animaux boiteux dans nos troupeaux.
Par toutes ces conditions, si la laine de la face noire n'était pas, comme je le crois, inférieure à celle du Lincoln, je me déciderais, comme race de viande argentine, pour le croisement du Southdojpn avec des béliers Oxforshiredonm. C'est une question de prix de laine. Actuellement on paye le même prix pour la laine Lincoln que pour celle de la face noire. 11 serait bon de savoir si cette dernière classe étant multipliée en grande quantité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, les prix actuels se maintiendraient.
En étudiant comparativement le Lincoln et la face noire argentine de mes troupeaux, ce dernier mélange de brebis Southdonm et de béliers Ox/orshiredown, je suis arrivé à des résultats qui me semblent bons à être mis au jour.
Les jeunes faces noires ont de splendides formes sculpturales et un extraordinaire développement de corps. Comme type symétrique, c'est le plus beau que je connaisse. En i883, j'ai importé une bonne souche (ï Oxforshiredown composée de lo brebis qui formèrent deux groupes [pen] ou bandes dans la célèbre Exposition royale d'Angleterre de cette année, remportant le premier prix Tun d'eux et le second prix l'autre.
Les cinq brebis de la première bande obtinrent en plus les premiers prix dans d'autres expositions ainsi que le Champion Pri^e à Bicester.
Ces brebis mirent bas avec une merveilleuse fécondité : elles donnèrent deux ou trois agneaux chacune. Celles de trois rejetons furent au nombre de quatre, celles d'un seul l'exception.
Tant de fécondité était cependant un faible tribut payé à la mort, la quatrième partie seulement de cette mise bas étant arrivée à bonne fin.
Ces brebis sont merveilleusement précoces comme race de boucherie et, malgré mes efforts, je ne parvenais pas à les empêcher d'engraisser sans danger pour leur santé. Cette aptitude à l'engraissement détruit presque complètement leurs sécrétions laiteuses au point qu'elles n'ont plus suffisamment de lait pour un agneau.
Leurs instincts maternels sont si peu développés qu'elles traitent bêtement leur rejeton et quelquefois le tuent en le piétinant ou en se couchant rien que par leur poids de i G arrobas ( 1 1 5 kilos) .
Les agneaux eux-mêmes naissent débiles et rachitiques,
pesant un tiers de moins que les robustes descendants des Southdown et du croisement Southdon>n avec des béliers Oxforshiredojptt .
Il faut des soins peu communs à la campagne pour sauver ces pauvres organismes et les laisser se développer, en les faisant téter à la main auprès de leur mère ou de nourrices que l'on cherche dans les troupeaux communs.
C'est ainsi seulement que je suis arrivé à développer ce beau type dont Tun des spécimens âgé de dix-huit mois a remporté le troisième prix à V Exposition internationale de Buenos Aires en i883 et dessert aujourd'hui le troupeau Southdown de M. Benjamin Butteler à Merlo.
Les brebis importées par d'autres éleveurs de la même origine ne semblent pas plus convenables que les miennes, circonstance qui, jointe à leur haut prix de 200 piastres monnaie nationale, m'engage à ne conseiller leur acquisition qu'à bon escient.
Il y a une voie plus rapide et plus sûre pour obtenir des
Jaces noires d'un grand développement comme celui des
susdites brebis précoces ; elle consiste à prendre de bonnes
brebis Southdown et à les croiser avec des béliers Oxfor-
shiredown bien choisis.
J'ai des antenaises de deux croisements, descendantes de P///, bélier que j'ai acheté à M. Donald Maclenan et qui pesait 3oo livres à l'époque de sa splendeur; elles peuvent être présentées déjà concurremment avec les mêmes brebis primées à l'Exposition royale de i883.
D'autre part, le résultat de ce croisement à pâturage libre est vigoureux; il n'a jamais de piétin ni de gale et ses produits sont si forts et si grands qu'ils luttent et triomphent sans aide.
Pour confirmer ces assertions, je donne ici les poids comparés de béliers Lincoln^ d'origine Biscathorpe^ Oxforshire-
do^pn purs de Brasey et du mélange de brebis Soiithdown et de béliers Oxforshiredown^ tous soignés par le même système au Carmen et correspondant à l'agnelage de 1886. L'expérience se fit sur des brebis mères également grasses et saines alimentées aux champs.