MALADIES
Sommairb: Observations pratiques. — Expérience directe et iournalière. <» Paroles d^n Américain remarquable. — La gale. — Son développement dans la République. — Méthodes primitives et modernes de traitement. — Remèdes généralement employés. — Statistique du nombre d^animaux guéris et coût pour chacun. — Observations pratiques sur l'efficacité de la cure. — Époque où la gale apparaît et où elle se développe. — Les pluies neutralisent la guérison. — Découverte à ce sujet. — Investigations faites entre éleveurs. — Leurs conclusions. — Le piétin. — Études de M. Bernier, — Observations de Pauteur. — Causes et développement. — Manières de combattre celles-là. — Situation des brebis attaquées. — Remèdes. — Procédé préservatif. — Énergie et administration. — Maladies vermineuscs. — De grandes épidémies tuent à Buenos Aires des millions de brebis. — Etudes pratiques dans différents établissements. -* Moyens préventifs et curatifs. — Désordres intestinaux. — Diarrhées épidémiques. — Leurs causes. — Observations sur la nature des fourrages et le climat. — Impossibilité de guérison. — Préservatifs rationnels essayés. — Le sagûaypé ou distoma hepatica, — Etudes et conclusions fondamentales du D' Wernicke. — Maladies charbonneuses. — Tumeurs. — - Œdèmes. — Tétanos. — Calculs, — Véroles. — Tournis ou folie. — Vers. — Equinococus. — Météorisation. — Emploi du trocart. — Mise bas. — Terre. — Précautions que doivent prendre les amateurs. — Nécessité d'employer des vétérinaires.
L'espèce ovine de la République Argentine est attaquée déjà de la plupart des maladies communes dans d'autres régions du monde et, bien que quelques-unes très graves et dévastatrices n'aient pas encore traversé TOcéan pour s'acclimater chez nous, elles ne tarderont sans doute pas aie faire.
L'importation de moutons a été, comme je l'ai démontré, considérable et s'est faite sans réserve, sans les précautions élémentaires nécessaires pour éviter les conséquences funestes de la permanence d'animaux malades au milieu de troupeaux sains.
Décrire ces maladies serait superflu : il n'y a pas un livre de vétérinaire qui ne donne les explications satisfaisantes.
En conséquence, je me bornerai à noter des faits pratiques à propos de l'apparition, du développement et des systèmes préventifs et curatifs des maladies les plus alarmantes, consultant ainsi surtout l'intérêt immédiat des éleveurs.
Le D" G. H. Daddj médecin, chirurgien et vétérinaire aux Etats-Unis, y a joui d'une grande réputation en son temps et lui-même attribuait son succès à ne s'en être pas tenu rigoureusement aux règles théoriques. Ainsi, bien qu'ayant été élevé dans l'école allopathique, il employa toujours les remèdes qu'une observation profonde suggérait à son critérium.
En conséquence, un autre docteur notable en la matière, Russel Manning^ donne aux éleveurs les conseils pratiques suivants à la page 746 de son Illustrated Stock Doctor^ conseils d'or que je recommande à nos estancieros et à nos majordomes d'estancias :
« Quiconque veut devenir expert à reconnaître les maladies des animaux doit étudier en détail l'état de santé de
< ces derniers et se familiariser patiemment avec leurs cou- ( tûmes, les apparences qu'ils présentent d'ordinaire et leur t physiologie générale. Il doit connaître le pouls commun ( des animaux et les battements du cœur, le mouvement
< régulier de leur respiration et leur degré de chaleur habi-
< tuel; à cet effet il peut employer un thermomètre spécial.
« Il doit observer Taspect des yeux et de la langue et « connaître les positions dans lesquelles dorment et se « réveillent les animaux. 11 doit observer aussi le caractère « et la fréquence de leur appétit.
« C'est dans la variation de ces particularités communes « que le vétérinaire trouve un indice qui lui permet de « reconnaître quelques-unes des maladies qui se présentent « à lui . »
I. — La gale, qui, comme je l'ai démontré, était déjà connue des Araucains et des Guaranis à l'arrivée des Espagnols en Amérique, commença à préoccuper les éleveurs de brebis en i838, quand quelques béliers allemands, de race électorale, répandirent cette maladie dans les troupeaux fins de l'époque.
Les premiers procédés curatifs, encore employés dans les zones de notre élevage primitif où le progrès n'a pas encore pénétré avec énergie, reposaient sur les traditions de remèdes indiens; c'est-à-dire qu'ils avaient pour base la graisse d'animaux sauvages, du sanglier et du poulain.
Une longue période de lutte et de propagande a été nécessaire pour que les paysans donnassent de l'importance à la guérison de la gale.
Il y a vingt ans, elle décimait nos troupeaux, les dépouillait de leur laine, dépréciant sa qualité, et tuait des milliers de brebis; mais si un éleveur plus avancé faisait des sacrifices pour tuer le germe, ses voisins ignorants ou négligents stérilisaient ses eflforts et ses dépenses.
Actuellement le traitement se généralise beaucoup, il n'est cependant ni réglementé par l'autorité ni adopté dans tout le territoire où l'on élève la brebis.
En 1878, comme j'avais proposé le premier certaines mesures officielles à la Législature de Buenos Aires, je fis la statistique du nombre de brebis traitées et, me basant
sur les quantités de remède vendues, j'obtins les données suivantes pour la saison 1 878- 1 879 :