CROISEMENT
Sommaire : Initiative du croisement. — Les mérinos du docteur Labarden, en 1794.
— Leurs résultats. — On perd les traces de cette souche. — Importation de mérinos, par Halsey. — La cavagne de VAlto Redondo, — Pertes occasionnées par rincendie de chardons. — Translation à Quilmes. — Première société d^éleveurs argentins. — Aguirre, Roxas et Haedo. — Cavagnes du Rincon de Lima, à Corrientes et de Lujan à Buenos Aires. — Le climat tue la première.
— La guerre civile détruit la seconde. — La Société argentine se liquide. — Dispersion de ses souches. — Lettre d'un des associés, M. Roxas, à ce propos.
— 11 meurt pauvre à Buenos Aires quand les mérinos atteignent la plus grande splendeur. — Importations officielles de mérinos et de southdown, sous Rivadavia. — Pintos et Capdevila. — Harrat et Sheridan. — Une société anglaise monopolise les mérinos de Buenos Aires. — Elle achète, en 1826, la seconde remise officielle arrêtée par le blocus brésilien. — La grande Cavagne « Los Galpones », — Sheridan, Wh*tfield et Harrat. — Le chargé d^afifaires Hannah.
— Les associés Harrat et Whitfîeld se retirent. — Les cavagnes Harrat et Hannah. — Les grandes importations de mérinos de iS36 à i838. — Système d'élevage de Tépoque. — Le premier hangar. — Propagande. — Premiers ouvrages sur les brebis. — Apparition de la gale dans les bergeries. — La gale en Amérique avant la conquâte. — Son importation moderne. — La souche du Rincon de Sosa, — Collaborateurs dans toute la province. — Les brebis dans la République jusqu'au milieu du siècle. — La consommation de viande à Buenos Aires. — Laines et exportations. — Révolutions politiques. — Hosti^ lité de Rosas et du peuple contre le raffinement. — Meurent les étrangers galeux!,., — Don Claudio Stegman. — Réaction contre le mérino saxon. — Adoption du Negrete. — Inspiration qui régit la marche actuelle de Télevage des moutons. — Honneur aux précurseurs!...
Pendant un demi-siècle, ce fut une opinion répandue à Buenos Aires que Tinitiative et l'exemple pratique du
croisement des brebis pampéennes avec des mérinos d'Europe étaient dus à un Américain du Nord ou à Téminent Rivadavia.
Cette croyance a été rectifiée par mon regretté maître et ami le docteur Don Juan Maria Gutierre{ dans une lettre publiée à Buenos Aires, le i6 décembre iSSg, dans le journal El Comercio del Plata. Sa lettre, écrite à propos d'une polémique bruyante sur nos races ovines, soutenue par MM. Eduardo Olivera^ Wilfredo Lathan et Juan Hannah^ disait :
(( En fouillant dans de vieux papiers, — suivant mon « habitude, — j'ai découvert que, le lo décembre 1794, <( Don Manuel José de Labarden avait payé à la maison K Romero de Buenos Aires la somme de 187 piastres et « demie-fortes * pour coût et frais de dix moutons et vingt ({ brebis embarqués, à ses risques et périls, à Cadix, à bord « de la frégate Santa Ana.
« A cette époque, Labarden se livrait à d'intelligentes (( occupations rurales dans une estancia - de la Bande <t orientale nommée El Sauce^ près du village du Colla où (( il remplissait la charge d'administrateur des estancias « du Roi.
« Il est donc permis de croire que l'introduction se fit « sur Tautre rive du Rio de la Plata; mais cela n'amoindrit « pas le droit de priorité de notre compatriote pour son idée « de raffiner nos laines par l'influence des mérinos pénin- « sulaires.