TERRAIN ARGILEUX
imperméable. Avec de tels caractères, il n'y a pas de culture avantageuse possible (dans un sol proprement dit argileux). Cette terre , d’une finesse extrême, mise en contact avec l’eau, se gonfle et finit par s’y diviser entièrement. En se desséchant, elle se dureit et se contracte tellement, qu'on y remarque des fentes et même plus tard des crevasses profondes.
Ces terres argileuses s’accommodent assez bien des situations inclinées. Comme l'humidité s’en écoule difficilement, on a soin de les labourer en billons (ou espèces de bandes convexes), de manière à laisser séjourner l’eau dans les sillons seuls, qui sont par cela plus ou moins improductifs.
Ce terrain s’échauffe difficilement ; car, pour que la chaleur puisse le pénétrer, il faut préablement que l’eau en soit en grande partie évaporée; aussi le nomme--on terrain froid. (Lire l’article Amendement.)
Les terrains argileux conviennent pour l'établissement des praïries ; les arbres fruitiers y réussissent, en général, assez peu; mais les Saules, les Peupliers et les Aulnes y prospèrent.
Les labours d'automne leur sont très-favorables, surtout si l’on retourne la terre en grosses mottes , aussitôt que l'humidité en est évaporée et qu'on a pu la travailler. La gelée alors les divise profondément, et tend à les rendre très-meubles. L'écobuage, les cendres, les sables, le gravier même, les fumiers récents, les amendent d’une manière très-remarquable. L'eau a pour ces sortes de terrains une telle affinité, qu’elle ne s’en sépare entièrement que si on l’expose à la chaleur rouge (1).
Ce terrain est le moins favorable à la culture du Mürier. Il y produit cependant de grandes et belles feuilles, dit-on; mais elles y sont réellement trop charnues, trop succulentes, et ne nourrissent réellement pas aussi bien les vers-à-soie que des feuilles moins grandes, moins épaisses, et contenant, sutout, moins d’eau.
{1) Voir l’article Écobuage au chapitre Amendement.