TERRAIN CALCAIRE. AT
Nous insistons, à chaque occasion, sur ce point; car nous voudrions voir les Müriers disparaître des prairies, des bords des fossés, des terrains argileux , pour les voir transporter dans des terrains un peu secs, où ils donneront moins de feuilles en poids, en succulence. C’est ce que malheureusement nous ne verrons pas de longtemps ; car il sera difficile de persuader à des personnes de la campagne que des feuilles grandes, épaisses, belles, et surtout qui, cueillies, sont très-pesantes , ne soient pas les meilleures. Dans des années où la sécheresse régnera, elles seront bonnes ; dans les années trèspluvieuses, elles seront détestables pour le but qu'on se propose. (Voir, d’ailleurs, l’article Choix des variétés de Müriers, leur culture et leur taille.)
TROISIÈME CHAPITRE
Terrain ealeaire,
Le terrain calcaire est formé par le broiement ou le délitement de la pierre à chaux, dont nons construisons non-seulement nos maisons, mais encore dont nous faisons le mortier, qui sert à rendre adhérentes ces pierres entr'elles. C’est dans les roches formées de chaux que nous trouvons les premières traces de pétrifications ou fossiles végétaux et animaux. Cette nature de roche est très-abondante. A l'état solide ou à celui de terre, il est facile de reconnaître ce composé au bouillonnement qui s'opère lorsque nous y jetons quelques gouttes d'un acide liquide quelconque , tels que sulfurique, chlorhydrique, ete. Ce bouillonnement que l’on aperçoit est dû à l’action de l’acide sur ce composé inorganique. L’acide employé, qui a plus de tendance à s’unir avec la chaux composant essentiellement ce terrain, se combine à elle, et l’autre acide (gazeux) qui lui était uni devient libre et se dégage. Par cette opération, nous formons donc (avec l'acide sulfurique) du sulfate de chaux, ou sulfate d’oxide de chaux, ou sulfate de calcium hydraté,
48 TERRAIN CALCAIRÉ.
c'est-à-dire contenant, en outre, de l’eau : c'est ce que nous nommons plâtre (4).
Lorque la pierre à chaux est pure, elle est composée de :
Oxide de calcium (chaux vive) . . . . . 56,3 Acide carbonique, . ;: .: +... sos 49,7
Elle peut être d’ailleurs pénétrée d’une assez grande proportion d'eau à l’état latent (caché).
Elle se dissout dans la plupart des acides, avec lesquels elle constitue des composés salins (ou sels). Placée à une haute température, la pierre à chaux abandonne l'acide et l’eau qu'elle contenait ; il ne reste plus que l’oxide de chaux (ou oxide de calcium).
Le carbonate de chaux est considéré comme insoluble dans l’eau ; il s'y dissout cependant en quantité notable au moyen de l'acide carbonique libre. Lorsqu'une semblable dissolution dans l’eau est exposée à l'air, l'acide se dissipe peu à peu, et le carbonate se dépose, en incrustant les surfaces , si l’action continue. C’est à cette dernière circonstance qu'est due la production de ces nombreux dépôts de carbonate de chaux (tuf, stalactites). Le dépôt se fait d'autant plus vite que les tuyaux qui conduisent l’eau ne sont pas complètement pleins; car alors le vide que l’eau laisse facilite encore le dégagement du gaz qu'elle contient. Cette propriété, que possède le carbonate calcaire de se dissoudre dans l’eau acidulée par l'acide carbonique, permet d’entrevoir comment les sols peuvent transmettre ce sel aux plantes, et comment le peu de chaux qu’on met parfois dans les terrains, qui en sont privés, peut en disparaître graduellement et se déchauler (si l’on peut s'exprimer ainsi). Ce fait peut très-bien avoir lieu ; en outre, par les eaux qui coulent sur le sol, car elles contiennent presque toujours un peu d'acide carbonique.
(4) Nous -ntrerons plus loin dans quelques détails sur la composition de la chaux et du plâtre, sur leur préparation industrielle et leur application à l’agriculture.
QUALITÉS DU SOL. 49 Le sable peut être siliceux ôu calcaire ; le plus souvent, il est mélangé (excepté dans le grès de Fontainebleau, où il est complètement siliceux). On constate dans les sables mélangés la silice et la chaux), en les traitant au moyen d'un autre acide qui ait plus d’affinité avec l’oxide de calcium. L’effervescence prouve la présence du carbonate, et on peut évaluer la quantité de ce sel en pesant le sable sec, et, après le traitement par l'acide, en prenant la précaution de bien laver le sable qui reste avant de le dessécher pour le peser. L'essentiel est de déterminer la quantité de matière siliceuse (ou sablonneuse). Si l’on avait un intérêt particulier à constater la présence et évaluer la quantité de carbonate ierreux contenue dans une terre, il vaudrait mieux faire une recherche spéciale, parce que le calcaire, très-divisé, étant entraîné avec la matière argileuse qu'il pourrait contenir, le sable obtenu par le lavage ne renferme plus la totalité du carbonate de chaux.
QUATRIÈME CHAPITRE
Qualités du sol.
1% $.L'adhérence des molécules terreuses ou ténacité est une chose très-importante à connaître en agriculture. On à cherché bien des moyens pour l’apprécier sans avoir pu y parvenir. Cette adhérence est représentée par les agriculteurs sous le nom de terre forte. La ténacité du sol, rendant les travaux plus difficiles, a dù fixer bien plus leur attention que la pesanteur. Elle a été bien exprimée dans la pratique par le général du génie VAILLANT (1847), et comme ce moyen est parfaitement applicable à la pratique pour les creusements des fossés, les trous à faire pour la plantation des arbres, les défoncements même, etc., nous allons indiquer le procédé employé par ce savant.
Pour parvenir à classer ce terrain, on prend un homme de confiance, fort et habitué au travail de la terre ; on le fait piocher pendant un certain nombre de minutes, et on lui fait charger dans
des brouettes la terre piochée. On observe le nombre de minutes employées pour chacune de ces opérations, et leur rapport fait connaître le nombre de piocheurs que cette terre exige, pour que le chargeur puisse travailler sans interruption, Cette méthode, usitée dans les travaux publics, pourrait l'être aussi avec avantage en agriculture et en horticulture, pour les minages, les fossés, les creux à recevoir les arbres, etc. Avec de légères modifications, elle offrirait un degré de précision assez grand, surtout si l’on voulait s’en servir seulement pour classer le degré de ténacité du sol; car, dans la pratique agricole, on exécuterait le travail d’une manière plus expéditive dans la plupart des terres, en se servant de la bôche, qui entame et charge la terre à la fois. Dans tous les cas, il faudrait avoir soin de n’employer ce procédé de classement des terres que dans des circonstances identiques, relativement à la richesse des terrains et à leur tassement.
Il résulte du temps employé par un homme, pour fouir et charger dans une brouette (ou plus facilement jeter sur la surface plate du sol), 45 mètres cubes de terre.
La terre qui peut être chargée sans être préalablement fouillée (piochée), comme le sable et la terre végétale calcaire, est nommée terre à un homme, parce qu'un homme seul suffit pour charger dans la brouette (ou, à plus forte raison, la jeter sur le sol hors d’un fossé, d'un creux), 15 mètres dans une journée.
Lorsque la dureté de la terre oblige d'employer la pioche, il est nécessaire d'ajouter un homme au premier : l'un la prépare, afin que l’autre n'ait qu'à la prendre à la pêle sans interruption; la terre est alors dite à deux hommes.
Elle est à un homme et demi, lorsqu'un piocheur suffit pour la préparer à deux chargeurs.
Enfin, elle est dite à trois hommes, lorsque deux piocheurs sont nécessaires pour que le chargeur puisse travailler constamment, et ainsi de suite.
La ténacité du degré d'atténuation des parcelles de la terre et de la forme de ces parcelles, influe sur leur disposition à être mises en contact, autant que par leur nature même. Elle résulte donc
QUALITÉS DU SOL. ol de causes compliquées dont l'analyse ne rendrait pas compte, et qui peuvent seulement être mdiquées par l'expérience. La quantité de travail faite par les ouvriers est en rapport avec la ténacité trouvée. Les ouvriers d'Orange bêchent en trois jours 600 mètres de surface à 20 centimètres de profondeur, ou 40 mêtres par jour, dans des terres de 1 à 2 kilogrammes de ténacité : ils n’en bêcheraient que 20 sur un terrain de 4 kilogrammes, si on les forçait à faire des mottes de grosseur égale, dans l’un ou l’autre terrain. Dans ces terrains d’une grande ténacité, l’on a plus d’avantages de détacher d'énormes mottes, que l’hiver pulvérise ensuite, ce qui avance l’ameublissement. La charrue n'a pas le même avantage, parce qu'on est obligé, par sa nature, de proportionner la profondeur du travail à la largeur de terre à renverser, et qu’elle doit toucher le fond de la bande et non la séparer par un effet de levier, comme la bèche. La charrue a donc, dans tous les cas, à vaincre deux résistances dans les terres d’une double ténacité.
Mais tel terrain, rebelle lorsqu'il est sec, devient doux et meuble dès qu'il est humecté. C’est ce qui arrive dans les terres calcaires, tandis que l'humidité rend intraitable celles qui sont argileuses. D'ailleurs, la ténacité des terres est aussi très-importante dans le travail des terrains secs lorsqu'elles se collent fortement à la bêche ou aux autres instruments.
Les expériences faites pour reconnaître l'aptitude des terres mouillées à se sécher à l’air, prouvent qu’elles suivent à peu près l'ordre inverse de leur hygroscopicité. Ainsi, pour des sols semblablement situés, la mesure de cette dernière propriété serait aussi celle par laquelle on rencontrerait leur disposition à devenir secs.
De toutes les substances examinées, le sable et le gypse sont ceux qui laissent le plus facilement évaporer l’eau ; on remarque, au contraire, que le terreau retient l’eau très-fortement. On comprend alors comment les terres, qui en contiennent beaucoup, sont plus avantageuses à la végétation, à cause du séjour prolongé de l'humidité,
Les sables siliceux et calcaires, ainsi que le gypse, ne changent pas sensiblement de volume en s’humectant. L'extrème retrait du terreau explique le boursoufflement des terrains tourbeux dans les temps humides, et leur abaissement par la sécheresse; ils perdent un cinquième de leur volume. On voit aussi que le retrait n’est pas proportionné à la faculté de retenir l’eau, car la chaux a peu de retrait, quoiqu'elle retienne plus d’eau que l'argile; il dépend probablement du nouvel arrangement des molécules, qui est spécial pour chaque nature de sol, et qui, dans des mélanges aussi, agit d’une manière particulière.
2ne $. L'hygroscopicité des terres est lune des propriétés importantes à étudier, car les agriculteurs admettent que les terres, douées de la propriété d'attirer l'humidité atmosphérique, se rencontrent généralement parmi celles qui sont fertiles. On ne doit pas confondre cette faculté avec celle de retenir l’eau déjà absorbée. Elle paraît dépendre de la porosité des terres et des sels plus ou moins déliquescents qu’elles peuvent renfermer. Le sable siliceux n’absorbe rien, le gypse et le sable calcaire très-peu, les terres argileuses beaucoup et le terreau en prodigieuse quantité.
L'humidité et la sécheresse du sol influent aussi considérablement sur son échauffement, dont la différence est constamment de 7-8 degrés. L'abaissement de température est dû à l’évaporation de l’eau; il se maintient jusqu'a ce que les terres soient sèches.
On peut conclure de tous les faits cités, que les terres froides sont celles qui ont une couleur peu foncée, une grande facilité à retenir l’eau, et à se dessécher lentement.
3° $. La pesanteur des diverses terres est en général trèsmal appréciée; car nous nommons terres lourdes, celles qui, sous un volume et une dessication égale, offrent le plus haut poids ; ainsi, dans les exemples cités ci-dessous, la pesanteur va en diminuant du premier au dernier exemple : sable siliceux, sable
We
QUALITÉS DU SOL. DE calcaire, gypse, argile maigre, argile grasse, lerreau, terre arable et terre de jardin.
Les agriculteurs nomment un terrain léger celui qui laisse passer et évaporer l'eau avec une grande facilité; conséquemment, ils regardent le sable comme le plus léger, pendant que nous avons vu, en tête des terrains pesants, les sables. Ainsi, en général, la terre qui en contient le plus est pour l’agriculteur celle qu'il considère comme la plus légère.
4° $. L'absorption de l’oxigène par les terres est aussi un point important pour l'agriculture et l'horticulture, aussi at-elle occupé beaucoup les physiologistes. L'absorption de l'oxigène par le terreau est nulle dans l’état sec ; il est le plus considérable de tous les autres produits pulvérulents terrestres dans l'état d'humectation. Il forme, avec le carbone, de l'acide carbonique. Si le terreau est complètement recouvert d'eau, il devient noir, et se change en terreau carbonisé insoluble, qu’on trouve dans toutes les terres de marais et mélangé avec les tourbes. Quand aux autres terres, elles se bornent à absorber l’oxigène sans se combiner avec lui; car si on les dessèche ensuite à une température un peu élevée, elles redeviennent susceptibles d’absorber les mêmes quantités de ce gaz. L'absorption a lieu aussi quand les terres sont complètement recouvertes d’une couche d’eau. L'eau seule, sous tefre, n’absorbe que des quantités très-petites d'oxigène.
La chaleur augmente la faculté d'absorption des terres : celles qui sont gelées n’ont presque aucune action absorbante, celles qui contiennent de l’oxide de fer et qui sont placées sous l’eau, ou qui sont humides, absorbent de l'oxigène ; aussi les terres humides ne sontelles aptes à se combiner avec ce gaz, qu'autant qu'elles contiennent du terreau et du fer. Le terreau, combiné avec l'oxigène, produit immédiatement de l'acide carbonique, propre à passer dans les plantes. Le fer s’en empare aussi et le conserve. Les autres terres le gardent en réserve et ne le rendent que par leur dessication; alors s'exhale de la terre humide un air fortement oxigéné, dont on connaît l'action énergique sur la germination.
5°$. L'échauffement des terres, par les rayons solaires, est l’une des propriétés les plus importantes en agriculture et en horticulture. Il dépend de plusieurs circonstances bien distinctes :
1° De la couleur du sol ;
2° De la composition minérale ;
3° De la disposition à la sécheresse ou à l'humidité (1).
La couleur du sol est l’une des causes principales de son échauffement; elle fait varier beaucoup la chaleur que la terre acquiert : de l'argile teintée en noir, exposée au soleil, indique une température de près de 49 degrés, tandis que la mème terre, en blanc, ne marque qu'environ #1.
Les terres blanches sont des glaises, et comme elles retiennent beaucoup d’eau, on doit attribuer le retard de leur végétation à l'humidité. Les cultivateurs du Midi savent bien, qu'à humectation égale, les terres calcaires rouges produisent des végétaux bien plus précoces que celles qui sont blanches. Les vins des terroirs blancs sont bien moins spiritueux que ceux des sols colorés. Les céréales et les fourrages, cultivés dans des terres foncées, sont beaucoup plus avancés, surtout au printemps, que ceux qui ont végété dans un sol pâle.
Tout porte aussi à croire que la coloration des murs n’influerait pas moins sur la maturation des fruits. Les murs blanes absorbent la chaleur solaire, mais la reflètent sur l’espalier ; tandis que les murs noirs absorbent la chaleur solaire et rayonnent pendant la nuit. Ainsi, dans le premier cas, on produit un climat extrème à l'arbre ; dans l’autre, un climat moyen. Dans les pays froids, où il importe de hâter la maturité par des variations successives de température capable de provoquer le mouvement de la sève, on à adopté généralement les murs blancs; tandis que dans les contrées méridionales, il est très-probable qu'on obtiendrait des avantages des murs noirs. Ils préviendraient l’insolation brusque des fruits, el
(4) Voir, pour plus de développements, l'excellent ouvrage de M. p& GASPARIN, où sont puisées la plupart de ces observations.
As rs
QUALITÉS DU SOL. , DD) réparliraient pendant la nuit la chaleur qu'ils auraient absorbée pendant le jour. Les habitants de Chamount répandent sur leurs champs, couverts de neige, un schiste noirâtre en poudre grossière, pour hâter la fonte de la neige qui couvre les portions de sol qu'ils veulent ensemencer de bonne heure.
6° $. La composition minérale des terres produit des effets bien moins marqués que ceux de la coloration sur leur échauffement par les rayons du soleil. On parvient à distinguer les résultats de cette influence, en exposant les diverses natures des terrains au soleil, avec leur surface noircie par une légère couche de noir de fumée, ou blanchie par une couche également légère de magnésie très-fine. On ne trouve dans la nature de terre la plus facile à s'échauffer et celle qui l'est le moins (le gypse blanc et l'argile blanche) qu’une différence de 2 degrés 1/2 environ, et entre l'argile noircie et le gypse noirei, environ 2 degrés 1/2, tandis que la différence du noir au blanc est presque constamment de 7-8. Il est donc évident que c’est à la coloration du sol que l'on doit attribuer son plus ou moins grand échauffement.
Nous devons conclure, avec M. DE GASPARIN, que la terre parfaite est celle dans laquelle les plantes rencontrent un ferme appui, soustraites aux alternatives de sécheresse et d'humidité, conservant constamment la quantité d'eau nécessaire à leur végétation, et pas au-delà, trouvent les éléments de nutrition qu'elles doivent rencontrer dans le sol; c’est encore celle qui, par son exposition et ses abris, est soustraite autant que possible au froid de l'hiver, seule modification atmosphérique qu'il nous soit peu facile de conjurer sans des moyens artificiels coûteux ; enfin, celle qui, à ses qualités, jouit d’une faible ténacité, et qui par conséquent peut se cultiver avec le moins de frais possible.
Les horticulteurs «préparent du mieux qu'ils peuvent cette terre parfaite, pour leurs serres, avec divers mélanges pulvérulents (et des engrais), et ils procurent aux plantes un développement qui surpasse souvent celui qu’elles acquièrent dans leur pays natal ; mais les agriculteurs ne peuvent approcher de cette perfection, presque
absolue, qu'avec un certain nombre de conditions ; il leur est bien difficile de modifier la température de l'atmosphère et d'augmenter la quantité de lumière ; sous ce rapport, la perfection des terres est toujours relative au climat où elles sont situées.
CINQUIÈME CHAPITRE
Amendements.
Nous avons acquis quelques connaissances sur la nature des principales substances terreuses que l’on peut soumettre à la culture. Nous avons vu qu’elles ne sont jamais pures, que ces débris divers et ces mélanges ne sont encore susceptibles d’entretenir la végétation que d’un certain nombre de plantes.
On entend par amendement l'addition d’une terre de nature déterminée, à une autre d’une toute autre nature. Aïnsi, le sol sablonneux est amendé avantageusement par l'argile et par une certaine quantité de chaux ou de marne. Le sol calcaire est amendé par l'addition de la silice et de l’argile. Nous avons vu que ces divers mélanges présentent des propriétés physiques tout-à-fait différentes de celles qu'ils avaient séparément; mais il est encore une substance qui doit entrer dans les amendements, c’est l’eau. Dans le Midi de la France, les récoltes de Luzerne et de Froment son! souvent compromises si les terres ne sont pas arrosées ; et, dans d’autres cas, l'écoulement de l’eau rend fertile une terre marécageuse. Si la grande culture ne peut souvent employer le premier de ces moyens, l’horticulture en retire de très-grands avantages, car l'eau est indispensable.
La terre n'est pas toujours composée de sels minéraux peu solubles, l'eau qui l'humeecte tient parfois en dissolution du sulfate de soude, de magnésie et de fer; mais celui qu’on y rencontre en plus grande quantité est le chlorure de soude (sel marin, sel de cuisine). Les sables et les autres terrains qui bordent la mer en sont imprésaés souvent à de grandes distances. Une pincée de terre, mise sur
AMENDEMENTS. 51 la langue; annonce, avant toute analyse chimique, la présence du sel qu’elle contient. Tout le monde connaît la saveur du chlorure de soude : celle du sulfate de fer est styptique, celle du sulfate de soude est fraîche, puis amère ; le sulfate de magnésie est amer; la saveur fraiche, suivie d’une amertume particulière, annonce l'azotate de chaux et de potasse {nitre, salpètre). Les terres qui contiennent du sulfate de fer, appréciable aussi au goût, sont infertiles.
Quand aux terres qui contiennent du sel marin, un simple essai vient aider au goût. On en met une quantité dans de l’eau, on agite, le sel s’y dissout aussitôt, on filtre; on ajoute quelques gouttes de dissolution d’azotate d'argent, et il se forme un précipité. Si l’on veut connaître la proportion de ce sel, il suffit de filtrer et de faire évaporer l'eau de dissolution. Quand la quantité de ce sel dépasse 2 pour 100, la terre est impropre à la culture de la plupart des plantes : on n'y trouve que des Salicornes, de l’'Arroche maritime, des Tamarix de France, des Soudes, etc. Ces plantes cessent mème d'y croître si la dose s'élève à 5 centièmes. Quand les terrains sablonneux sont profonds, ils sont bientôt dessalés par les pluies ; car, présentant peu de capillarité, l’eau ne remonte pas à la surface, et le sel, ou plutôt l’eau salée, n’est que dans les couches mférieures. F :
Ces terrains sont assez fertiles dans les contrées humides, parce qu'ils sont mêlés de débris calcaires et organiques. On les emploie comme amendement des terres fortes (argileuses ). Les terrains salins sont mous, glissants et noirs quand ils sont humides, durs par la sécheresse, et alors le sel se montre en efflorescence à leur surface. On les reconnaît de loin à une humidité superficielle, qu'ils conservent par l'humidité atmosphérique et terrestre, avec laquelle ils ont une grande affinité.
Lorsqu'on ne peut facilement amender un sol argileux , surtout par l'addition du sable, on diminue la finesse de ses molécules en l’écobuant, c’est-à-dire en le calcinant (demi-vitrification) sur place.
L'opération de l’éeobuage est d’une grande importance en agriculture. On l'applique aux terrains essentiellement argileux, qui
permettent difficilement le passage de l'air et de l'eau. On disperse sur le sol, par un temps sec, des fagots de peu de valeur et à distance plus ou moins éloignée. On les garnit de chaumes, arrachés sur un champ, s’il vient d'être cultivé en céréales. On recouvre chaque monticule de mottes de gazons ou de la terre du champ, de manière à ce que la combustion soit concentrée le plus possible.
Le bois que l’on emploie est pris dans les forêts voisines : des épines, des genèts, des fougères, des jones ettoutes sortes de broussailles sèches peuvent être utilisés.
La combustion produit deux effets : l’un d’agglomérer des molécules argileuses, de manière à les transformer plus ou moins complètement en briques écrasées, qui, incorporées avec les molécules argileuses , non atteintes par le feu, rendent le sol plus perméable. C'est presque comme si on y incorporait d'assez gros sable.
Le second effet est produit par les cendres contenant des sels plus ou moins solubles, et qui agissent bientôt sur la végétation.
Cet écobuage n’a pas été employé sur les terrains argileux seuls, on a aussi écobué (brûlé) des sols silico-argileux dont les molécules sableuses étaient extrêmement fixes, et on a obtenu de três-heureux résultats. Ils ont été tels, que M. Muxer, de Lyon, a fait construire des espèces de berceaux ou cages en fer et d’autres en fonte pour écobuer un terrain dont les molécules siliceuses étaient presque de la même nature que le sol de la Bresse.
Quelques agriculteurs craignent, quelquefois, que par l’'écobuage on détruise le peu d'engrais que contiennent ces sols ; mais au lieu de ces parcelles organiques (s'il s’en rencontre) , on produit des matières salines qui sont loin d’être inutiles aux plantes, el d’ailleurs, le peu de substances organiques qui pourraient se trouver dans le sol auraient besoin, pour être solubles, d'un temps très-ong sur des terrains aussi peu perméables (1).
{4) Voir pour complément l'Axendement par les cendres.
ie" $. Les eendres des végétaux ligneux ne sont pas ordinairement employées comme amendement, à moins que ce ne soit celles des fours à chaux et de ceux à plâtre : celles-ci contiennent de grandes proportions de chaux et peuvent servir au chaulage des terrains ; mais, en outre, les fours chauffés avecle bois produisent des cendres bien préférables, car elles renferment les matières salines du bois. Les cendres des savonneries, qui sont mêlées de fortes proportions de chaux, en partie carbonatée, qu’on ajoute pour rendre caustique le carbonate de potasse, sont aussi de puissants excitants ; elles sont fort recherchées. On les répand dans la proportion de 40 à 50 hectolitres par hectare, etelles agissent pendant une dixaine d'années. Les cendres lessivées, quoique bien moins actives, servent encore d’amendement pour les sols argileux; elles les divisent et lâchent encore quelques sels actifs. Il est des localités où un hectare reçoit 150 hectolitres de ces cendres. Celles de houille sont encore très-utiles dans les mêmes sols ; elles les rendent plus perméables. Les cendres de tourbe contiennent, en général, les substances obtenues par la combustion des plantes; cependant, on y trouve une proportion d'azote un peu plus considérable que celle que l’on admet en moyenne dans les plantes herbacées supposées sèches. Elles contiennent des proportions remarquables de chaux et de sels alcalins ; leur effet est remarquable sur les trèfles. M. BOUSSINGAULT fait répandre sur eux, lorsqu'ils sont encore couverts de neige, 50 hectolitres par hectare de ces cendres. Les Hollandais l'emploient dans la proportion de 100 à 120 hectol. par hectare, mais à deux reprises.
Les cendres de houille contiennent de 4 ou 2 centièmes d'azote On a trouvé dans celles des mines de Saint-Etienne :
Argile inattaquable par les acides . . . . 63 parties. RAR Ne OUR COUT a LE RMS nu Put. ROBES RARES HAUT it. NU. D LA. 9 aide de Malpanesss nn - …. ee 0