FEUILLE
tendent successivement à perdre cette teinte, mais c’est dans ces couches récentes que l’activité vitale est la plus grande.
Dans le Mürier, les couches ligneuses centrales ou bois parfait sont d'un brun verdâtre fauve ; elles acquièrent successivement une grande solidité et peuvent faire de bons échalas, d’exceilents manches de bêches et des triandines.
Les tiges des plantes vivaces existent longtemps : mais, étant souterraines, elles ont été souventméconnues, et on leur a donné parfois le nom inutile de Rhizome (Ellébore noir et Oseille ordinaire). Dans les plantes à ognons; elles sont souvent bien plus difficiles à voir, se trouvant réduites à un plateau très-bas, presque en forme de palet, quiest couvert de la base persistante des anciennes feuilles, et au centre donne naissance aux nouvelles et aux pédoncules ou au pédicelle. En dessous, ce plateau ou disque donne naissance chaque année à des racines longues et fibreuses, qui ne durent au plus qu'une année.
Quelques R£onoeotylées ont leurs fibres ascensionnelles plus régulièrement disposées que dans d’autres plantes de cette classe, toutes s’entrecroisent sur un seul plan horizontal et forment ce diaphragme (cloison transversale) que nous remarquons dans Îles Roseaux et les Froments, et donnent aussitôt naissance, à la base de leur gaîne, à de nouvelles fibres ascensionnelles aussi, qui, arrivées à une certaine hauteur, forment encore et la gaïîne et la lame de la deuxième feuille. Cette disposition continue jusqu'à une certaine hauteur, pour aller enfin former la panicule ou l'épi de fleurs. (Voir, pour plus de développements, ma Flore des Jardins, 1° volume ).
QUATRIÈME CHAPITRE
Feuille. CE
La feuille est cet organe ordinairement demi-charnu, très-souvent vert, le plus souvent aplati, qui naît de l'écorce sur la tige ou sur
FEUILLE. 143 ses ramifications et qui s'allonge particulièrement par sa base. Elle est presque toujours formée du pétiole, de la lame et parfois de ses stipules.
Le Pétiole (queue de feuille) est un faisceau de fibres qui partent plus ou moins bas de l'écorce, et qui, en s’épanouissant, vont concourir à la formation de la lame. Il est plus où moins long : tantôt cylindrique dès sa base, canaliculé ou dilaté, et parfois engainant. Ce faisceau fibreux est quelquefois si court que la lame semble sessile {sans pétiole). Rarement le pétiole se dilate sans produire de lame horizontale, mais une verticale ; alors les deux bords sont: l’un en haut, l’autre en bas (quelques Mimosacées,.
Dans quelques familles, entr'autres dans les Horusacées, le pétiole est accompagné à sa base de deux petites lames foliacées, trèsvariées de forme, quitantôtsontlhbres (Müriers); d’autres fois, unies au péliole (Rosiers), ce sont les séfpules. Dans le genre qui doit nous occuper essentiellement ici, ces deux stipules demi-membraneuses ont une base assez large, qui se continue obliquement sur l'écorce, et avant que la lame de la feuille soit complètement développée, elles se détachent de leur base et tombent; on ne voit plus, pendant un ou deux ans après, que les cicatrices qu'elles laissent. La présence ou l'absence de ces stipules est d’une certaine importance, puisqu'elles existent où manquent le plus souvent dans une famille. Ces organes sont lancéoles oblongs dans les Müûriers.
La Fame de la feuille est constituée caractéristiquement par la partie fibreuse. Celle-ci varie de dispositions dans divers grands groupes : ainsi, dans les Bicotylés, ces fibres se séparent angulairement ; dans les Rlonocetylés, les fibres sont parallèles. Si dans les premières elles sont disposées comme les barbes d’une plume, la lame est dite pennatifibrée ( Müriers) ; d’autres fois, le pétiole écarte ses fibres brusquement comme nos doigts, et alors elle est désignée sous le nom de palmatifibrée (Vignes). Ces fibres qui s’écartent suecessivement en embranchements plus ou moins nombreux s’évanouissent parfois insensiblement, ou d’autres fois