‹ Description culture et taille des muriersChapitre 39 sur 85 · FEUILLE · texte numérisé non relu

FEUILLE

s'arrangent de mamière à former un réseau, souvent semblable a de la dentelle; ou bien, au lieu de former un réseau, elles se prolongent jusqu’au bord de la feuille et vont former des dents plus ou moins aiguës. Tout l'intervalle que ces fibres laissent est rempli par un très-grand nombre d’utricules placées côte à côte, et plus ou moins superposées suivant l'épaisseur de la feuille.

En parlant des organes en général, nous avons vu que les surfaces du végétal exposées à l'air étaient couvertes d’une seule couche d’utricules parfaitement transparente et placées côte à côte, et qu'on a désignée sous la dénomination de Cuticule.Ala face inférieure de . ces lames se trouvent aussi de plus ou moins nombreux stomates, et les Müriers en offrent {au microscope) un assez grand nombre ; aussi, leurs feuilles se fanent-elles facilement.

Dans le Saule de Babylone, dont les rameaux sont pendants, les

feuilles tournent sur leur pétiole pour que cette face supérieure soit toujours au soleil.

Dans leur jeunesse surtout, les feuilles du Mürier sont légèrement enduites d’une couche gommeuse.

La lame de la feuille est le plus souvent divisée en deux moitiés quelquefois égales, que l’on nomme lamelles. Alors , le faisceau fibreux central se nomme la dorsale ou fibre centrale. Presque toujours ces deux lamelles sont de même grandeur et largeur (Mürier); dans d’autres cas, au contraire, elles sont dissemblables ( Tilleul et Orme.)

Les fibres (improprement nommées nervures) sont ordinairement plus saillantes sur la face inférieure (Wüärier) que sur la supérieure ; plus rarement, elles saillent presque également sur les deux faces ç Persil et Petite-Ciquë).

La feuille, enfin, est dite simple quand, telle lobée qu’elle puisse être, aucune de ses parties constitutives ne se détache à la fin de leur vie (ANGÉLICACÉES ou Ombellifères). Mais, comme des portions d'une feuille de rose peuvent se séparer les unes des autres ainsi que dans le Robinier fauracacia, ces feuilles sont nommées

BOURGEON. 143 composées ; chacun de leurs fragments (quise délachent à la fin de la vie de la feuille), est une foliole; quand, au contraire, les parties ne se séparent à aucnne époque de leur vie (Célerr, Angélique et Dent-de-Lion), alors ces feuilles sont dites pennatilobées ou palimatilobées; plus ou moins profondément, chacune de leur partie isolée est done un lobe.

Quant à la forme de la feuille de Mürier, elle varie assez peu ; elle est presque towjours cordiforme , plus ou moins allongée, d'une consistance plus ou moins ferme ; mais les nuances sont si peu tranchées qu'on n’a, jusqu’à présent, pu parvenir à donner le signalement exact des variétés que les jardiniers et les éducateurs de vers-à-soie désignent sous le nonrimpropre d'espèces.

Dans quelques plantes à feuilles composées , l'attitude des folioles est très-différente de jour ou de nuit; mais les feuilles simples sont, le plus souvent, peu sensiblement impressionnées par la lumière quant à leur position, et leur excitabilité est nulle.

Nous reviendrons sur les fonctions des feuilles à l'article Nutrition.

e OU CINQUIEME CHAPITRE.

Bourgeon.

On donne le nom de bourgeon au rudiment d’une plante, lequel naît sur quelque partie de la tige ou de ses ramifications ; sans fleuraison préalable et sans racines propres. Cet organe composé naît en même temps que la feuille et persiste ordinairement après sa chute. I consiste d'abord en une petite masse utriculeuse en rapport avec un ou plusieurs rayons utriculeux {médullaires). Il se trouve alors caché sous l'écorce, qu'il pousse bientôt devant lui, et il apparaît ensuite. Plus tard, les utricules de ce petit axe nouveau s'organisent en fibrilles et en fibres, et sa surface se couvre de pelites feuilles très-rudimentaires auxquelles on donne le nom d'écailles, parce qu'on leur à trouvé quelque ressemblance avec la

forme et la position de celles des poissons. Les fibres se continuent bientôt de la plante au bourgeon (ou peut-être plutôt du bourgeon à la mère-plante) ; mais le tissu utriculeux central de l'individu, comme greffé, ne communique pas visiblement avec la partie qui le porte. Ce bourgeon, formé d'une génération de feuilles qui va succéder à celle qui le portait à son aisselle , survit à cette feuille qui tombe et se flétrit (plus rarement persiste) à la fin de l'automne. Il reste (en apparence) presque stationnaire jusqu’au printemps , qui vient lui donner une plus vive impulsion et détermine son développement en branche. Nous avons vu que les écailles qui forment ordinairement ces bourgeons sont des modifications des feuilles de l’une ou l’autre de leurs parües; elles varient beaucoup de consistance et de forme. Elles sont souvent imprégnées de quelques matières insolubles aux agents atmosphériques , ou revêtues de poils qui les rendent moins perméables au froid. Ces écailles sont pressées les unes contre les autres, diversement appliquées, roulées ou pliées, et disposées en spirales simples ou doubles , suivant que les feuilles sont alternes ou opposées , tellement contractées qu'elles semblent former des cercles concentriques.

Nous avons déjà vu que la tige (ou axe central) d'un arbre , à sa première année d'existence, est ordinairement indivise, qu'elle porte un certain nombre de feuilles ; qu'à l’aisselle de chacune d'elles se trouve un bourgeon. Chacun d'eux, si une cause intérieure ou extérieure ne s’y oppose pas, produit un rameau. Cette évolution a lieu ainsi, chaque année , au printemps. Mais assez souvent, lorsque l'humidité est jointe à la chaleur qui règne parfois au mois d'août, ces bourgeons se développent. Dans ce cas, l'arbre croit presque comme une plante herbacée.

Tant que la feuille est jeune et qu’elle a toute l’activité vitale dont elle est susceptible, elle attire la sève par l’évaporation qu'elle produit, et le bourgeon prend peu d’accroissement ; mais, lorsqu'elle commence à perdre de son activité, il s'accroît. est si vrai que c’est là la cause du peu de développement

des bourgeons d’abord, que si on enlève les feuilles des Müriers , tous ceux qui étaient placés aux aisselles des feuilles se développent aussitôt, et quelquefois avec eux les bourgeons latéraux (surnuméraires ou adventifs). Ainsi, l'accroissement de la feuille arrête celui du bourgeon, et plusieurs de ceux-ci (ordinairement les inférieurs de la branche) ne peuvent se développer et meurent sur place. Si, au contraire, on coupe le rameau au-dessus de ces petits bourgeons, on les voit grossir aussitôt, s’allonger et se feuiller. Parmi les supérieurs, qui prennent toujours plus d’accroissement, soit parce qu’ils reposent sur un point plus herbacé, soit que la sève tende plus à se porter vers le sommet-des branches, il se passe dans ceux-ci un phénomène analogue. Tantôt le bourgeon terminal devient prépondérant: il attire la sève et prive ses voisins d’une quantité notable de nourriture : c’est ce qui arrive sauvent aux arbres résineux. D’autres fois, les bourgeons voisins du terminal prennent un accroissement plus rapide, et alors celui-ci périt et tombe. La branche alors se bifurque, ou bien l’un des latéraux se développe seul, et un rameau parait.

D'après ces faits et beaucoup d’autres que nous verrons dans l'article Greffe et ailleurs, l'individualité du bourgeon ne peut être douteuse. Ainsi, un bourgeon pris sur un individu panaché, ou seulement sur une branche à feuilles panachées, ou bien à fleurs doubles, développe ce même état au moyen de la greffe. On peut aussi multiplier, par ce moyen, un certain nombre de variétés de Rosiers, de Poiriers, ete., sur un individu du même genre sans qu'aucune d’elles n’influe très-sensiblement sur l’autre.

D'un autre côté, nous voyons des bourgeons de Lys bulbifère et du Cystoptère bulbifère se séparer spontanément, et il pousse à chacun d'eux des racines, ce qui forme autant de nouveaux mdividus.

Dans les plantes herbacées, au contraire, il ne se forme pas de bourgeons aux aisselles des feuilles, mais des rameaux tendres en partent presque en même temps qu’elles, et ainsi de suite successivement, jusqu’à ce que des circonstances atmosphériques, nuisibles

aux plantes herbacées ou même aux arbres dont la consolidation ne soit pas opérée, viennent les détruire en totalité ou dans leurs parties les plus délicates. Si ces circonstances étaient presque les mêmes pendant toute une année avec une température qui ne descendrait qu'à 4 ou 5 degrés au-dessus de zéro, sans s'élever à plus de 25 à 28, et que la température et l'humidité fussent un peu égales, nos arbres ne perdraient pas leurs feuilles pendant l'hiver : c’est ce qui arrive dans quelques contrées à nos Amandiers et à nos Cerisiers. Il est, d’ailleurs, à remarquer que ces arbres y fleurissent, mais leurs fruits n’y viennent jamais à maturité.

Chacun a pu remarquer que le point de la tige ou des rameaux d'où part une feuille est assez manifestement renflé; il s’y est déposé une certaine quantité de matière organique, élaborée par cette même feuille et accumulée pour commencer la nutrition de l'organe ou des organes qu’elle porte à son aisselle. En effet, nous voyons le plus souvent, dans l’angle qu’elle forme avec le rameau, un bourgeon; mais, généralement, il n’est pas seul; il est accompagné de deux latéraux (un de chaque côté), plus petits, mais qui grandissent rapidement si l'on supprime le central, ou qu'on coupe le rameau au-dessus d’eux : c'est ce que nous avons dit se nommer bourgeons surnuméraires ou adventifs. Hs sont parfois si petits qu’on ne les aperçoit très-distinctement que si l'on enlève le bourgeon principal ou la feuille. Si on supprimait ces trois bourgeons lorsqu'ils sont fort jeunes, et cela sans endommager la partie qui les porte, on en verrait encore sortir d’autres sur le renflement d'où naît la feuille. Une étude intelligente de ces divers bourgeons facilite beaucoup la taille dans les arbres fruitiers.

Sans vouloir entrer dans tous les détails qu'offrirait cet important sujet, voici un tableau qui donnera une idée de leur manière particulière d’être :

dénominalions(foliacés.

à.feuilles données \écailleux.

AU axillaires ? à fleurs d'après la pétolaires. mixtes | partie qui les Jstipulaires.

Bourgeons forme. \bractéaires extraxillaires (touj. foliacés, quelq. a PAPE oliacés.

souterrains rs “5 SA ie écailleux.

tuniqués.

Les bourgeons du premier embranchement ne s’observent que sur les arbres, et doivent encore nous occuper. Les souterrains sont propres aux plantes vivaces, aux Liliaeées, Amaryllisacées, etc. Nous avons vu que, dans ces deux derniers cas, les parties qui les forment sont les bases persistantes des anciennes feuilles, qui partent d'une portion de tige extrêmement courte. (Voir pour cet embranchement ma Flore des Jardins).

Par le tableau ci-dessus, nous remarquons trois modifications du bourgeon aérien, que le tailleur d’arbre doit bien connaître.

On nomme Bourgeon à feuille celui qui, comme son nom l'indique, n’est formé que de feuilles : c’est ce que les jardiniers désignent sous le nom de Bourgeons à bois ou yeux. Ce sont ceux que l’on prend pour la multiplication sans fleuraison préalable. II est important de bien les distinguer, soit pour la taille des arbres fruitiers, soit pour la greffe.

Bourgeons à fleurs (B. à fruit et Boutons des jardiniers). Ce sont ceux qui ne renferment que des fleurs ; ils sont plus courts, plus obtus que les précédents et ordinairement faciles à distinguer : les Cerisiers et les Pruniers surtout en présentent des exemples bien tranchés. Il arrive quelquefois que le bourgeon axillaire est à fleur et les latéraux à feuilles. Le jardinier ne peut ignorer ces distinctions, car il est de première importance pour lui de savoir ce qu'il doit détruire ou conserver, soit dans la taille, soit dans la greffe. Les genres qui viennent d'être cités présentent en même temps des B. à feuilles et d'autres à fleurs.

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