NUTRITION
Enfin, on désigne sous le nom de Bourgeons mixtes ceux qui renferment ensemble des feuilles et des fleurs, c’est le cas de nos Pomimiers, de nos Poiriers, etc., mais en même temps ils ont aussi des B. à feuilles. Les B. mixtes sont encore plus gros, plus ‘courts et plus obtus que les B. à feuilles. Quand tous ces divers bourgeons sont jeunes, ils sont difficiles à distinguer, aussi se trompe-t-on parfois quand on fait des greffes ; mais en automne, et surtout au printemps, ils sont extrèmement faciles à reconnaître.
Le genre Mârier (Morus), présente des B. à feuilles, et d'autres mixtes. (Voir l'article Greffe qui complétera celui-ci).
SIXIÈME CHAPITRE
Nutrition.
Après avoir rapidement passé en revue les organes élémentaires ou simples des plantes, nous avons ensuite étudié les organes composés qui concourent à la nutrition, tàchons de nous rendre compte de leurs fonctions.
Nous avons dit que l'atmosphère est formée d'azote, d’oxigène, de vapeur d’eau, d'acide carbonique, et qu'elle est traversée en outre par la lumière, le calorique et l'électricité. Nous savons que l'eau est indispensable dans la nature, que c’est elle qui tient en solution (outre l'air et quelques gaz) diverses autres matières inorganiques. Nous savons encore que le sol n’est pas moins indispensable pour la vie de la plante,
L'eau, tenant en dissolution tel ou tel de ces corps ou plusieurs en même temps, s’'introduit essentiellement par les extrémités, toujours renouvelées et très-nombreuses de ses racines. Elle parcourt les intervalles incalculables que laissent entr'elles les utricules et les fibrilles, à travers lesquelles pénètre aussile liquide par endosmose. La sève, après avoir parcouru tous les organes élémentaires des racines et des tiges, arrive aux surfaces vertes de la plante où une
NUTRITION. 151 partie de la prodigieuse quantité d'eau qui la compose s'évapore. Le liquide qui reste est devenu plus épais : de nouveaux organes élémentaires se sont formés. L'un des gaz introduit, l'acide carbopique, a subi un changement remarquable par l’action de la lumière solaire directe et la force vitale ; l’oxigène de l’acide carbonique décomposé se dégage dans l'air, et le carbone, si nuisible aux animaux et indispensable aux plantes, reste dans les tissus. L'action vitale modifie considérablement l’action mutuelle de tous ces Corps, qui vont former des parties souvent extrêmement différentes. Nous savons, d’ailleurs, que l’émanation de l’eau et de l’oxigène est abondante sous l’action du calorique et de la vive lumière, La nuit, au contraire, elle cesse, et la plante tend à absorber de l'air, ainsi que des gaz délétères qu’on lui présenterait et qui la tueraient ; tandis que par la vive lumière ils n’ont aucune action sur elle, preuve qu'ils n’en absorbent pas. La sève à pris de la viscosité ; elle contient des principes qui ne s'y trouvaient pas lors de son introduction : il s’y développe du sucre, de la gomme, des résines, des sels, et le végétal acquiert, suivant les familles, les genres, les espèces, des saveurs et des odeurs souventtoutes spéciales.
Tout porte à croire que cette sève, qui n’a aucun moteur propre, mais Sur laquelle la température et la lumière surtout agissent si puissamment, doit par conséquent se mouvoir d’une autre manière de jour et de nuit : de jour, mouvement ascensionnel plus ou moins rapide du liquide et des gaz; de nuit, presque stagnation de mouvement par l'absence de lumière et de calorique ; conséquemment, tendance du liquide plus lourd à descendre. De là, probablement reflux vers les racines ; mais si, chemin faisant, il y a arrêt plus ou moins prolongé dù aux incisions transversales, aux ligatures et à la texture des tissus placés au-dessous de ces obstacles ; si, par la greffe, le sujet ne peut élaborer autant qu’elle, il reste plus petit; si le tissu élabore beaucoup plus au-dessus de la greffe, le sujet prend moins de volume que la portion appliquée. IL est très-probable que tout se passe aussi simplement et que la sève ascendante et descendante se bornent à cela. Si celle-ci, dans sa