NUTRITION
descension lente et nocturne, ne trouve point d'obstacle, elle arrive graduellement aux racines ; s’il y a obstacle, la sève séjourne, l’organisation s'y opère mieux qu'ailleurs, et il y a bourrelet formé à la lèvre supérieure. Il paraît y avoir quelques dépositions dans le sol de tel ou tel suc, par les dernières extrémités des racines, malgré qu'il n'ait pas pu être aussi bien prouvé par les expériences chimiques que par les observations de BURGMANN.
Après ce court exposé, on comprendra facilement que les organes des végétaux n’ont aucune ressemblance avec ceux des animaux, et que leurs fonctions en présentent encore bien moins. Dans le végétal, aucune trace d’organe qui puisse donner l'impulsion au liquide nutritif dans toutes les parties de l’organisation ; aucune trace de vaisseau embranché dans lequel passe ce liquide; aucune trace d'organe particulier qui ressemble à des poumons. L'eau et l'air, entrés essentiellement par les racines, servent bien à former et à modifier la sève introduite ; mais cette modification n’a aucune ressemblance avec celle que subit le sang. Celui-ci s'oxigène, c'est-à-dire qu'il débarrasse son sang du carbone qu'il avait en excès. La combustion latente qui s'opère développe la chaleur nécessaire à l'individu, pour que ses organes fonctionnent.
Le végétal, au contraire, a besoin de carbone ; mais ce dernier, ne pouvant s’introduire à l’état pulvérulent, à l'état matériel comme dans l'animal, ne pénètre qu’à l’état de combinaison avec l'oxigène ou d'acide carbonique.
Dans cette décomposition, il n'y a pas la moindre trace de combustion; conséquemment , il ne peut y avoir aucune chaleur produite avec l'évaporation de l’eau en excès, qui n’a servi en partie qu'à l'introduction obligée des substances nutritives du végétal, déjà bien des fois indiquées. L’acide carbonique, plus important encore que l'azote pour la vie de la plante, est décomposé par la vive lumière, l’oxigène se dégage par les stomates, le carbone est fixé. Cette réciprocité d'existence est encore l'une iles divines, des immuables harmonies de l'Univers.