FLEUR EN GÉNÉRAL
SEPTIÈME CHAPITRE
Fleur en général.
Nous avons vu que le bourgeon normal naît de l’aisselle d'une feuille dans les arbres, et qu'il reste quelques mois dans un état presque stationnaire. Il est là comme greffé sur le rameau de l'année précédente. Lorsque l'humidité et la chaleur arrivent, il quitte pour ainsi dire sa vie latente, et se développe en branche ou en fleur, suivant qu'il a reçu préalablement une alimentation plus ou moins aqueuse ou substantielle. Dans une tige herbacée, dont la vie est de beaucoup moins de durée, le bourgeon, au lieu de rester quelque temps presque stationnaire, se développe aussitôt que la feuille.
Ainsi, pour nous, le bourgeon à fleur n’est dù qu'a des modifications de cet organe, suivant les circonstances du milieu terrestre, aérien et aqueux, jointes à la chaleur et à la lumière. De deux arbres, nés de deux graines (pepins) prises dans la même poire et déposées dans un même sol, aux mêmes circonstances atmosphériques, mais l'un en pleine terre, l’autre en pot; ce dernier, recevant une nourriture moins aqueuse, fleurira et fructifiera bien plus vite que celui de la pleine terre. Il en sera ainsi de deux poiriers de même prove-. nance et du même âge, qui seront mis dans deux vases égaux : l'un tenu presqu’à sec, l’autre très-arrosé. On verra encore le premier fleurir bien plus vite que l'autre.
Ce même fait s'observe dans nos promenades. Mettons deux individus d’une semblable espèce et de même âge dans deux sols différents : l'un, dans un sol fertile, convenablement humecté, poussera des rameaux vigoureux et portera de belles feuilles ; l'autre, dans un terrain sec, pierreux, qui aura peu de terre végétale, au lieu d’avoir de grands rameaux, n’en présentera plus que de courts, les feuilles en seront moins grandes et l'arbre se mettra bientôt à
154 BRACTÉE ET BRACTÉOLE.
iruit: c'est ce qui arrive aux arbres de l’Hippodrome qui, quoique jeunes, en portent déjà beaucoup. Il en est de même pour les légumes de nos jardins : tout le monde sait que des laitues bien arrosées pomment bien, et leurs feuilles sont tendres ; que la sécheresse arrive, ou qu'on les prive d’arrosements, elles montent, disent les jardiniers, c'est-à-dire qu’au lieu de développer beaucoup de feuilles, les rameaux floraux apparaissent aussitôt, et les feuilles ne sont plus mangeables, tant elles deviennent fermes. Cette dureté est produite par des utricules très-petites en comparaison du grand nombre de fibrilles qui sont également garnies proportionnellement de beaucoup de matières solides , au lieu d’être pénétrées d’une certaine quantité de liquide.
HUITIÈME CHAPITRE
Bractée et Bractéole.
Les feuilles ne se transforment pas brusquement en organes floraux proprement dits ; on les voit successivement se métamorphoser en bractées. Les Rosiers offrent souvent ce changement de la feuille en bractée. Accidentellement, nous voyons un rameau qui, dans son développement floral semble fâché d’être devenu fleur, redevient en partie feuilles : les Benoites et les Rosiers présentent parfois cette déformation; le Rosier lui-même montre assez souvent un rameau floral affectant plus ou moins exactement la forme de la rose; mais, au lieu de se terminer par des carpes et finir là, il s'allonge en une seconde fleur plus ou moins imparfaitement et même une troisième semblent s’allonger les unes sur les autres comme empilées, ou plutôt primitivement emboîtées les unes dans les autres. Quelquefois même, cet axe central se ramifie en roses latérales.
L'analogie de la feuille à la bractée est démontrée : 1° par l'identité de leur position à l'égard de la tige et des rameaux ,
BRACTÉE ET BRACTÉOLE. 1555 puisque l’une et l’autre en ont un à leur aisselle, et que les rameaux sont alternes si les feuilles le sont; tandis que dans celles-ci, opposées (en vis-à-vis) les rameaux et les feuilles sont opposés (Lilas) ; 2° par les plantes qui offrent un passage gradué des feuilles parfaites aux bractées proprement dites, par une succession de feuilles de plus en plus altérées. (Hellébore fétide et Rosiers.)
Les bractées sont généralement plus petites que les feuilles, et souvent de la même couleur qu’elles /Lamiers). L'altération des feuilles dans le voisinage des fleurs est facile à expliquer, car elles s’amoindrissent et se simplifient à mesure que la sève développe des fleurs sessiles ou de petits rameaux floraux à leur aisselle. — Lorsque les fleurs se développent en grand nombre, les bractées sont, le plus souvent, à peine visibles (Silénacées ei Hyacintha= eées). Quelquefois, elles manquent complètement (Brassicaeées et Müriers). Dans le genre Atlet les Amaryilisaeées, la bractée est si grande qu'elle enveloppe toutes les fleurs. D'un autre côté, lorsque les fleurs avortent, les bractées, à l'aisselle desquelles elles devraient se trouver, prennent un très-grand développement et souvent se colorent (Sauge Hormin et S. Sclarée). Parfois, elles ne peuvent se distinguer des feuilles que par leurs dimensions. Dans la Sauge éclatante, elles prennent une couleur extrêmement vive, et sont de la teinte des sépales et des pétales. Dans les Calla , la bractée est blanche et presque charnue ; presque foliacée dans le {rouet ou Pied-de-Veau.
La bractée qui porte à son aisselle une seule fleur prend le nom diminutif de Bractéole,
Souvent, les deux modifications du même organe existent en même temps. Ainsi, les Dahlia et les Tagètes (ou Œillets-d’Inde) ont des bractées à l'extérieur du capitule (tête de plusieurs fleurs), et chacune de celles-ci est séparée de sa voisine par une bractéole.
Dans les Angélicacées, la lame de la feuille est avortée prés desfleurs, et le pétiole, três-dilaté, enveloppe dans sa Jeunesse tou ce qui est au-dessus d'elle. Dans les Hélianthèmes, une seule de
süpule forme bractéole, qui se trouve alors latérale. Dans les
Violettes, les deux stipules réduites existent seules sur le pédicelle, tandis que le pétiole et la lame de la feuille sont avortés.
NEUVIÈME CHAPITRE
lleur proprement dite.
Au-dessus des bractées et des bractéoles s’observe la fleur proprement dite, qui, le plus souvent, est formée de quatre rangs de feuilles si complètement métamorphosées, qu’on n’en reconnaît la véritable nature que dans ce que l’on nomme des monstruosités. D'après ce qui a été dit antérieurement, on doit conclure que la fleur n’est qu'un dernier rameau dont les spires foliacées sont portées sur un axe très-court, qui ne peut plus produire de bourgeons , à moins qu'on ne considère chaque graine comme un bourgeon portatif.
Cette fleur est tantôt sur un support plus ou moins long, que lon nomme pédicelle, et celle qu'il porte est dite pédicellée. Dans d’autres, cette fleur ne présente pas ce petit support propre, et alors elle est dite sessile : c'est le cas des Müriers. Plusieurs de leurs fleurs sont bien supportées par un axe commun, et nous avons vu que cet organe a reçu le nom de pédoncule. Ainsi, celles ues Müriers sont sans supports propres ; elles sont donc sessiles. ais, dans un certain nombre de cas, les fleurs sont groupées sur un axe commun, qui est le pédoncule de l’épi ou de la grappe.
La fleur est le plus souvent la partie de la plante la plus apparente; elle est essentiellement caractérisée par les organes de la frucüfication. |
On sait qu'un simple rameau d’une année porte un certain nombre de feuilles, qui sont arrangées en spirale simple. Admettons qu'il forme vingt feuilles disposées par spires de cinq: les cinq inférieures deviendront les sépales, les cinq suivantes formeront les
FLEUR PROPREMENT DITE. 157 pétales, c'est le rang ordinairement le plus apparent; les cinq d’après formentles étamines, et enfin les cinq supérieures les carpels. Supposons actuellement que l'axe de chaque spire se contracte fortement, tandis que la portion d’axe qui se trouve entre chaque spire conserve un certain allongement, alors les quatre spires se réduisent à des apparences d’anneaux {verticilles), espacés les uns des autres. Enfin, que l'intervalle qui reste entre chaque spire contractée se raccoureisse, et nous aurons l'appareil floral dont chaque verticille (en apparence) se sera brusquement modifié.
Si les pièces (feuilles) de chaque verticille sont semblables, elles constituent une fleur régulière ; si, au contraire, quelques-unes sont plus ou moins grandes dans leur développement, alors nous avons une fleur irrégulière.
Mais ce qui vient d'être présenté dans la formation de la fleur comme idéal est confirmé par un certain nombre de faits. Ainsi, dans le genre Silène, les sépales sont distants des pétales par l'allongement de l'axe entre la spire des premiers et celle des seconds. Dans les Capparisacées, l'axe est allongé entre les pétales et les étamines, et entre celles-ci et les carpels.
Mais ces organes présentent d’autres modifications bien plus surprenantes encore. Les pièces de chaque spire peuvent être complètement hbres entr’elles (Renoncules), ou bien les sépales peuvent être unis plus ou moins haut (les uns aux autres), alors ils sont dits unis (sépales des Œillets) ; tandis que les sépales et les pétales sont libres, et le rang central d'organes présente aussi les carpels unis plus ou moins haut par leurs carpes, ou bien également par leurs styles, ou enfin par leurs stigmates.
Mais ces spires de sépales’, pétales, étamines et carpels peuvent se coller d'un rang à l’autre : nous disons alors qu'ils sont adhérents. Malheureusement, dès l'origine de la science, on n'avait encore pu acquérir cette idée si simple, et on s’est torturé l'esprit pour se figurer que les pétales naissaient parfois de dessus les sépales (Roses), que les étamines en faisaient autant : de là, ces étamines hypogynes (libres), périgynes, adhérentes aux sépales
sans adhérer aux carpels (Roses). Si tout enfin était soudé, les étamines partaient de dessus le carpel (Epigynes). Ces idées fausses s’effacent peu à peu, et ces faits seront bientôt rendus à l'évidence pour ceux qui voudront observer.
Des personnes qui seront pénétrées de ces vérités se rendront parfaitement compte de toutes les organisations florales et des fruits ; tout autre moyen de les considérer sera faux, et conséquemment très-embarrassant lorsqu'on voudra chercher à s’en éclaircir.
Nous ignorons presque complètement encore quelle est la cause prédisposante qui détermine dans les plantes la transformation des organes foliacés en fleurs. Il n’y a rien de fixe sur l’âge auquel les arbres fleurissent ; on sait seulement que la chaleur, la sécheresse et la vive lumière influent puissamment sur cette modification des bourgeons. Nous avons déjà vu qu'un arbre, jeune surtout, fleurit bien plus tôt dans les contrées chaudes que dans les froides. Cette première loi est souvent contrariée : ainsi, les arbres ou même les plantes herbacées, trop arrosées ou plantées dans un sol contenant trop de débris organiques (engrais), tendent à développer beaucoup de feuilles et fleurissent plus tard.
C’est probablement par la même raison que les boutures, qui souffrent un peu par privation de sève, jusqu'à ce qu'elles aient développé des racines, ont une tendance à fleurir plus tôt. Dans les Indes-Orientales, on déchausse les racines de quelques arbres, pendant la grandé chaleur, lorsqu'on veut les faire frucüfier. — Les plantes qu'on à transportées fleurissent aussi mieux la première année. Il est probable que la diminütion de nourriture aqueuse en est la cause.
Lorsqu'un végétal, dont la vie dure un certain nombre d'années, a commencé à fleurir, il continue, annuellement , à dévolopper ses fleurs si la fructification est assez précoce pour lui laisser le temps de préparer ses bourgeons à fleurs pour l’année suivante; mais s'il porte beaucoup de fruits , il arrive ordinairement qu'il est stérile l'année après. On sait aussi que dans quelques contrées la matu-
FLEUR PROPREMENT DITE. 159 nté des Olives s'opère mal, et que l’année qui suit les bourgeons à feuilles dominent, n’ayant pas pu se transformer en bourgeons à fleurs, et alors la récolte, dans des circonstances analogues , n’est plus que bisannuelle. Les Poiriers et les Pommiers sont à peu près dans le même cas : une abondante récolte de Poires et de Pommes une année (si l'on n’a pas le courage d’en supprimer beaucoup lorsqu'elles sont à moitié développement), présage avec certitude une très-faible production l’année suivante, les bourgeons à fleurs n’ayant pas eu le temps de s'organiser et n'ayant pas aecumulé une quantité de substance nutritive assez considérable. Les Cerisiers et les Groseillers, au contraire, dont les fruits se recueillent de bonne heure, en produisent d'autres l’année après , leurs bourgeons à fleur ayant le temps de s'organiser.
Tous ces faits prouvent évidemment que pour que la fleuraison puisse se faire, 1l doit y avoir un certain temps écoulé pour que les principes qui doivent opérer la transformation des bourgeons à feuilles en bourgeons à fleurs ait le temps de s’opérer. Jusqu'à ce ce que ce dépôt ait eu lieu, la plante ne fleurit pas, quoique exposée à une température supérieure à celle qui détermine la fleuraison ordinaire.
Ce qui prouve bien un fait connu, d’ailleurs, c’est que la température et la lumière sont de puissants agents de la fleuraison. Dans nos climats, les arbres fleurissent bien plus tôt les années chaudes que les froides. Les plantes mises en serre y fleurissent aussi bien plus vite qu’en pleine terre. Portées dans un climat plus chaud, leur fleuraison y est encore plus accélérée. Auguste SAINT-HILAIRE, dont tous les amis de la science déplorent la perte, a vu, le 4% avril (1816), les Péchers qui commençaient à fleurir à Brest; le 8, ils étaient entièrement fleuris à Lisbonne ; le 26, les Pêches étaient formées à Madère ; le 27, à Ténériffe , elles étaient müres. ScHÿ- BLER a constaté un fait semblable sur l'Amandier, qui fleurit dans la première moitié de février à Smyrne , dans la seconde moitié
d'avril en Allemagne , et à Christiania dans les premiers jours de juin.
Les Müriers offrent aussi un exemple semblable : le 43 mai 1853, les feuilles commencçaient à peine à paraître à Lyon ; à Valence, les Mûriers étaient d’un jaune qui indiquaient la souffrance : on distinguait parfaitement du bateau à vapeur le jaune des feuilles et presque leur forme. Au Pont-Saint-Esprit, ils étaient jaunes-verts ; à Avignon, non-seulement ils étaient complètement feuillés et fleuris, mais leurs feuilles étaient d’un vert vigoureux. Toutes les deux ou trois heures, pendant cette journée de voyage rapide, le jaune faible était plus vivement teinté en vert.
Lors même qu'on supposerait connues toutes les causes météorologiques qui modifient l'apparition des feuilles et des fleurs , il faudrait tenir compte de la nature propre des individus , qui n’est point étrangère à l’accomplissement de ce phénomène. Ainsi, dans une position semblable, il est des Marronniers-d'Inde qui fieurissent quinze jours avant d’autres. Cette disposition se perpétue par les boutures et par les greffes. Il en est de même de quelques variétés de Müriers, à peine distinctes par des caractères botaniques, qui fleurissent beaucoup plus tôt que d’autres : ainsi le Mürier Fourcade ou Pomau est beaucoup plus tardif que bien d’autres. Le Moretti et les arbres nains sont sensiblement plus précoces; d'autres développent leurs feuilles entre ces deux époques. Les tardifs offrent d’ailleurs l'avantage de geler beaucoup plus rarement. Dans tous les cas, on doit planter des uns et des autres, afin d’en profiter au besoin. Cette précaution peut devenir d'une grande importance.
Parmi les causes inhérentes aux variétés et aux individus , et qui peuvent modifier l’époque de leur fleuraison, il faut, surtout pour les végétaux cultivés, comme nous l'avons vu, compter la durée et l'abondance plus ou moins grandes des fruits que porte l'arbre. Tant qu'ils y restent, ilsattirent la sève, et les bourgeons des fleurs futures sont mal nourries. C'est en les supprimant, ainsi que les fleurs après qu'elles sont passées, qu'on hâte la fleuraison à venir.
La figure ci-dessous nous aidera à faire connaître les divers organes de la fleur, dont quelques-uns ont été enlevés pour montrer l'organe central depuis sa base : tous sont libres.
À 7,21. Carpels (k° spire, la plus interne ).
:: Pétales (2° spire en comptant de l'extérieur).
VS — Étamines (3° spire, toujours en comptant du VÉ : dehors).
WE Sépales (1 spire, la plus extérieure, celle
qui est le plus souvent foliacée).
Cette autre fleur complète, puisqu'aucun organe n'en à été supprimé, est également régulière. Tous ses organes én sont libres.
Carpels libres, dont les carpes sont oblongs, les styles les surmontent, et ils sont terminés par autant de stig-
: DIR AEMAUEN males presque triangulaires.
NL °* Etamines nombreuses et libres.
AZ | D . Pétales obovales, arculaires, entiers. Ê Se Sépales lancéolés, aigus, plus courts
LRRaLEr A que les pétales.
Pédicelle portant la fleur.
Fig. 149
Ces organes sont ceux qui composent le plus ordinairement la fleur, qu'on désigne alors sous le nom de Fleur complète. Les deux rangs extérieurs sont moins essentiels, ils ne servent qu'à protéger les deux séries centrales, absolument indispensables pour la propagation de l'espèce. Les modifications des feuilles, qui les forment, sont tantôt libres (les unes des autres), tantôt wntes (entre
elles), et peuvent être en outre diversement soudées d’une A1
rangée à l'autre, c'est ce que nous désignons par l'expression adhérentes.
La première spire d'organes consüluant la fleur, qu'on nomme Sépales calice), est ordinairement verte. On a cru d’abord qu'ils étaient disposés en cercle, mais, par les diverses déformations dela fleur, on s’est assuré qu’elle était disposée comme les feuilles, en spirale.
LE re be Carpels Cette figure a été coupée
w r À RUES Eiamines Le long pour montrer la ef é : * Pétales superposition des organes, - ++ Sépales qui sont aussi (dans ce cas) tous libres.
Ces organes manquent rarement ; ils existent dans les Müûriers au nombre de #, et sont libres. (Voir plus loin la partie descriptive des Müriers.)
La deuxième rangée d'organes floraux (d’une fleur complète), est constituée par les Pétales { corolles des anciens botanistes). Ils forment ordinairement la partie la plus brillante de la fleur (Rose).
Ts manquent toujours dans le genre Mürier : aussi dit-on que leur fleur est incomplète ; nous verrons bientôt qu'elle l’est encore par une autre cause. Comme les sépales, ils peuvent être libres, unis, de plus parfois adhérents avec les sépales, et comme eux semblables (entr’eux), ils constituent alors une fleur régulière, ou bien dissemblables, et la fleur est irrégulière. Dans les Müriers, les pétales manquent toujours, et tantôt les étamines, d’autres fois le carpel.
La troisième rangée d'organes constitutifs de la fleur se nomme Étamines, qui, comme les deux autres séries d'organes plus extérieurs qu'elles, sont libres, unies ou adhérentes. Cette rangée d'organes existe dans les Müriers à étamines (ou mâles) : ce sont
SÉPALE. 163 eux qui constituent l'individu anthéré (mâle). Les fleurs, ainsi formées dans l'arbre qui nous occupe plus particulièrement, tombent immédiatement après la fleuraison, en se détachant de l'arbre par le pédoncule qui porte l’épi (anthéré).
La rangée, ou spire centrale d’une fleur, est formée par son ou ses Carpels, qui, comme les autres organes constitutifs de la fleur, sont libres, unis ou adhérents.
Nous avons dit que le Mürier qui ne porte que des fleurs à étamines, était désigné sous le nom d’anthéré; actuellement celui qui ne porte que des carpels est nommé carpellé (ou femelle), (Voir plus loin la partie descriptive du Mürier). Mais, d'avance, il faut que nous sachions bien que ce que nous nommons vulgairement fruit dans cet arbre n’en est pas le carpel qui est au centre de la partie succulente, qu'il est sec et cassant, uni aux sépales qui se sont appliqués sur l'organe central et sont devenus succulents.
DIXIÈME CHAPITRE
Sépale.
Les mots de calice, folioles du calice, feuilles du calice ei phylles sont autant de synonymes du mot Sépale, mot proposé par NECKER, et que l’on a bien raison d'admettre actuellement.
Les sépales, ordinairement foliacés, forment, comme nous l'avons vu, la première spire de la fleur. Is manquent rarement : ils sont au nombre de cinq, quatre ou deux dans les picoryLés et trois dans les MONOCOTYLÉS, grande classe dans laquelle ils se présentent le plus souvent sous l'apparence pétaloïde, ce qui leur fait encore quelquefois refuser ce nom.
Ces organes sont ordinairement sessiles (sans support, vulgairement queue), persistants pendant la maturation outombants, libres (entr’eux) [calice polyséphale ou polyphylle des auteurs), ou bien unis plûs ou moins haut calice monosépale où gamosépale monophyle des auteurs). Ils peuvent aussi adhérer (être collés) aux