‹ Description culture et taille des muriersChapitre 45 sur 85 · PÉTALE · texte numérisé non relu

PÉTALE

Cette figure (Nicotiane Tabac) présente des sépales (S) unis dans environ la moitié de leur longueur; ils en forment le tube, tandis que les parües libres en sont les lames. Il en est de même: des pétales (P), dont les longs onglets unis forment un long tube en trompe, lequel est couronné de cinq lames égales entr’elles. Au cenire s’aperçoivent Îles cinq anthères, dont on voit à peine les sommets des filets.

Fig. 24,

La jonction de la lame à l’onglet est parfois munie d'appendices [Pétaloides) d'apparences diverses. (Silène, deux des pétales des Violettes).

Le point de départ des pétales a toujours lieu réellement sous le ou les carpels plus bas que les étamines (si celles-ci existent); mais, par suite des diverses adhérences que les pétales peuvent contracter avec les organes qui leur sont plus extérieurs surtout, ils sont regardés (faussement) comme naissant du tube des sépales dans les Amygdalacées et les Potentillacées. De cette (simple) apparence sont nées les expressions de périgynes ou calyciflores qu'il faut abandonner, et celles d'étamines insérées sur les pétales ou les sépales qui ne sont pas plus vraies.

Quand les pétales sont adhérents au tube des sépales, ils se désarticulent souvent ou ils cessent de lui adhérer; mais il ne faut pas croire qu'ils tombent entièrement : la partie qui reste concourt avec les filets des étamines à constituer la partie charnue de la Pomme, des Cynorrhodons, etc.

La position relative des pétales est souvent alterne avec les sépales : c’est ce que l'on voit facilement dans les Violettes, les Solanacées, etc.

Ces deux séries d'organes ne sont pas indispensables à la

reproduction du végétal,

mais 1ls protégent ceux de la fructifica-

ion, si importants pour la propagation de l'espèce. Ils manquent tous deux dans les Saules, dans les Müriers; les sépales seuls existent.

DOUZIÈME CHAPITRE

Étamine ( Androcée ).

Les Étamines forment la troisième.

si 4 nthère Spire de l'appareil floral (dans une fleur

complète); elles sont formées de trois parties souvent très-distinctes : d’abord, le Filet, de forme, d'apparence et de longueur très-différentes ; il est surmonté d’un corps non moins diversifié de forme que l’on nomme Anthère. Celle-ci s'ouvre de diverses manières, et répand dans l'air une poussière très-abondante que l’on nomme Pollen, poussière frucüfiante (P. fécondante), dont les granules microscopiques varient aussi beaucoup d'apparence. Les anthères sont trèsgrandes dans les Lis, presque circulaires comprimées dans les Müriers, où elles s'ouvrent chacune demi-circulairement sur leur bord.

Ces organes sont ordinairement placés devant les sépales s'ils sont sur un rang, et alternent avec les pétales ; c’est ce qui

Fig. 30.

ÉTAMINE. 169 s'observe dans les fleurs anthérées du Mürier, dans lesquelles on les croirait faire partie des sépales, tant elles y sont appliquées.

Le filet, qui n’est que le pétiole de l'anthère, se termine le plus souvent par elle; mais, quelquefois aussi, il se prolonge'en appendice au-dessus (Violettes).

Dans ce genre, les anthères sont sans filet (ou sessiles). Deux d’entr'elles sont prolongées en éperon, et sont surmontées de larges appendices couleur chamois.

On a représenté dans la fig. 30, en bas, son très-court filet, les deux loges de l’anthère ouverte, et qui étaient du côté des carpels. Au-dessus est le large appendice qui n’est qu'un prolongement dilaté du filet, lequel dans la Nérie Laurierrose est filiforme et poilu.

Ces filets, plus que les pétales, ont servi aux botanistes à indiquer le point apparent (seulement) de leur départ. C'est ce que: les auteurs de la méthode naturelle (ou par familles) ont désigné par le mot hypogyne, si les étamines sont parfaitement libres d'union et d'adhérence ; on les a nommés aussi thalamiflores. Nous avons vu que les pétales pouvaient adhérer aux sépales, et que lon avait dit qu'ils naissaient du calice (Potentillacées), ou bien ces filets adhèrent aux pétales (Nicotiane Tabac, fig. 24, p.167), et on les a dites épipétales, ce qui a constitué l’épipétalie de DE JUSSIEU (Adrien), et DE CANDOLLE en a fait ses corolliflores. Je le

répète souvent, on a pris les apparences pour le fait; nous devons done nous exprimer actuellement d'une manière précise et non fictive. Dans la fig. 28, p. 169, les filets adhèrent tellement au tube des pétales, que les personnes peu observatrices pourraient les croire insérés sur eux (comme on le répète trop souvent).

‘Les anthères ne s'ouvrent pas toutes en même temps : si elles forment plusieurs spires, celle de la spire la plus extérieure et qui est plus près des pétales s'ouvre avant celle qui approche le plus de l'organe central. Par suite de cetie ouverture successive, quelquesuns des granules que renferme l’anthère, en tombantsur le stigmate, le trouvera apte à recevoir l’imprégnation et à aller fructifier la graine ou les graines de l'organe central. Quand cette fleuraison se fait mal pour les vignes, les Tridieaeées, que les organes floraux souffrent ou de la gelée, ou des brouillards, que des pluies empêchent le pollen d’être reçu par le stigmate avec des circonstances favorables, on dit que les vignes etles Froments ont coulé; cela signifie qu'il n'ont pas été fructifiés (ou fécondés).

Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails physiologiques sur ce point important.

On sait bien actuellement que le pollen contenu dans je anthères sert à fructifier le éarpel et les graines qu'il renferme, Lorsque ces deux organes -sont dans la même fleur, il n’est pas difficile de concevoir que ces milliers de granules fructifiants forment, pour ainsi dire, une atmosphère pollinique autour des carpels, et qu'il n'y a pas besoin que l’anthère et le stigmate (extrémité supérieure du carpel) soient en contacts pour que la fructification ait lieu. Les poètes et quelques botanistes-poètes ont fait beaucoup de gracieux rêves sur ce point. Cela est si vrai que les plantes qui n’ont que l’un des organes de fructification sur un individu et l’autre sur l'autre (Häriers, Chanvre, Epinards, etc.) sont bien fructifiées, souvent malgré leur distance parfois assez grande. On sait qu'en Egypte les habitants, possédant des Dattiers à fruits (carpellés) autour de leur demeure, ont soin de faire secouer sur leurs arbres le pollen qui tombe de’longues grappes de fleurs anthérées. Cette opération se

+ ÉTAMINE. 171 fait pendant les heures de la journée où les stigmates sont dans un état parfait d’exsudation propre à fixer les granules polliniques qui se déchirent, et le liquide qui en sort est porté jusqu'à chaque graine, qui ne pourrait se développer sans ce contact. Celle opéralion est faite dans le but d'assurer la fertilité de ces Dattiers qui, cependant, sans ce moyen, auraient probablement été fructifiés si l'air avait apporté les granules polliniques des Dattiers anthérés du voisinage.

On sait, en outre, que des Palmiers nains, carpellés (Chamærops humilis), enfermés dans une serre, n’ont jamais porté de fruits qu'après avoir, pour ainsi dire, été poudrés, au moment de leur fleuraison, au moyen du pollen d’un individu à étamine envoyé dans une lettre et même conservé depuis quelques semaines.

Nous savons bien, au moyen du microscope, quelquefois mème de la loupe, que divers granules de pollen différent de formes et de surfaces ; mais nos remarques se bornent là; cette fructification restera à jamais aussi mystérieuse dans les végétaux que dans les animaux.

Dans cette figure (31), on a représenté une | portion du style et le stigmate considérablement grossis. Le style est formé de très-longues ulricules. Les utricules ovoïdes oblongues, qui sont placées au-dessus, sont les papilles stigmalüiques; plus haut qu’elles sont trois corps irrégulièrement sphéroïdaux : ce sont des granules de pollen qui, humectés par l’exsudation AA des papilles, se sont déchirés, et au-dessous, SES l'on voit le liquide glaireux, qui était renfermé Fig. 31. . * dans le pollen, s'engager entre les utricules du style, pour aller, du carpe par les funicules, frucüfier les graines rudimentaires qu'il contient.

Dans les Müriers, quoiqu'on ne trouve (ordinairement) que des fleurs anthérées ou des fleurs carpellées (toujours sans pétales) sur

un individu, le pollen n’en est pas moins transporté (souvent à de grandes distances) de l’un à l’autre des individus ; mais ce dont on peut être étonné, c’est de trouver un si grand nombre de graines fertiles, vu le petit nombre d'individus anthérés que l’on rencontre dans les collections.

Il faut bien se rappeler que nous ne nommons pas fruit, dans le genre Mürier, la partie succulente de l’épi de l'arbre que nous recherchons, puisqu'elle est due seulement aux sépales devenus succulents. Dans leur centre se trouve un corps ovoïde sec que l'on prend vulgairement pour la graine, mais qui est le carpe ou véritable fruit, lequel renferme une ou deux graines. Ce corps, que l'on prend pour le fruit quoique ne contenant pas parfois de graines fécondées, n’en est pas moins succulent. Aussi, en écrasant un grand nombre de müres, trouve-t-on souvent très-peu de corps renfermant une graine (ou mieux un fruit) susceptible de germer.

ILest donc bien prouvé que la fructification a lieu au moyen du pollen ; mais ce qui ne l’est nullement, c’est, cette fructification opérée d’une espèce (botanique) à l'autre.

Dans les animaux, un cas bien avéré de ce croisement d'espèces a lieu entre le cheval et l'âne , ce qui forme le mulet, qu'on a comparé à nos prétendus hybrides végétaux. Aucun naturaliste , que je sache, n'a parlé de croisement d'espèces dans le genre Bœuf (Bos) (1), et cependant nous ne voyons pas un grand nombre de modifications tranchées depuis la vache naine et maigre de la Bresse , la charrolaise géante et la matérielle fribourgeoise. Ces animaux sont répandus dans une grande partie de notre globe, où ils ont été modifiés par les climats, l'alimentation et les accidents de conformation.

(4) Ce genre renferme six espèces : 1° Bœuf taureau (Bos taurus ) ; 2° Bœuf aurochs (Bos urus); 3° Bœuf bison (Bos americanus); 4° Bœuf à queue de cheval ( Bos grunniens ); 5° Bœuf du Cap (Bos Cafer) ; 6° Bœuf buffle (Bos bubatas ).

Dans les végétaux les plus répandus dans l'univers, les espèces du genre Froment, il n’y a pas plus de croisements entr'elles qu'entre le soleil et la lune, et toute personne qui aura étudié les Céréales en vrai naturaliste, y reconnaîtra toujours de simples modifications ou variétés des espèces suivantes, et non des hybrides :

1° Le Froment touzelle (Triticum vulgare) ;

2° Le Froment durelle (Tr. durum, ;

3° Le Froment pétanielle (Tr. turgidum) ;

4° Le Froment polonielle (Tr. polonicum).

D'ailleurs , trois autres espèces , rapportées actuellement à deux genres bien distincts des Froments, sont :

4° L'Epeautre commune (Spélta vulgaris) ;

2° L'Epeautre amydonelle (Sp. amylea);

3° La Niviérie monoccoque (Nivieria monococcum).

Que n’a-t-on pas dit aussi sur les Ægilops ?

Ces sept espèces présentent beaucoup de modifications de variétés, mais elles ne laissent pas d'incertitude entr'elles (4). Malheureusement, il est si peu de personnes qui connaissent les vraies espèces de Froments, que chacun se croit autorisé , sans s'informer de ce qu'on à fait, à appliquer un nouveau nom à un Froment qui en a déjà trente ou quarante autres.

Quant aux Müriers, jusqu’à présent, pour nous, il n’existe que trois espèces connues, utilisées en Europe pour l'alimentation du ver-à-soie : le Mürier blanc, le multicaule et le noir. La dernière, qu'on n'a pas cru devoir multiplier par de nombreux semis, est restée fixe dans sa forme. La première, au contraire, qu’on a propagée par tous les moyens connus, dans de nombreuses contrées, présente une synonymie presque aussi absurde que ‘celle des Froments (2).

(4) Voir SERINGE, Monographie des Céréales d'Europe.

(2) Voir à la fin de ce Cours, les espèces et les variétés de Müriers cultivées en Europe, qu’elles soient ou non utilisables pour l'alimentation des vers-à-soie.

174 CARPEL.

Voici quelques exemples de Carpels, dont l’un tend à revenir à l’état de feuille, et l’autre à l'apparence toute foliacée.

Fig. 32. Voir dans le texte, pag. 176,

Fig. 33. Carpel jeune et pédicellé de Fabaeée, présentant à sa base une portion du tube des sépales persistants, le carpe qui est oblong, et qui est terminé par le style, partant en formant un angle arrondi, et enfin terminé par un stigmate.

Fig. 34. Jeune fruit de-Pois cultivé, présentant en bas un court pédicelle, les sépales unis et persistants, le carpe courtement pédicellé et aplati, terminé par un court style et son stigmate, À

Fig. 35. Jeune carpel, dont le carpe est coupé en long pour montrer les graines qu'il renferme. Ce dernier est surmonté d’un long style et d’un très-petit stigmate.

Fig. 36. Jeune capitel de fruits du Sterculier à feuille äe platane, dont les carpels pédicellés sont encore clos.

Fig. 31. Même capitel de Stereulier, dont les bords des carpels sont désunis et présentent des graines sphériques. Ici chaque carpel a complètement l'apparence d’une feuille.

Fig. 38. Dans le texte, pag. 176.

Fig. 39. Déformation d’une &esse (Lathyrus), dont les carpels redeviennent feuille, qu'ils étaient primitivement. Les dents très-aiguës rappellent des funicules rudi-

mentaires.

Fig. 40. Graine de €oeurge, donton a enlevé partiellement en hautles trois membranes constituant le Derme ou peau de la graine. A la pointe de cette graine, l'embryon est à nu; de la première à la deuxième ligne, on voit l’Endoderme, de la deuxième à la troisième est le Mésoderme, dans lequel se voit un gros bourrelet (presque demi-circulaire, qui est la suite du funicule); et enfin, de la ligne flexueuse inférieure à l'extrémité arrondie (qui est le sommet de cette graine) est l’Exoderme. Ces trois membranes, constituant le Derme (ou peau de la graine), sont de couleur et de texture très-différentes, de manière à bien prouver leur dissemblance.

Fig. 41. Graine de Selanacée (grossie et coupée en long), présentant à l'extérieur l'Exoderme; en dedans, une ligne ponctuée, assez épaisse, qui est le Mésoderme ; plus intérieurement est l’Endoderme. Ces trois membranes constituent le DERME. *

Plus intérieurement : encore est un grand EmgryoN en anneau (à droite la racine; à gauche, les deux cotyles); enfin, au centre, le grand corps ponctué qui complète, est l’ALBUMEN, qui conséquemment, dans ce cas, est enveloppé par

l'EuBrvox.

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—— à RE SS À

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