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CARPEL. 175
TREIZIÈME CHAPITRE
Carpel
( Pistil des botanistes, quand celui-ci est réduit à l’unité, et non unis plusieurs ensemble) (1).
Le Carpel {vrai fruit du botaniste), sous quelque apparence de forme, d'union, d’adhérence et de texture qu’il puisse se présenter, n’est encore qu’une modification de l'organe foliaire. C’est vraiment une feuille diversement déformée, repliée sur sa face supérieure, qui devient interne. Quand il est seul, il est toujours clos. Les deux lamelles foliaires cessent rarement d'être distinctes. Sa surface extérieure présente le plus souvent dans sa jeunesse des stomates (comme la face inférieure des feuilles), et, comme elles, il produit de l’oxigène à la lumière solaire. Les fruits du Séerculier à feuilles de Platane offrent l'exemple le plus frappant de la feuille carpellaire. (Voir fig. 36 et 37.)
Le carpel est comme la feuille, tantôt pétiolé (Baguenaudier et Pois); mais le plus souvent il est sessile /Ancolie et Renoncule).
Par suite du beau travail microscopique de MM. GuILLARD (2), que plusieurs anatomistes ont vérifié, on sait que le carpel des Fabaeées (Pois) est primitivement une petite feuille dont les bords sont écartés, et qui se réunissent un peu plus tard pendant l'organisation. |
(1) Que plusieurs de ces carpels, provenant de la même fleur, soient libres ou réunis comme un seul, c’est pour nous un CAPITEL. Ces deux états principaux du carpel isolé dans une fleur ou unis (entr’eux), ont été toujours confondus sous le nom vague de Pistil par les auteurs, ce qui a été lune des causes de l’obscurité qui règne souvent encore sur cet organe, dont les divers états sont de la plus grande importance.
(2) Mémoire sur lu formation et le développement des Organes floraux.
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= St mate J constituant par leur ensemble le Carpel
(qui varie considérablement par la lon- Style \gueur, la nature et la largeur des parties qui le composent). Voir fig. 33,34, 35, 36 et 37, vis-à-vis la pag. 474.
Carpe Graine dans le carpel, coupé en long pour montrer sa position et le funicule qui la porte.
Fig. 32.
Les carpels ne présentent pas toujours un carpe surmonté en ligne directe d’un ei et d’un stigmate. Le style qui était d’abord presque " *:--Sépale. terminal, dans les Potentillaeées , La devient Lio et presque basilaire par la f Car pe. brusque dilatation de la graine à la dorsale Style. Qu carpe, graine qui prend un grand accroiser sement latéral. (Potentillacées, surtout
e Borraginacées et Lamiacées.)
Fig. 38.
Les deux bords des lamelles carpellaires sont le plus souvent gonflés et allongés en une double masse utriculo-fibreuse , qui est essentiellement la continuation des bords porte-grames , et qui constituent le style. Ces bords s'épanouissent ensuite plus ou moins visiblement en stigmate, qui est plus particulièrement utriculeux , et qui est l’organe absorbant du fluide contenu dans le pollen. Ce stigmate, privé de cuticule (épiderme de quelques auteurs), transude, au moment où il est susceptible de concourir à la fécondation, un liquide visqueux au moyen duquel les granules de pollen éclatent. (Voir page 171-173, la fig. 31 et l'explication de la fructification à l’article Etamine.)
Le carpel varie considérablement de forme, de consistance,
CARPEL. 474 d'apparence et de surface. Il nous présente des caractères trèsimportants, applicables aux familles, aux genres et même souvent aux espèces. Si l’on joint à ces diverses formes, déjà très-nombreuses, les complications dues à la persistance, à la nature, à l'accroissement et à l’adhérence des organes accessoires de la fleur, on se figurera encore à peine toutes les modifications qui accompagnent parfois le ou les carpels, si surtout on n'a pas suivi les divers changements qui se sont opérés depuis la fleuraison jusqu’à la maturité du fruit.
Cette partie de la fleur surtout est d’une telle ob LA pour les classifications, qu'on doit l'étudier avec la plus grande attention; ce ne sera qu'en se rendant bien compte du carpel isolé, ou uni avec d’autres de la même fleur, ou même uni à d'autres carpels des fleurs voisines et qu'on aura suivi avec opiniàtreté, depuis la fleuraison jusqu'à la maturité, les divers organes floraux qui viennent compliquer ce que l’on nomme communément fruit, qu'on pourra parvenir à s’en rendre compte.
Après la fécondation, le carpe persiste et grandit; le style et le stigmate, nécessaires seulement avant cette époque importante de la vie de la plante, se fanent ou tombent ; toute l’activité vitale est portée vers la maturation ; aussi, les autres parties du végétal tendent-elles à décroître ou du moins ne grandissent PER plus.
Ce carpe est formé essentiellement, et plus visiblement que la feuille, de trois couches plus ou moins épaisses d’utricules et de fibrilles : La première (qui répond à l'inférieure de la feuille) est l’'EXOCARPE (extérieur du carpe), qui souvent est réduite à une membrane isolante , munie ordinairement de stomates : c’est la pellicule qui recouvre les Prunes, les Cerises, les Péchesetles Pois. La seconde, ou MÉSOCARPE (milieu de l'épaisseur du carpe), est au-dessous; elle est souvent charnue (c’est la partie sueculente de la Cerise, de la Péche, etc.), ou demi-charnue (partie essentiellement mangeable du carpe du Pois, surtout de la variété à grande gousse, ou cosse), abstraction de sa pellicule extérieure. Enfin, la
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troisième couche, plus interne, est l'ENDOCARPE (dedans du carpe), qui forme le noyau dans les Amygdalacées, La peau intérieure du carpe du Pois à écosser est tellement parcheminée que nous ne pouvons en faire usage comme aliment. Dans d’autres carpes, ces trois parües sont tellement minces qu’elles se confondent complète- ‘ment (Baguenaudier).
Tant que ce carpe est jeune, vert, en un mot, d'apparence foliacée , il dégage de l’oxigène au soleil comme la face inférieure de la plupart des feuilles. Dans la Fève, l’endocarpe (1) est poilu et non lisse comme dans le genre Vesce (Viscia), auquel on l'avait d'abord rapporté. Dans la Nigelle de Damas, l'exocarpe et le mésocarpe restent très-unis et prennent ensemble un grand développement, tandis que lendocarpe est réduit à une membrane presque transparente, appliquée sur les graines ; d’après cela, le capitel (2), formé de cinq carpes collamettaires et unis, présente, en apparence, dix loges : cinq qui renferment les graines, et cinq autres qui sont nécessairement vides.
Dans la jeunesse des Amygdalacées , les trois membranes (épaisseurs) sont peu distinctes, et présentent une égale résistance ; mais plus le fruit approche de la maturité, plus elles acquièrent de consistance très-différente pour chacune d'elles, car l'endocarpe (noyau) est très-difficile à casser ; le mésocarpe est d’une délicieuse succulence (c'est ce que l’on nomme souvent la chair ou la pulpe) ; enfin, l’exocarpe est velouté dans la Pêche ordinaire et dans l’Abricot, lisse et luisant dans la Cerise, glauque ou comme pulvérulent dans la Prune.
Je n’entre pas dans d’aussi grands détails que cet organe important le mériterait; je n’ai dû que fixer l'attention sur lui. Voyons
(4) Prononcez indocarpe, et non andocarpe.
(2) Agglomération de carpels; provenant d’une même fleur (Renoncules, Nigelle), ce qu’il ne faut pas confondre avec une agglomération de fleurs ( Dahlia ) qui porte le nom de Capitule. «
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cependant les particularités que présente le carpe dans les genres Mürier et Maclure, que nous avons spécialement à étudier.
En parlant des sépales, nous avons vu que les fleurs des Moru sacées étaient incomplètes, qu'elles n'avaient que des sépales et des étamines (fleurs mâles), ou des sépales et des carpels (fleurs femelles). Voici quel est l’état de cet organe :
Dans les fleurs carpellées du Müûrier, les quatre sépales ovales, obtus, un peu plus que foliacés d’abord, sont opposés deux à deux (comme le sont les pétales des Pavots). Au lieu d’être très-étalés, comme dans les fleurs anthérées, ils.sont au contraire infléchis et semblent plus larges que ceux des fleurs mâles. Ils deviennent presque méconnaissables à la maturité, si on ne les a pas suivis pendant la maturation. Ce sont essentiellement eux que l’on a nommés très-improprement fruits dans les Müriers, eux qui n’ont aucune ressemblance organique avec ce que l’on nomme fruit dans les Ronces ou Framboises (1).
Le carpel consiste ici en un carpe du volume d’un grain de millet, d'abord vert et peu ferme, et devenant par la suite, à la maturité, sec et cassant. Dans le moment de la fleuraison, il est surmonté d’un style et de deux stigmates divergents , plus longs que le style s'il existe ; ces stigmates sont cylindroïdes et plus ou moins papilleux. C'est sur ces papilles stigmatiques que doit être déposé le pollen pour opérer la fructification. (PL. 1, fig. 4, et pl. vi, fig. de 2 à 6.) Ce.carpe grossit peu, les styles se fanent et se contractent ; onne voit presque plus que les sépales, devenus succulents, qui l'enveloppent entièrement. Dans ce carpe, qu’on nomme dans le commerce une graine, se trouve, comme nous l'avons déja dit, une ou rarement deux graines pendantes. S'il n’en existe qu’une, elle remplit la cavité carpellaire; s’il en existe deux, l’une est presque toujours avortée. (Voir pl. 1, fig. 6.)
(4) Voir la récolte des fruits à la fin de l’article Graine, où on recherche le carpe, constituant le fruit, que l’on récolte sous le nom de graine.
Dans le genre Broussonétie {voir plus loin la partie descriptive), les sépales ne deviennent pas succulents comme dans le Mürier, et ke carpe, au heu de rester pelit et see, s’allonge, prend une demi-carnosité et une certaine transparence ; il est en forme de massue et dépasse beaucoup les sépales.
Dans la Waclure, la tète de fleurs carpellées, qui est d’abord du volume d’une grosse noisetle et hérissée de longs stigmates indivis, irès-finement papilleux, devient du volume et un peu de la couleur d'une orange encore légèrement verte, mais avec cette différence que les extrémités des longs sépales, renflés au sommet qui est obtus, sont très-entassés et imitent un peu les inégalités d’une orange commune. Dans ce singulier genre, il ne reste plus à l'extérieur de traces de styles; le carpe, qui est un peu en massue, demi-transparent et contient une graine ovoide comprimée, est caché.
QUATORZIÈME CHAPITRE
Graine ( Semence, Pepin, Semen).
Nous avons vu que ce qu'on vend sous le nom de graine de Mürier est le carpe ou véritable fruit du Botaniste, nous avons déjà donné quelques développements sur ce sujet ; cette inexactitude se renouvelle pour beaucoup de nos prétendues graines. Cela arrive pour tous les carpels qui n’en renferment qu'une seule qui ie les distend pas assez pour les ouvrir. Ainsi, nous semons des carpels de Mais, de Froment (1) et de Murier,que nous nommons
(4) De même, quand on réduit ces grains (ou mieux fruits) en farine, nous mettons en poudre non-seulement lembryon, mais aussi le très-grand albumen qui l'accompagne. Le carpel et le derme ne pouvant s’écraser, restent sous forme d'espèces de paillettes; les plus larges, qui ne portent pas de trace de farine, sont formées par le carpe (c’est le gros son ), les
GRAINE: 181 familièrement leurs graines. Dans les Fraisiers etles Potentilles, nous semons eñcore leurs fruits : c’est d'autant plus certain, que nous pouvons reconnaitre le carpe, le style et le stigmate de chacun d'eux. |
Dans les Angélicacées et les Chicoracées, nous semons non-seulement la graine, mais autour d'elle est le carpel et le tube communs des pétales, des étamines, des sépales, tout étant adhérent. Dans les Amygdalacées, nous semons la graine {Amande) avec son endocarpe (1) ligneux (ou coquille).
Il est cependant vrai qu'assez souvent nous ne semons que des graines dites nues, quand elles sont privées de leur carpe (Pois).
Nous avons vu, au commencement de ce Cours, que la graine présente à l'extérieur une espèce de sac, sans ouverture apparente, que nous nommons derme; qu'il à une ou deux très-pelites cicatrices où aboutissaient au hile l'extrémité du funicule qui lui apportaitla nourriture, et le micropile par où la fructification s’est opérée.
Ce derme est formé, comme le carpel, de trois membranes, souvent confondues les unes dans les autres : l’extérieure est l’exoderme, qui est perméable par l’eau sur toute la surface, excepté aux points où s’implantait le funicule. Dessous est le mésoderme : c'est dans lui que séjourne plus ou moins longtemps le liquide apporté pour l'embryon. C’est aussi dans le tissu très-utriculeux de cette membrane que passe souvent la continuité du funicule, quand il
plus petites, qui portent sur une de leurs faces (l'interne) des granulations féculentes, appartiennent au derme ou petit son. On comprend parfois dans les organes accessoires au fruit, letube commun, formé, comme nous l’avons souvent dit, par les sépales, pétales et étamines ; en écrasant la graine, il pourrait se trouver (rois sortes de paillettes ( Angélicacées ou Ombellifères ).
(4) Il est bien entendu que sous le nom de graine nous comprenons
l'embryon et son enveloppe ou derme, et même l’albumen, si elle en est accompagnée.
ne traverse pas perpendiculairement les trois membranes qui constituent le derme. La troisième, ou plus intérieure de ses membranes, se nomme endoderme; elle est souvent en contact immédiat avec l'embryon. Cette membrane est percée aussi pour donner passage au liquide nutritif qui se porte à l'embryon. C’est donc dans ce triple sac que se forme le premier bourgeon du végétal, l'embryon. (Voir fig. 40, p. 174.)
| Dans la figure 42, l'Embryon dicotylé a sa racine courbée sur la face externe de l’un des cotyles. (Le derme qui l'enveloppait a été enlevé.)
Fig. 42
Cette figure (43) représente un Embryon dicotylé, dont la racine est courbée sur les deux bords des
deux cotyles. (Le derme a aussi été enlevé.)
Fig. 43.
Celle-ci (fig. 44) offre la germination d’une Dicotylée à feuille composée-trifoliolée. (La lettre F indique les feuilles; le mot Cot. les cotyles (toujours opposés); et enfin Z, la racine. (Tous ces organes étaient enveloppés, avant la germination, par le derme.)
Cette figure (45) représente la germination Alb.d'une Monocotylée, où l'on voit en R. des racines couvertes de poils absorbants ; à la base de celles-ci sont les traces des gaînes PF. quiles renfermaient, F. indique la jeune feuille. Tout le reste est l’albumen /4{b.), très-considérable, encore enveloppé par le carpe et le derme.
Celle-ci offre encore la germination d’une Monocotylée.
R. sa racine.
Cot. son cotyle unique et très-dilaté à sa base.
F. sa première feuille et à côté de sa base R est le rudiment d’une seconde racine.
L'embryon consiste en une racine ordinairement reconnaissable, de la base de laquelle s'élève une tige d’une brièveté extrême, mais assez grande pour donner naissance à un ou deux petits organes présentant souvent une certaine épaisseur, nommés cotyles, qui sont réellement la première ou les deux premières feuilles de la plante. Quelquefois, en les écartant, on découvre des rudiments d’autres feuilles, plus semblables aux autres feuilles de la plante.
Cet ensemble de la plante rudimentaire est tantôt sans nulle courbure, alors on dit que l'embryonest droit (Amygdalacées), fig. 10; d’autres fois, il est courbé souvent au point de jonction de la racine à la tige (fig. 42 et 43).
On trouve dans les utricules qui forment l'embryon, et généralement dans les cotyles, d'assez grandes proportions de fécule, d'huile et d’autres principes chimiques.
Outre l'embryon, on observe souvent, dans le sac qui le contient, une matière accessoire plus ou moins considérable, de nature féculente dans les céréales, huileuse et féculente dans le Ricin, cornée dans le Café : c'est l Albumen (périsperme). Il enveloppe souvent l'embryon (fig. 10, p. 129), ou bien il est enveloppé par lui (fig. 40, vis-à-vis la pag. 174). La fixité de la forme, de la direction de l'embryon, de la présence ou de l'absence de l’albumen etleur position relative offrent de bons caractères classiques, qu'on peut saisir assez facilement à la loupe au moyen de coupes diverses et d’un peu d'habitude. Ces corps se distinguent mieux lorsque la graine n’a pas acquis toute sa maturité. Cependant, en laissant humecter lentement, pendant un ou quelques jours des graines sèches, on parvient à apprécier la position et la forme de l'embryon et de l’albumen.
Nous avons dit que l'embryon contenait le plus souvent, dans ses cotyles surtout, une certaine quantité de fécule, nous avons retrouvé aussi dans l’albumen ce principe chimique, ainsi que plusieurs autres ; par la germination et l’action vitale, ils se dissolvent dans la sève, se combinent diversement avec les principes de l'air, des substances minérales et l’eau qui les contient, et vont concourir au développement des parties qui se forment successivement dans le végétal.