MARCOTTES
hasardés, d’autres sont dus à leurs méditations et à l'étude des faits physiologiques.
Par le semis, 1ls ont observé qu'ils obtenaient des modifications dans la surface de la plante, dans la couleur de ses fleurs, ete.; par les autres moyens, au coniraire, ils ont trouvé plus de fixité. Is.ont donc profité de ces observations, d’un côté pour multiplier les variétés et les variations, et de l’autre pour conserver dans leur intégrité des variétés précieuses de fruits, de feuilles, de port que de nombreux semis n'auraient peut-être produites detrès-ongtemps, eu bien qui se seraient perdues.
Si l'on tient à conserver de préférence et essentiellement uns variété de Mürier (on ne peut y parvenir avec sûreté au moyen de la graine); il faut donc, dans ce cas, avoir recours à un moyen artificiel.
On sait qu'il en existe plusieurs : la Marcotte , la Bouture et La Greffe.
Niarcoëites.
L'un des plus anciens moyens d'augmenter le nombre des individus qui se soit présenté à l’homme après celui de la grame, & dû être le marcottage. On aura remarqué que des branches , des ges , recouvertes d'un peu de terre, de pierres, de mousse, donnaient naissance à des racines ; on aura détaché ces portions de plantes enracinées et on en aura fait autant d'individus parfaitement semblables. Des Courges, des Saules, des Peupliers et des Fratsiers s'enracinent journellement ; d’autres, au contraire, développent difficilement des racines surnuméraires.
Les racines naissent dans quelques plantes de toute la surface de la tige , très-rarement des feuilles ; mais c’est surtout des endroits où se trouve rassemblé une certaine quantité de matière nutritive, telle que les petites protubérances des tiges ou des rameaux, d'où naissent les feuilles et les bourgeons. Il est des plantes qui présen-
MARCOTTES. 263 tent des racines surnuméraires sans toucher la terre; d'autres, au contraire, qui résistent pendant un ou deux ans au marcottage.
Il est quelques moyens de faciliter leur développement : une ligature, une incision circulaire, une entaille faite au-dessous d’un point d'activité vitale, la torsion d’un rameau gênant la descension de la sève, hâtent l'apparition de ces racines.
Que l’on tienne les rameaux sur terre ou qu'on couche la plante entière sur le sol en fixant les ramifications étalées sur la terre avec quelques petites fourches (fichets) en bois; qu'on entoure les portions de branches, qu’on ne peut faire toucher le sol, de terre placée dans des godets fendus et tenus humides par des arrosages convenables, ou qu’on les entoure de mousse humectée et de toile cirée, on réussit plus ou moins bien à développer les racines. Le point essentiel est que cette humidité soit modérée, permanente, et qu'il n’y ait pas d’alternatives fréquentes d'humidité et de sécheresse. Dans les marcottes en l'air, les soins doivent être plus grands encore, la surface des vases évaporant facilement l’eau de la terre qu'ils renferment. Un syphon en laine, qui verse l’eau goutte à goutte , est donc le meilleur moyen pour cela. L'horticulteur minuüeux réussit, parce qu'il porte des soins continuels à ses multiplications ; l'amateur, souvent peu attentif, voudrait s’en rapporter à la nature seule, et il échoue. Si les racines ont paru, on ne doit pas, pour cela, négliger les arrosements convenables; ear, si la terre est sèche autour de la marcotte, comme dans la terre où se trouve Ja mêre-plante, la totalité de l'individu souffre, et surtout kes jeunes racines placées dans une terre brûlante et aride. Celle qui doit entourer les parties à marcotter sera fine, légère et perméable, sans cependant pouvoir perdre trop facilement l'humidité. Dans les cas ordinaires, du terreau suffit; dans d’autres, un mélange de terreau et de terre de bruyère; de la terre de saule est aussi favorable.
Si l’on voulait opérer en grand, il faudrait traiter un Mürier au niveau du sol, comme on le fait pour obtenir des Cognassiers à grefler par des buttages ; en un mot, former des tétards souter-