MARCOTTES
rains, comme on le fait en l'air pour nos Saules. Par une taille convenable , il faudrait donc faire naître successivement un grand nombre de branches à des Müriers plantés à 2 m. 4/2 les uns des autres dans tous les sens. Les branches de ce tétard , au niveau du sol, seraient traitées de manière qu'avant de les coucher sur le sol (en automne) la sève descendante füt arrêtée en partie par une légère mcision, une ligature ou une entaille circulaire de l'écorce , ou bien courbée par angle de 10 à 15 centimètres de leur naissance. Elles seraient recouvertes d’un peu de terre, de manière à ce qu’elles puissent ètre dans une position à peu près verticale dans leur partie laissée à l'air. En automne, l’année suivante, ou même au printemps, chacune de ces branches, de quelques mois d’exisience , ou d’un ou deux ans , seraient munies de racines surnuméraires. Ces plantes seraient détachées de la mère-plante au-dessous de ses nouvelles racines, vendues comme jeune plant, ou mises en pépinières à 4 mètre de distance en tous sens, ou davantage si l’on veut obtenir des arbres.
On peut facilement, sans soulever les rameaux couchés, s'assurer s'ils ont pris racines. Il suffit, pour cela, de dégager un peu la terre qui les entoure. Une fois cette certitude acquise, on peut les sevrer graduellement en incisant successivement la petite branche audessous de la naissance des racines , et plus tard on les transplante. Les marcottes, détachées de la mère-planie, sont mises ordinairement dans des vases appropriés, convenablement arrosées, ombrées pendant quelque temps et soignées jusqu'a ce qu'elles soient assez fortes pour être mises en place, et alors protégées contre les variations atmosphériques qui pourraient leur nuire.
Pendant l'année de plantation et les années suivantes , on les formerait par la taille çau moment où l’on peut utiliser les feuilles) en nains, mi-nains ou arbres. Par ce moyen, on pourrait livrer au commerce des arbres déjà formés. (Voir, en outre, l’article Taille.)
Abstraction faite de l'hiver, l’époque où se fait le marcottage est presque indifférente ; car, pourvu qu'il règne une certaine tempéra-
BOUTURES. 265 ture et que l'humidité soit modérée, les rameaux appliqués sur le sol tendent à développer leurs racines ; cependant, lorsque l’époque de la fleuraison ou de la fructification est peu favorable, la sève se porte avec abondance vers les organes floraux; les feuilles ne peuvent élaborer que la sève qui leur est nécessaire. Mais aussitôt que cette époque est passée, les parties vertes de la plante élaborent et accumulent des substances nutritives dans les rameaux nouveaux : c’est donc le moment qu'il faut choisir de préférence. Ainsi, on marcotte les Œillets après leur fleuraison. Si le marcottage se fait en bache ou en serre, il est bien plus facile d'obtenir les circonstances convenables au développement des racines surnuméraires. Il faut donc, pour assurer cette réussite, avoir des couches, ou baches à marcottes, ou boutures, dont on puisse modifier l'humidité et la chaleur à volonté.
Du temps d’'OLIVIER DE SERRE, on marcottait des Müriers, et si nous en tenions de très-courts et taillés convenablement, nous obüendrions facilement des marcottes ou couchages ; en tenant des individus très-courts, nous en ferions bientôt des tétards souterrains, comme nous le faisons pour les Cognassiers. C'est un moyen de culture qui serait parfaitement praticable; nous n'aurions qu’à entourer chaque mère-plante d'un monceau de terre.
Boutures.
Quoique le bouturage semble , au premier abord, moins sûr que le marcottage, il a cependant rendu de très-grands services, à l'horticulture surtout. On devait craindre qu'un rameau détaché d'une plante ne put entretenir son existence par son propre sue et par la petite quantité d'humidité qui pénètre par son entaille inférieure. Quelques branches d'arbres enfoncées vivantes dans le sol, comme tuteur ou comme clôture et qui se seront enracinées, auront probablement donné l'idée de ce mode de multiplication. On choisit, pour faire cette opération, le moment où la végétation