‹ Description culture et taille des muriersChapitre 79 sur 85 · BOUTURES · texte numérisé non relu

BOUTURES

va prendre son activité printanière, celui où l'arbuste, ou bien fa plante demi-ligneuse, a ses bourgeons assez bien formés et où se trouvent des dépôts nombreux de matières nutritives. C’est donc plus généralement au printemps que se font les boutures en plein air ; cependant, celles d'arbres se placent souvent aussi en terre en automne.

On prend de jeunes rameaux vigoureux de l’année précédente (pour les plantes ligneuses) ; on enlève les feuilles si la plante en porte à cette époque, mais en les coupant à leur base, afin de ne pas déchirer l’écorce. On les enfonce dans de la bonne terre, et on les abrite convenablement des rayons solaires. Il n’est pas indifférent de mettre en terre le sommet ou la base de la branche : souvent l'extrémité supérieure n’est pas assez solidement constituée pour supporter quelque temps une certaine privation de nourriture. Il faut donc prendre 12 à 15 centimètres de la base de la branche, l’enfoncer à moitié ou aux deux tiers (au moyen d’un plantoir), tasser légèrement la terre qui aura été bien préparée d'avance, en laissant de 20 à 30 centimètres de distance dans tous les sens. Si la branche est assez longue et assez ligneuse, on peui encore utiliser sa partie supérieure ; mais on fera mieux de ne mettre ensemble que les portions dont on sera sûr de la reprise, et placer ensuite le reste à part, plus rapprochées , car elles réussiront probablement moins bien.

Quelques personnes , peu exercées en culture, enfoncent de longues branches, de Mûrier par exemple, dans le sol, ou les placent dans un profond sillon qu’on comble à la charrue : la partie inférieure , celle qui réussirait dans d’autres cas, plantée moins profondément , ne peut jouir souvent ni de l'humidité, ni de l'air, ni de la chaleur, et ne développe pas de racines ; tandis que la partie tendre, faible, ne peut résister à l’action de l’air, du soleil ou de la gelée. Cette trop grande profondeur ne permet pas au bourrelet de l’entaille de se former, et après un travail mal entendu, on est tout surpris de n'avoir aucun résultat satisfaisant. Pour en donner la preuve, je citerai le moyen qu'avait employé AUDIBERT, de regret-

BOUTURES. 267 {able mémoire, pour propager abondamment le Warier multicaule au moment de son introduction. Il fit couper les rameaux à chaque entre-nœud, c’est-à-dire au-dessous et au-dessus des bourgeons, et les fit jeter dans un sillon peu profond, comme on sèmerait des graines , et les recouvrit de terre légère. Chaque fragment poussa, du renflement qui porte le bourgeon, des racines, et le bourgeon lui-même se développa en tige. Si l’on était dans la nécessité d'appliquer cette modification du bouturage, il faudrait jeter dans le petit sillon un peu de charbon de bois en poudre, disséminer les bourgeons, les recouvrir de terre et avoir soin d'entretenir une humidité convenable.

Pour quelques variétés du Mürier blanc, la bouture réussit , surtout si à la base d’un rameau de l’année on laisse une petite portion de celui de l’année précédente ( ce que les jardiniers nomment un £alon). Les rameaux de l’année sont souvent trop tendres pour développer des racines surnuméraires (adventives). Les variétés Moretti et Lhou réussissent parfaitement ; celles à branches petites, faibles, à feuilles minces viennent très-mal.

En choisissant, après la chute des feuilles, des branches vigoureuses (munies, s’il se peut, d’un £alon) ; en les mettant verticalement en terre, en automne, de 20 à 30 centimètres les unes des autres, dans un sol bien préparé, et en les couvrant de feuilles ou de paille hachée, pour l'hiver, en les découvrant au printemps, en les sarclant et binant au besoin; ensuite, en cas d’extrème sécheresse, en les arrosant ; on-peut avoir déjà, l'automne suivant, un plant assez fort pour être mis en pépinière.

On peut aussi faire des boutures au printemps, mais ordinairement elles développent moins facilement leurs racines ; celles faites en automne, au contraire, présentent presque toujours, au printemps suivant, ou un bourrelet bien formé, ou même des racines dejà développées. C’est d'ailleurs ce que l’on observe souvent dans les jeunes branches mises en terre en automne pour faire des greffes au printemps. |

Un certain nombre de plantes ne nécessitent pas les mêmes

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