‹ Description culture et taille des muriersChapitre 80 sur 85 · BOUTURES · texte numérisé non relu

BOUTURES

précaulions pour le bouturage: les Pommes de terre, le Fopinainbour, quelques Oxalis ne sont pas difficiles à bouturer. Il suflit, pour ces plantes à portion de tige charnue, de mettre le tubercule entier en terre, ou bien de laisser un peu de chair autow de chaque bourgeon (œil des jardiniers) pour qu'il apparaisse bientôt des racines, et que le bourgeon se montre au-dessus du sol.

On peut aussi bouturer des feuilles d’Oranger, des écailles de bourgeon souterrain et vivace de Lys, des feuilles de quelques Figuiers, d'Aucuba, Hoya et Ornithogale thyrsoide.

On peut mème parfois obtenir aussi des boutures faites avec Les racines, comme celles de Maclura, du Vernis du Japon, Ormes, Robinier Fauxacacia. Ces racines sont coupées en fragments de quelques centimètres de long sur 6-10 millimètres de diamètre, placées debout dans la terre, de manière que la partie la plus large dépasse à peine le sol. Après quelques mois de séjour en terre, on voit apparaître de l’entaille supérieure des tubercules qui s'organisent en rameaux.

Dans les cas où le bouturage en plein air ne réussirait pas, et qu'on cherchàt à vaincre la difficulté, on peut, au moyen de serresà-boutures, se rendre maître de la température , de l'atmosphère non renouvelée et parfois de la lumière; et pour cela, outre les couches chaudes, on place les plantes dans de très-petits pots que l'on recouvre de cloches; elles sont soulevées, au besoin , pour les essuyer au dedans et renouveler l'air. Tous ces très-petits pots (ou godets) sont très-rapprochés les uns des autres, sur une couche de fumier, ou au moyen d'un calorifère, dans de la tannée ou de la sciure, de la mousse ou du sable, de la poudre de coak, et recouverts par une seule cloche pour plusieurs, ou d’une petite pour chacun.

M. CH.-FORTUNÉ WILLERMOZ a fait des expériences pour faciliter le développement des racines dans ces bouturages délicats : il a trouvé que l'addition de charbon finement pulvérisé, placé au fond des pots, hâte beaucoup la réussite. La même terre, seule ou avec addition de diverses proportions de charbon, a été employée, tout

étant d'ailleurs semblable. Le résultat obtenu a été que Les boutures, dans les godets desquelles était la plus grande quantité de charbon,

ont développé plus tôt leurs racines.

On n’est pas dans l'habitude de faire des boutures herbacées de

Müriers ; mais il est probable qu’en les mettant sous verres (ou étouffées), on parviendrait à réussir, comme nous le faisons actuellement pour tant d'autres plantes dont le bouturage semblait autrefois impraticable. Ce moyen ne serait peut-être pas applicable en grand, mais au moins pour obtenir un Mürier qu'on ne pourrait avoir que pendant son active végétation.

Greffes.

Malgré que je conseille plutôt la multiplication du Mürier au moyen des graines de Märier greffé, où bien célui obtenu de marcotte où de bouture; voici les moyens employés pour cette propagation :

On nomme greffe le transport sur un individu d’une jeune partie de rameau d’un an (ordinairement) et d’un ou plusieurs bourgeons munis d’un fragment d’écorce, dont les tissus frais sont mis en contact et s'unissent, en sorte que l’un deux, qu’on nomme greffe, puisse recevoir la sève de l’autre qui est enraciné , et que tous deux puissent exister d’une vie commune.

L'espèce de greffe primitive, qui s'éloigne un peu de celle qu'on pratique actuellement sur le Mürier, est sûrement celle qui a donné lieu aux autres modifications dont nous nous entretiendrons bientôt. Mais avant d'expliquer les procédés opératoires, nous devons entrer dans quelques généralités physiologiques indispensables.

Les anciens ont regardé la greffe comme l’un des faits les plus remarquables. En effet, un bourgeon se développe sur un arbre qui n’a avec le sujet que quelques rapports, qui porte ses feuilles et ses graines; son bois grandit en longueur et en diamètre, tout en conservant sa nature. Au-dessous du point où l'union a eu lieu, le

sujet vit à sa manière ; son bois, son écorce restent ce qu'ils étaient avant l'opération ; s’il pousse des branches au-dessous de cette greffe, ce sont les mêmes que celles du sujet. Il paraïtrait que chaque utricule élabore le suc qui lui revient des feuilles. Les utricules du Prunier en font du ligneux du Prumier, celles de l’'Amandier en font du bois coloré de l'Amandier. Si le suc descendant n’a qu’une ressemblance éloignée avec les besoins du sujet, celui-ci prospère peu quoique la soudure ait eu lieu ; d’autres fois, le sujet prend plus d’accroissement en volume que la greffe. Si la texture des aubiers est nulle, la soudure primitive ne s'opère pas, les utricules en contact ne peuvent absorber la sève et l'opération manque. Dans la greffe du Gui (Viscum album), 1 paraîtrait qu'il n’y a d’analogie qu'avec les aubiers et non avec l'écorce, d’où il résulterait que le Gui peut bien se souder avec le bois et espérer la sève, mais que le suc descendant formé par le Gui ne sert pas à nourrir l'arbre ; de là résulterait l’amaigrissement du sujet, et surtout celui des branches qui en sont chargées, et peut-être la possibilité qu'offre ce parasite de vivre sur les arbres de toutes les familles, probabilité attribuée à l'identité de la sève ascendante de la plupart des arbres.

D'abord, on avait cru pouvoir greffer un grand nombre de végétaux les uns sur les autres, et, par suite de cette idée, on trouve des citations de greffes miraculeuses ; on donne des exemples de Rosiers greffés sur le Houx (Ilex aquifolium), ce qui devait donner des Roses vertes ; le Jasmin sur l'Oranger, la Vigne sur le Noyer, et d’autres absurdités de ce genre, qui n’ont jamais été que des supercheries. J'ai vu, à Nice, un Oranger dont le tronc était percé de la base de ses racines jusqu'à l’'embranchement de sa tige, et dans le cylindre duquel on avait engagé un jeune jet d'Olivier et un autre de Jasmin. Ce prétendu Oranger greffé ne dourrissait pas les deux autres arbustes, chacun avait ses racines, et le Jasmin et l’Olivier seront morts quand ils auront été trop gènés dans leur développement en volume, lorsqu'ils auront été trop serrés par le tronc non élastique de l'Oranger. On à fait aussi passer une Vigne dans un Noyer dont le centre du tronc était décomposé.

GREFFES. 274 il faut, pour qu'une greffe puisse réussir, qu'il existe certains rapports dans l’organisation des plantes que l'on veut unir étroitement. On greffe souvent des espèces d'un même genre, el quelquefois de genres différents, d'une même famille cependant. Il faut qu'il y ait une certaine analogie dans la manière de vivre ; Que l’époque de leur végétation soit à peu près égale, ou, comme le disent les jardiniers, que les plantes soient en sève en même (eMps ; Que les sucs aient de l’analogie dans leurs composants. (Des arbres résineux ne peuvent se greffer sur ceux à sève aqueuse); d’autres à suc laiteux ne peuvent se greffer sur ceux à suc aqueux;

Que les arbres soient à feuilles caduques, ou qu’elles soient toutes deux persistantes ;

Qu'’elles offrent de certaines proportions dans leur volume ; ainsi on ne peut greffer avantageusement le Lilas sur le Fréne. Le tronc du Marronnier placé sur Pavie, devient sensiblement plus gros au-dessus de la greffe. L’inverse a lieu pour les Pavies qu’on greffe sur l’Hippocastane Marronnier-d'Inde. 11 en est de mème du Frêne qu'on veut greffer sur le Zilas, dont la greffe se cicatrise difficilement. L'Érable jaspé est toujours moins gros que le sujet ( Érable sycomore ).

Le Pommier Paradis est beaucoup moins utilisé actuellement qu'il ne l'était 1l y a quelques années pour greffer les Pommiers nains. Le premier, nourrissant faiblement les Reinettes et les Calvils , devenait moins grand et exigeait une taille moins courte et moins fréquente.

Le Pommier Doucin, à peu près de même vigueur que les autres , est pris actuellement pour greffer des Mi-nains. Ils réussissent très-bien dans les terrains peu riches. Les Pommiers à grand vent sont actuellement greffés sur franc. On greffe aussi sur Aubépine, qui ne produit presque jamais des arbres vigoureux.

Dans tous les cas cités ci-dessus, les objets greffés ont une Organisation aussi similaire qu'il se peut. Ils appartiennent

aux mêmes familles (Aecéraeées, Jasminaeées ct Pomas= cées).

Jusqu'à ces derniers temps, on a dit que les variétés n'étaient pas modifiées pour la greffe. On a regardé cela comme une vérité tant qu'on n’a greffé que des arbres forestiers. Le port est parfois changé par la greffe. Le Cerisier du Canada où Ragouminier, qui est rampant dans l'état naturel, devient un arbre droit quand il est greffé sur notre Prunier. La Bigonie de Virginie (Bignonia radicans), greffée sur Catalpa, y forme une tête arrondie, à rameaux pendants. Les Grenadiles (Granadilla, TourNEr.) greffées, fleurissent plus jeunes et plus abondamment que si elles ne l'étaient pas. Les arbres fruitiers ont présenté d'assez grandes différences de qualités. On sait que la Prune Reine-Claude varie de goût suivant la variété de Prunier sur laquelle elle a été greffée.

L'époque de l'apparition active de la sève et sa durée dans quelques arbustes est aussi d’une grande importance. Autrefois on greffait sur Rosier sauvageon la plupart de nos Rosiers qui fleurissent souvent deux fois par année; actuellement on préfère greffer sur Rosier du Bengale ordinaire, ou sur une grande variété nommée Grand Rosier de l'Inde ( Rosa indica major ). Ces deux variétés sont presque toujours en sève, et peuvent plus utilement et plus luxurieusement servir pour obtenir une fleuraison longtemps prolongée et beaucoup plus belle. Mais elles offrent pour les pays du Nord un inconvénient grave, c’est de geler (par le sujet) dans les hivers très-froids. Le Rosier sauvage (1) n'est pas également en sève, surtout l’été dans le Midi, et les Rosiers dits remontants sont souvent pauvres de fleuraison pendant les grandes chaleurs. D'ailleurs, ceux qui tiennent au Rosier de l'Inde (Rosa indica), Rosier du Bengale, äcivent greffer très-bas, afin de

{) Ce mot devrait être appliqué seulement au Rosier des Chiens (Rosa Canina), mais on récolte souvent sous ce nom d’autres espèces botaniques ou des variétés bien différentes; d’ailleurs le vrai Æglantier (Rosa églenteria des hotanistes) est une

espèce très-distincte,; et qui n'est pas employés comme sujet.

GREFFES. 273 pouvoir, au besoin, enterrer ou couvrir la greffe dans les hivers très-rigoureux. [ls la déchaussent ensuite s’il est nécessaire. C’est le moyen qu'emploie l’un de nos rosiéristes intelligents et heureux dans ses nombreux semis.

Pour obvier à ce double inconvénient du Rosier des Chiens, quelques rosiéristes emploient actuellement pour sujet le Rosier de tous les mois (Rosa bifera ou calendarum), qui est beaucoup plus longtemps en sève que les autres espèces, et fleurit ordinairement deux fois l’année.

L'homme a retiré d'énormes avantages de la greffe. C’est elle qui lui donné la facilité et, par elle, le seul moyen possible d'augmenter le nombre des plantes de chaque espèce ou de chaque variété utile, et de conserver ainsi toutes les modifications obtenues accidentellement. Des espèces, faibles dans un climat, deviennent parfois robustes lorsqu'elles sont placées sur des individus vigoureux, et produisent plus de fleurs et de fruits. C’est ainsi qué nos vignes délicatés produisent dés fruits plus beaux quand on les greffe sur des vignes plus robustes. ë

Les diverses particularités, qui caractérisent souvent des variétés ou des variations, ne peuvent se conserver que par la greffe, (Rosiers à feuilles pañnachées). Au moyen de ‘cette opération, on peut obtenir beaucoup plus tôt des fruits de jeunes plantes élevées de graines ; on évité ainsi de cultiver pendant plusieurs années des arbres dont les fruits ne présenteraient que peu d'intérêt.

La greffe à aussi offert des applications à la théorie des classifications : par ellé, on à vu que l'Hortensia appartenait aux Hydrangées plutôt qu'aux Viornes.

Quelques personnes ont conseillé de greffer sur sauvageon, encore dans la planche du semis: mais il y à bien plus d'avantage à ne greffer qu'en pépinière, ou lorsque le plant ést à demeure. Par la transplantation préalable , on peut Supprimer la racine pivotante du Mürier, lorsqu'il est jeuné; ce que l’on peut faire aussi impunément lorsqu'il a déjà une certaine force. Par ce moyen , on provoque au développement des racines latérales , qui, étant peu

14 GREEFES.

profondément sous terre, profitent mieux de l'humidité üède üe la surface du sol et de son aération.

Si on veut les mettre en pépinière, il faut choisir à la fin de la première année, ou dans la seconde, les jeunes Müûriers qui ont le volume d’une plume d’oie. A cette époque, les racines latérales se développent parfaitement lorsqu'on à supprimé la racine pivotante primitive.

On applique la greffe dans deux parties de l'arbre, ou presque au niveau du sol : on la nomme greffe au pied ; l'autre, appliquée plus où moins haut sur l'arbre, est celle dite en téte. Dans le Midi et à Lyon, on greffe presque toujours peu au-dessus du sol, ailleurs de 60 à 80 centimètres au-dessus du sol pour les mivents, ou à 4 mètre 60 à 4,80 au-dessus. C’est à l’une de ces dernières hauteurs que l’on greffe toujours dans les Cevennes. Par la grelfe au pied, on a des troncs plus beaux, plus lisses, parfois d'un seul jet de l’année, et alors, comme ils ne peuvent porter que les cicatrices des premiers bourgeons et des feuilles à l’aisselle desquelles ils étaient, on à un tronc beaucoup plus uni que lorsqu'on en laisse un qui à produit deux ou trois évolutions de rameaux, qu'on est obligé de couper sur l'écorce, et qui laissent un grand nombre de petites saillies (bosses) qui déparent l'arbre.

La greffe en sifflet n’est presque plus usitée que dans les Cevennes; celle en fente, quelquefois sur des arbres à petites feuilles et auxquels on veut en faire produire de grandes.

Parfois la greffe axillaire est pratiquée sur le Mürier ; elle consiste à enlever en septembre un bourgeon accompagné de sa feuille et une portion de bois et d’écorce taillés en cure-dent, et placés dans une fente un peu oblique, pratiquée à un bourgeon du sujet; puis on la fixe par un léger lien.

En général, les Müriers greffés près de terre sont bien préférables ; ils ont un tronc plus droit, plus lisse. Si un accident quelconque le rompt plus où moins haut, il développe toujours des feuilles semblables à celles qu'on a voulu avoir; tandis que si la sreffe est placée en tête, l'arbre fracturé au-dessous d'elle ne

GREFFES. 275 produit plus que des rameaux de celui qu'on ne voulait pas avoir.

Si, d'un autre côté, la greffe en tête ne réussit qu'en partie, on a toujours un arbre difforme sur lequel on établit difficilement un embranchement régulier, ce qui occasionne du retard et dépare l'ensemble de la plantation.

La greffe au-dessus du sol est toujours celle qu'il faut préférer en pépinière; celle en tête peut être employée lorsqu'on veut faire produire à un grand arbre des feuilles que l’on croit préférable.

MM. BoyER et DE LABAUME conseillent de mettre en réserve, dès le mois de mars, les rameaux qui doivent servir à la greffe en écusson, de les placer dans du sable, en laissant sortir leur extrémité de 42 à 45 cent. seulement. Ils n’avancent pas autant que les sujets enracinés ; mais les bourgeons sont assez gonflés pour servir d’écussons pendant que les autres monirent déjà leurs feuilles. On se conforme ainsi, disent ces agronomes , au précepte d'OLIVIER DE SERRE : « Pour faire de bonnes entures (greffes), ditl, il est » nécessaire d'avoir deux choses contraires à la fois; savoir : le » sauvageon avancé et la greffe reculée (retardée); ce qui arrive au » premier par la patience de les laisser commencer à bourgeonner » par l’ordre de la nature, êt à l’autre par l’artifice susdit. »

Si c'est au pied, on place un seul écusson (deux si l’on craint que l'autre manque); on le fixe du côté du nord, afin que la pousse soit moins tourmentée par les vents violents du sud. Cette position offre aussi l'avantage d’être moins exposée à la lumière, et conséquemment aussi à la chaleur. Si l’on greffe en tête, on doit en placer plusieurs. On a soin de surveiller l'arbre, d'enlever les jeunes rameaux du sujet, afin de faire porter la sève sur les parties greffées. Cette greffe précoce a l'avantage de se trouver déjà forte à la fin de l'automne, et de ne pouvoir être endommagée par les froids, soit du printemps, soit par ceux de l'hiver suivant.

L'époque de la greffe conseillée par les deux agronomes de Nimes offre, en outre, le grand avantage de mettre en contact deux parties qui ne sont pas à un point de végétation parfaitement égal.

LA

Le bourgeon placé, qui est plus retardé en sève que le sujet, reçoit avec avantage le contact de celui-ci dont l’activité vitale est un peu plus grande, et la soudure s'opère plus facilement.

On greffe encore en écusson dans la dernière quinzaine de juin, ou au commencement de juillet; mais elle est moins avantageuse : les jeunes rameaux n ‘ayant pas le temps de devenir assez ligneux pour résister à l'hiver rigoureux qui peut suivre.

Enfin, vers la fin d'août ou dans le commencement de septembre, on greffe à bourgeon non poussant de suite (œil dormant) les Müriers dont la greffe n’a pas réussi, ou qu'on n’a pu greffer au moment de la première apparition des feuilles. Cette greffe, dont le bourgeon reste à l’état latent pendant l'hiver, est regardée comme préférable aux autres époques ; cependant, celle à bourgeon (d’abord retardé, puis assez rapidement développé) placée sur un sujet commençant à se feuiller, me semble bien préférable : la cicatrisation des parties en contact s’opérant bien plus facilement que celle dans laquelle tous les bourgeons sont du même âge.

Dans tous ies cas, le moment d'opérer est subordonné à l’état de la sève dans l'arbre. Il faut qu'elle ne soit ni trop abondante, n1 rare. En général, l'époque me paraît mieux appréciée par MM. BOYER et DE LABAUME ; les sèves du sujet et de la greffe me semblent devoir être plus facilement utilisées pour la réussite.

Dans le courant de la première année de la végétation du sujet greffé, on ne doit pas l’abandonner à lui-même. Aussitôt qu’on voit que la soudure de la greffe est assez solide, il faut en ôter les liens, supprimer, un peu plus tard, tous les rameaux verts ou autres que porte l'arbre, en laissant toutefois un fragment de 40 à 45 centimètres, qui servira à fixer la nouvelle poussée, mais que l'on détruira plus tard à peu de distance du rameau greffé. MM. BOYER et DE LABAUME conseillent même d'enlever avec l’ongle les bourgeons qui naissent à l’aisselle des feuilles (de la greffe) lorsque le rameau a déjà acquis une certaine force, et cela afin que le seul rameau vert qui existe s'allonge avec plus de vigueur. Effectivement, on doit tout employer pour faciliter un beau et vigoureux

GREFFES. 217 jet qui doit former le tronc de l'arbre mivent, ou arbre, suivant que ce développement de première année de grelle le permet.

Pendant toute l’année, les soins doivent se porter à détruire les rameaux et les feuilles inutiles qui se développeraient, ce qui se fait facilement en passant la main de haut en bas sur le tronc. On peut d’ailleurs, s’il est dans la convenance des éducateurs, utiliser les jeunes rameaux qui tombent, soit pour nourrir les vers-à-soie, soit pour le bétail.

Il faut avoir soin de fixer le rameau de la branche sur la portion du sujet conservée et à opérer des labours profonds si l'année est sèche (mais dans un moment opportun), afin de laisser pénétrer l'eau; au contraire, ne faire que sarcler, biner et soulever la terre, si l'année est très-humide.

L'une des applications trop peu usitées de la greffe est celle proposée par PERROTTI et qui est beaucoup trop négligée des horticulteurs, c’est de transformer des plantes dioïques (un individu à étamine et un autre à carpels) en monoïque (les deux réunis, mais sur des branches différentes). Le Ginkgo bilobé à été greflé l'un sur l’autre par JAcouIN. Les deux individus du Pistachier pourraient aussi être réunis sur le même pied.

Mais entrons dans plus de développements sur ce point important.

Les sreffes peuvent se diviser en deux sections, l’une

PAR RAMEAU PAR ÉCORCE En approche. En écusson.

En fente. En flûte.

En couronne. Re

, Axillaire.

De côté.

À la Pontoise. En placage.

Herbacée. Luizet.

En cheville.

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