Genre Dentale 5 Dentalium
Caractères génériques. Coquille régulière, conique, alongée, symétrique « plus ou moins courbée, ouverte aux deux extrémités ; concavité ventrale, convexité dorsale^ ouverture antérieure la plu» grande, simple, le plus souvent oblique; la postérieure petite, quelquefois simple, quelquefois continuée par une fente presque toujours médiane et dorsale.
Dans un travail spécialement consacré au genre Dentale, nous en avons présenté l'histoire et décrit les espèces que nous connaissions. Il était nécessaire, pour qu'il n'existât plus de controverse sur ce genre, de connaître l'animal. En donnant sur lui des détails, nous fîmes cesser l'incertitude qui régnait dans les méthodes, et l'on fut généralement convaincu qu'il devait à l'avenir se ranger parmi les mollusques , où son organisation le destinait à former une famille à part.
Notre but, dans la monographie des Dentales, li'était pas d'en traiter sous le rapport de la géologie j ce genre, d'ailleurs, presque uniquement répandu dans les terrains tertiaires, ne pouvait offrir que peu d'intérêt comparativement à beaucoup d'autres qui
se retrouvent dans un grand nombre de iformatlons ; car, à rexceplion d'une espèce qui paraît dépendre des terrains oolitiques et de quelques autres qui se trouveat dans la craie, toutes les autres appartiennent aux terrains tertiaires. La distribution des espèces dans ces terrains suit à peu près les mêmes ' lois que pour d'autres genres, c'est-à-dire qu'on trouve d'autant moins d'analogues avec les espèces actuellement vivantes qu'elles dépendent de terrains plus anciens ; cependant gn remarque plusieurs exceptions pour le bassin de Paris, qui présente dans le genre qui nous occupe un assez grand nombre d'analogues, soit avec des espèces vivantes, soit avec des espèces fossiles de diverses localités. Nous citerons le Dentalium pseudo-entalis ^ Lamk. , fossile à Grignon, dans les faluns de la Touraine et aux environs de Bordeaux; le Dentalium entalis^ trèsabondant dans toutes les mers de l'Europe tempérée et daQs la Méditerranée , et que l'on trouve fossile en Sicile, en Italie, dans le Piémont, à Dax, à Bordeaux, dans les faluns de la Touraine, aux environs de Valognes et à Grignon. Le Dentalium incertum , fossile aux environs de Paris et de Bordeaux. •
Deux espèces sont surtout remarquables par cela qu'elles sont connues vivantes dans les mers de l'Inde et fossiles aux environs de Paris seulement , ce sont les Dentalium eburneum et fissura. Le coarctatum est répandu aussi bien en Italie qu'aux environs de Bordeaux, de Dax et de Paris; enfin, le Dentalium sirangulatuw ^ rapporté vivant des mers australes par Pérou, se trouvé fossile en Italie, à Dax, à Bor-
( '^7 ) deaux, dans le bassin de Londres et en très-grande abondance dans celui de Pari$.
Parmi les espèces dépendantes d'autres localités ^ nous signalerons les suivantes , qui offrent des analogies remarquables : le Dentalium elephanlinum y qui vit dans la Méditerranée et les mers de llnde, et dont une variété est fossile à Baden , près Vienne en Allemagne^ le Dentalium denialis^ vivant dans la Méditerranée, et qui se retrouve fossile dans le Maryland en Amérique, et dans toute l'Italie et la Sicile; enfin, le Dentalium novemcostatum ^ aussi abondant dans la Manche que fossile dans les faluns de la Touraine,
Lorsque dans le commencement de cet ouvrage nous avons émis nos idées sur ce que nouis entendions par espèces caractéristiques des terrains, nous avons cité la Lucina di^aricata comme caractéristique de l'universalité des terrains tertiaires, puisqu'elle a été trouvée dans tous les grands dépôts de ce terrain; il en est de même du Dentalium entalis et du Dentalium sirangulaium^ et nous verrons dans d'autres genres qu'il existe d'autres espèces qui pourront se joindre à celles-ci.
PL. 5, fig. 5 et 6.